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Edito de juillet - Blocage, quand tu nous tiens
samedi 29 juin 2024 • EditorialMimisao

En tant qu’être humain, il y a toujours un moment dans notre histoire où on finit par se poser des questions existentielles… Et parmi elle, la question de la légitimité à faire quelque chose, que ce soit exercer un métier ou pratiquer une passion. 

 

Et comme tout écrivain est avant tout un être humain, on échappe rarement à ces phénomènes. 

 

Le syndrome de l’imposteur. 

Le stigmate de la comparaison. 

Suis-je en droit de créer ce que je suis en train de créer? 

En quoi cela va-t-il changer quelque chose? 

Est-ce vraiment si original que cela mérite d’être lu, su, connu ? 

Il y a forcément quelqu’un qui fait cette chose mieux que moi, non? 

 

C’est quelque chose que j’ai vécu au point de mettre de côté ce qui aujourd’hui me semble indispensable à mon bien-être, mais que je vois aussi dans mon entourage proche, auprès d’amies qui se lancent dans l’écriture. 

 

Dans un monde où la compétition fait toujours plus rage, où on ne nous apprends pas à voir nos propres forces pour appuyer sur ce qu’il nous manque, le sentiment de liberté qu’apporte la création est précieux.

Mais il n’échappe pas aux doutes, aux remises en questions. 

 

Depuis toute petite, j’ai laissé mon imagination vagabonder, et j’ai fini par mettre des choses sur le papier pour garder une trace, parce que ça semblait naturel. J’ai toujours aimé écrire, c’était mon exercice favori peu importe le thème. 

Est venu le jour où j’ai commencé à publier mes premières fanfictions, et c’est sûrement là qu’a vraiment débuté cette lutte contre moi-même.

 

Parce que c’est au final un acte profondément intime d’exposer une part de soi aux yeux de tous. 

 

Lire et écrire permet de nourrir l’imaginaire, mais nourrit aussi les petites voix critiques qui vivent parfois en nous, consciemment ou non. 

Dans mon cas, elles ont bien souvent un mégaphone, et couvrent tout ce que je peux retenir de positif dans l’expérience d’écrire ou de lire: améliorer mon style, découvrir d’autres techniques pour développer mes descriptions ou mes personnages, ou juste donner l’envie de tenter un autre univers, de sortir de ma zone de confort.

 

Quand j’ai trouvé l’Allée il y a deux ans, je venais juste de recommencer à écrire depuis quelques mois, après près de douze ans sans me mettre derrière un clavier et publier. Il y a eu des micros parenthèses où mon imagination n’a pas pu s’empêcher de s’activer pour écrire quelques fanfics, mais je ne les ai jamais menées à bout. 

 

Écrire était devenu trop coûteux, parce que je me noyais déjà dans mes petites voix au quotidien, et que je ne sais pas faire autrement que de mettre beaucoup de moi dans ce que j’écris. Guetter les retours, les critiques, les likes lorsque je publiais siphonnait toute la joie ou le soulagement que j’éprouvais en écrivant. 

J’avais beau savoir que ce n’était pas la bonne chose à faire, que ce n’était pas pour cela que je publiais, je n’arrivais pas à m’en empêcher. 

J’avais besoin que quelqu’un me valide, quelque part derrière son écran, parce que je n’arrivais pas à me valider moi-même. 

 

Soyons honnêtes, c’est quand même bien plaisant de se savoir lu.
De savoir que le roman, la nouvelle, la fanfic, le poème dans lequel on met tant de cœur est apprécié, a touché quelqu’un. 

Mais parfois, on franchit le Rubicon et on se retrouve à rechercher cette sensation, à en avoir besoin pour créer. 

 

Aujourd’hui, je ne peux pas dire que je suis totalement libérée de ce sentiment, parce que c’est quelque chose qui touche tous les aspects de ma vie, et pas seulement l’écriture. 

Sortir de ça implique un long voyage que j’entreprends depuis plusieurs années déjà, et qui durera peut-être toute ma vie.

 

Mais je suis malgré tout fière de ne plus être bloquée par ça, et c’est en partie grâce à l’Allée. 

Le fait de partager dans un environnement bienveillant a beaucoup aidé à ce que je cultive une autre approche, celle du “osef!”

Tu veux écrire? Écris.

Tu bloques? Pas grave, pose-toi, et essaie autre chose. Ça reviendra !

Tu veux être publié.e? Ben publie !

Tu veux pas? Ben le fais pas. 

Tu as peur de te lancer dans un univers dans lequel tu n’es à l’aise? Essaie, ça coûte rien et tu pourrais te surprendre ! 

 

Si jamais vous passez par ces phases, le meilleur conseil que je peux vous donner est de vous raccrocher à vos idées. Même si vous ne vous sentez pas d’écrire, cultivez vos univers, vos personnages dans votre tête ou sous forme de notes. 

Parce que rien n’empêche l’imagination de courir.

N’ayez pas peur d’avoir plusieurs projets aussi, cela peut aider à poser l’envie ou l’inspiration d’avoir plusieurs univers à votre disposition.

 

J’ai encore des moments de doutes et de comparaisons, des moments de blocage et de fatigue émotionnelle et scripturale.
Mais je SAIS que j’y reviendrais, quoiqu’il arrive. 

J’ai de nouveau des tonnes d’envie, des tonnes d’idées, et je me laisse beaucoup moins entravée par la peur de faire un flop, de décevoir, de ne pas répondre à des attentes, de ne pas écrire assez bien. Il y aura toujours quelqu’un de mieux que moi, avec de meilleures idées, de meilleurs univers, de meilleurs personnages, ou une plume plus fluide et développée. 

 

Ma plume est une édition limitée, tout comme celle de chacun d’entre nous: pas de question à se poser sur une quelconque légitimité, puisqu’on a tous quelque chose à offrir à cet univers infini qu’est l’imaginaire!



Vos réactions
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Grimm 
Commentaire posté samedi 13 juillet 2024 à 19h33

La comparaison aux autres est... terrible ? J'avoue que cet aspect du web me donne envie de fuir : je ne supporte plus cette course aux "vues", aux "like", etc. On se croirait dans une fête forraine. C'est très facile d'y prendre goût et quand on se rend compte que c'est ephémère, ça fait mal. Cette culture wattpad, encouragé par les dérives des uns et des autres m'ont souvent pertubé. Heureusement que j'ai eu de crois m'accrocher : j'avoue que d'être ici m'aide à relativier... On s'en FOUT !

Voilà. Fuck les stats ! Fuck wattpad et les bienpensants à ce sujet ! 

Nascana
Commentaire posté vendredi 5 juillet 2024 à 00h47

Je pense que le doute nous habite tous, il faut juste ne pas le laisser prendre le dessus.

Feydra
Commentaire posté mardi 2 juillet 2024 à 14h04

Merci pour cet édito qui parle à beaucoup de monde. Ta dernière phrase résonne en moi avec force !  Nous avons un super pouvoir extraordinaire : nous créons des mondes, des univers entiers à la seule force de notre plume : à ne pas oublier ! 😀

Codan 
Commentaire posté mardi 2 juillet 2024 à 08h05

"Ma plume est une édition limitée" ça j'adore !

Je pense que je ne suis pas la seule à me retrouver dans ce que tu dis... Merci pour cet édito plein de vérité et de bonnes ondes !

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