Bienvenue ! S'inscrire Se connecter
Accueil Les Actualités L'Agenda
Les Trois Rues Parchemins Forums
L'Actualité
Découvrez toute l'actualié de l'Allée des Conteurs, mais également des entrevues, des articles de fond et bien plus encore !
Trier par catégories
Les derniers commentaires
La Plume à Papote
Codan • 12 novembre 2022 à 15h59
La Plume à Papote
Codan • 12 novembre 2022 à 09h53
Pourquoi écrit-on ?
Mimisao • 6 novembre 2022 à 00h27
Pourquoi écrit-on ?
Mimisao • 6 novembre 2022 à 00h27
Pourquoi écrit-on ?
Yuedra • 4 novembre 2022 à 12h59
Pourquoi écrit-on ?
Jérôme M. Keller • 2 novembre 2022 à 09h29
Pourquoi écrit-on ?
R0se • 2 novembre 2022 à 08h42
Pourquoi écrit-on ?
Codan • 2 novembre 2022 à 08h28
Mythes et légendes et de la légitimité de leurs revisites
lundi 3 octobre 2022 • EditorialPloum

Comme je n’avais aucun sujet particulier en tête en acceptant cet édito, s’est imposée LA question : parler de quoi ? Au début, j’ai pensé à un sujet en lien avec ce mois-ci mais, honnêtement, octobre ne m’évoque pas grand-chose, en particulier en termes d’écriture. L’automne est là, nous sommes dans une saison de transition où les températures baissent, les nuits se rallongent, les feuilles se colorent puis tombent, l’envie de cocooning se fait de plus en plus présente, et Halloween nous attend au bout du tournant à la fin du mois. Comme je ne suis pas une adepte de l’horreur et/ou de l’épouvante, ce n’est pas très inspirant pour moi. Puis j’ai pensé la fête de Samhain, qui célébrait le passage de la saison claire à la saison sombre dans l’ancienne civilisation celte. A cette pensée, mon amour pour les mythes et légendes s’est réveillé et l’évidence s’est révélée à moi ; j’avais mon sujet. Sans compter un certain point qui me trotte dans la tête depuis quelques temps et que c’est l’occasion d’évoquer, je cite : la légitimité de leurs interprétations. Je m’explique.

Du plus loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été passionnée par les mythes et les légendes. Je ne suis pas la seule, puisqu’ils sont autant de sources d’inspiration pour de nombreux auteurs, dessinateurs et autres, depuis des centaines d’années, et ce à différentes sauces, que ce soit la fantasy (éventuellement historique), bien sûr, mais aussi l’urban fantasy et la SF. Dans certaines, elles servent de socle à l’histoire quand, dans d’autres, seuls quelques éléments sont repris. Il y a tellement de choses que l’on peut faire avec ! D’autant que beaucoup sont très peu connus donc peu utilisés. Aucune surprise, donc, à ce que plusieurs de mes projets soient centrés sur eux.

A quelques reprises, dans des commentaires de livres ou de films, j’ai vu passer des remarques, de politesse variable, qui soulignaient des éléments qui ne ‘respectaient pas’ le mythe. D’autres qui ne concevaient pas que tel ou tel élément ne figure pas dans le récit si l’on prétendait traiter de telle mythologie ou légende, que ce soit parmi les lecteurs ou des écrivains aspirant à les revisiter.

Il y a un webcomic que je suis, qui revisite la légende arthurienne, que j’ai commenté et dont j’ai lu les autres commentaires. La simple apparition de Mordred, puis de sa mère Morgane, a fait émerger des remarques soulignant que l’on ne peut pas écrire de la légende arthurienne sans en passer par la bataille de Camlann / Salesbières, synonyme de chute pour le royaume de Bretagne, avec Mordred en tant que traître et sa mort tandis qu’il provoque celle d’Arthur, à moins de se restreindre à un chevalier X et à une histoire qui ne va pas jusque-là. Pourtant, à ce stade de l’histoire dans ledit webcomic, rien ne dit que Mordred va virer ainsi (ce n’est qu’un adolescent, certes peu souriant, mais c’est tout), si ce n’est une prophétie peu réjouissante. Ne peut-on pas imaginer qu’elle puisse être déjouée et, finalement, que Mordred ne remplisse pas ce destin funeste ? Selon certains, non, apparemment. Il y a des idées reçues considérées comme des incontournables, de sorte que certains se montrent réfractaires devant d’éventuelles modifications les concernant.

Je ne sais pas si c’est l’influence de ces personnes ou juste moi-même et ces idées, mais il y a eu un moment où je me suis interrogée sur certains de mes projets, en particulier ma revisite de légende arthurienne, croisée avec la mythologie celtique. Sur ce qui devrait y figurer, les aspects qui ne passeraient peut-être pas pour d’éventuels lecteurs… J’ai même eu une phase où j’en suis venue à douter de la légitimité de mon interprétation et à la questionner. Avant de me dire que, en fait, je ne devrais pas même me poser ce genre de questions et encore moins me torturer ainsi l’esprit pour cela.

Car pourtant ! Au fond, n’est-ce pas une façon de penser assez contradictoire, par ce qui fait la nature-même des mythes et des légendes, à savoir qu’elles évoluent au fil des siècles ? Les versions les plus connues sont souvent parmi les plus récentes, et elles différent parfois considérablement des plus anciennes. Mordred n’a pas toujours été un traître, Medrawt est décrit de manière très positive dans certains textes (le succès de l’Histoire des rois de Bretagne de G. de Monmouth, qui a servi de base pour les versions ultérieures, a été fatal pour sa réputation). Dans les mythes égyptiens antérieurs, Horus et Set étaient frères, Osiris n’était qu’un dieu agraire, et le mythe se basait leur réconciliation et l’équilibre que les deux assuraient tous les deux, chacun incarnant un aspect du pouvoir royal, d’où la figure de l’Antywy ; les mythes de la création sont multiples, avec autant de divinités différentes qui en seraient à l’origine et pas seulement Râ/Rê, même s’il a fini par les éclipser. Et qu’en est-il de toutes ces versions tombées dans l’oubli, dont on n’a (encore) retrouvé aucune trace ? Qui dit que certaines d’entre elles n’ont encore rien à voir avec celles que l’on connait ? Et je ne parle même pas des biais éventuels dans les retranscriptions faites par d’autres civilisations…

C’est une chose d’avoir telle ou telle vision en tête. Mais pourquoi se montrer si rigide avec des légendes, quand bien même ce ne sont pas des faits avérés, des variantes qui ne sont elles-mêmes que des revisites d’autres plus anciennes ? Et ce pour des fictions lues ou vues dans le cadre du loisir, qui n’ont donc aucune prétention de documentation ? C’est, au fond, assez dommage.

Chaque interprétation est légitime. Comme pour le reste, nous sommes libres d’écrire ce que nous voulons et de leur faire prendre le sens que nous voulons, sans nous imposer des restrictions qui ne nous conviendraient pas. Et pour ceux qui n’y adhèrent pas, il leur suffit de se tourner vers des récits qui entrent dans leurs préférences – comme pour toute histoire, en fait. Car, avant toute chose, une histoire appartient à son auteur, même si elle peut se partager ensuite avec des lecteurs (que ce soit juste avec quelques proches, en webpubli ou en publication éditée). Un auteur ne devrait pas se sentir obligé d’écrire un récit dans lequel il ne se reconnait plus pour donner satisfaction à d’éventuels lecteurs. Après, chacun ses choix.

Pour ma part, je ne me pose plus de questions. Je vais écrire mes histoires telles que j’en ai envie et s’il y en a qui adhèrent, tant mieux. Sinon, tant pis.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Y aurait-il, selon vous, des ‘interdits’, des choses auxquelles un auteur ne devrait pas toucher ou qu’il devrait respecter lorsqu’il prétend se raccrocher à un mythe, une légende ou un conte donné ?

Vos réactions
Pour commenter cette actualité, merci de vous identifier.
Mimisao
Commentaire posté vendredi 7 octobre 2022 à 22h00

Super édito, avec un sujet passionnant!

Pour ma part, je me souviens encore des heures passées avec mon énorme et très vieille encyclopédie de la mythologie gréco-romaine que je dévorais étant enfant... et dans laquelle était stipulée toutes les versions du mythe de tel ou tel personnage. J'ai très vite pigé que les auteurs n'étaient pas tous d'accord et qu'au final, chacun fait à sa sauce: les romains n'ont-ils pas fait de même en adaptant certaines divinités à leur panthéon? Les Égyptiens n'ont-ils pas mixé Hathor et Ishtar lors de l'invasion du territoire perse?

Alors autant je suis pénible quand il s'agit de certains faits historiques, autant pour les les légendes je ne trouve rien à redire à la libre interprétation parce que c'est, je pense, la base de construction des légendes. C'est quand même censé illustrer des leçons de vie, comme les fables! Chacun y lit ce qu'il veut, retiens ce qu'il souhaite: c'est pour ça que tous ces héros sont aussi faillible que nous!

Et il est difficile de graver dans le marbre des textes qui appartiennent à la culture orale... Donc osef comme dirait l'autre, du moment que tout est cohérent et bien intégré à l'histoire que tu construis !

Feydra
Commentaire posté vendredi 7 octobre 2022 à 21h11

Un édito très intéressant. Les contes et les légendes sont effectivement très inspirants.

Je vais répondre dans toute mon inexpertise. 😁

Pour en revenir à la légende arthurienne, je pense que le passage à l'écrit à tendance à figer les légendes en une version précise et c'est peut-être pour cela que les variations et les réécritures provoquent davantage de réactions négatives. Et quand il existe plusieurs version d'une même histoire s'ajoute cette idée de ce qui est considéré comme "canon" ou pas (un peu comme certains univers de films 😉).

En ce qui concerne les mythes et légendes plus anciennes, il existe déjà tellement de versions d'une même histoire, puisqu'elles étaient essentiellement transmises oralement par des aèdes, des bardes, des druides ... C'est un peu l'essence même des mythes d'être protéiformes, puisqu'ils manifestaient aussi les croyances changeantes des premiers peuples.

Je suis d'accord avec toi : les mythes, les légendes, les contes font partie d'un patrimoine commun, d'un terreau d'idées et d'imagination dans lequel nous pouvons puiser et que nous pouvons mélanger, modifier et enrichir dans nos créations. C'est aussi une manière de les perpétuer pour encore de longs siècles.

Des interdits ? Non. Toute version d'une légende est légitime. S'inspirer de n'importe laquelle est donc tout aussi légitime, à mon avis.

 

Nascana
Commentaire posté mardi 4 octobre 2022 à 16h36

Je pense que chacun peut faire les choses à sa sauce. Ca permet de donner sa vision personnelle.

Quetzy
Commentaire posté mardi 4 octobre 2022 à 16h05

Vaste et passionnant sujet. 

J'aurais tendance à penser qu'effectivement, en tant qu'auteur, on est libre d'interprêter et adapter ces légendes classiques. Parce qu'au fond, nous sommes des créateurs, des conteurs d'histoires. Et nos histoires, qu'on le veuille ou non, trouvent toujours racine quelque part. 

Les bardes des anciens temps racontaient leurs histoires, parfois crées de toutes pièces, parfois inspirées des rois et seigneurs. Et elles variaient à chaque fois que le barde la racontait. Était-ce si grave si quelque chose changeait ? Ceux qui s'en fichait continuaient d'écouter. Ceux à qui ça déplaisait passaient leur route. Et voilà.

Nous, Conteurs des temps modernes, faisons pareil. Nous racontons des histoires, des histoires que nous inventons. Si on voulait être dans "l'exactitude", je pense qu'on écrirait des thèses en se basant de textes contant ces mythes et légendes. 

Pas ma tasse de thé personnellement. Je m'inspire, je créé, je raconte. 

Et comme tu le dis si bien : si ça ne convient pas à certains, très bien, il y a d'autres histoires peut-être plus en adéquation avec leurs goûts!

Et puis, sinon, toutes les sagas des Christian Jacques, Percy Jackson et consort n'auraient jamais eu autant de succès!

Yuedra
Commentaire posté mardi 4 octobre 2022 à 00h48

C'est effectivement une question intéressante ^^
Perso, je pense que les mythes et légendes reposent sur le même principe que la religion : c'est personnel ! Chacun à son aivs et son opinion dessus et ne doit pas l'imposer aux autres. Le partager oui, et si ça plaît pas, tant pis.
Donc les revisiter pour les intégrer dans une histoire n'est pas un problème, surtout que la vision du monde change en fonction de l'époque et du niveau social où nous nous trouvons. L'interprétation dépend de chacun, et certains ne veulent pas voir/entendre parler d'une autre version que la leur, qu'ils estiment "l'original". Les mythes et légendes étant depuis de nombreuses années "libres de droits", les auteurs ont tout à fait le droit d'en faire ce qu'ils veulent dans leurs écrits

Arlun
Commentaire posté lundi 3 octobre 2022 à 20h50

Oho ! Merci pour cet édito, et intéressante question. C'est marrant parce que ta question et ton sujet me remettent en tête une polémique récente du net : la couleur de la petite sirène 🤓 Et dans le fond, ma réponse à ta question est la même que pour la petite sirène : perso je m'en tape. On est sur de la fiction, et le plaisir  de la fiction et de l'imagination, c'est de s'affranchir des règles, de pouvoir les modeler, inventer, réinventer, récrire... Les pas contents adeptes des trucs plus traditionnels auront de toute façon toujours de quoi satisfaire ce besoin, moi ce qui me plaît, c'est la nouveauté et l'innovation, pas ronronner dans des trucs connus avec des codes et des cases bien cochés ^^

Les dernières actualités
mercredi 2 novembre 2022 • Feydra • 6 commentaires
  Une grande question existentielle (ou pas) pour les écrivains : pourquoi écrit-on ? Depuis ces derniers mois, l’écriture a pris une place très importante dan...
dimanche 30 octobre 2022 • Folletto • 8 commentaires
📜 Tu as des univers vastes, remplis de magie, de robots, de paysages féériques, de lunes détruites, d'aliens végétaliens, de sorcier sans pouvoirs... Avec la...
L'AlléeDesConteurs.fr © 2005-2022
AlléeDesConteurs.fr Échanger sur l'Écriture L'Allée & Compagnie Partenaires Statistiques
Actualités
Agenda des événements
Les Trois Rues | la compétition
Forums de discussion
Foire aux questions
Nous contacter
[Univers]
LeConteur.fr
LeCoinDesAT.fr
Génération Écriture
Histoires de Romans
896 membres inscrits
Dernier inscrit: YohkoSama
AlléeDesConteurs.fr ~ 2005-2022