Titre: Battle Royale
Genre: Thriller, action, anticipation
Thème: Violence, adolescence, générations
Diffusion: 2001
Accroche: Dans un futur proche, les jeunes sont de plus en plus rebelles et violents. Les adultes votent la Loi « Battle Royale » qui oblige une classe d’adolescents à s’affronter jusqu’à ce que mort s’en suive et qu’il ne reste plus qu’un survivant.
Une classe d’adolescents qui croit partir en voyage scolaire est donc kidnappée et amenée sur une île sous la surveillance de l’armée et de leur ancien professeur désabusé. Là, les étudiants s’aperçoivent qu’ils ont été munis de colliers explosifs et que deux autres jeunes étranges les ont rejoints. Ils reçoivent chacun un sac contenant une carte, une boussole, des vivres et une arme différente (voir incongrue). Ils ont 3 jours pour s’entretuer et mourront tous s’il y a plus d’un survivant au-delà de ce délai. Lorsqu’en 2012 le premier film de la saga « Hunger games » débarquent sur les écrans, les quelques personnes (dont votre serviteur) qui ont vu « Battle Royale » 11 ans plus tôt haussent poliment les épaules. Sur un concept de base similaire (des jeunes forcés de s’entretuer) il semble difficilement concevable qu’un film pour ados, classé tous publics et produit par Hollywood puisse se révéler aussi efficace que le furieux film japonais interdit aux moins de 16 ans. Et de fait, si les deux films ont leurs qualités propres, ils ne boxent clairement pas dans la même catégorie.

Violent, sec, voir vicelard, le film de Kinji Fukasaku (80 ans au compteur au moment de la réalisation et il a de l’énergie à revendre aux plus jeunes) ne s’embarrasse pas de ménager son public. Sur l’île/arène de combat, toutes les stratégies sont valables : Loyauté, alliances, pièges, coups bas, discrétion, séduction, attaque frontale, trahison, etc. L’histoire profite de chaque personnalité des élèves pour pousser son concept jusqu’au bout du bout, entre les personnages compatissants et ceux qui sont prêts à tout pour survivre.
Entre deux fusillades sanglantes, le film ne dédaigne pas non plus lorgner un peu du côté de l’épouvante et de l’horreur pour développer une tension grandissante. Tout ça pour illustrer une incompréhension générationnelle de la société japonaise dont les seules solutions proposées semblent être la mise au pas des plus jeunes par la force.
Bref, bien que réalisé par un vétéran, « Battle Royale » est une œuvre qui déploie une énergie furieuse et sans concession avec des scènes d’actions aussi sanglantes que ciselées. Un choc absolu.