Titre: Obsession
Genre: Horreur, drame, thriller
Thème: Relations toxiques, possession, fantasmes
Diffusion: 2026
Accroche: Bear est amoureux de son amie et collègue Nikki mais elle semble ne pas s’intéresser à lui. Après avoir lamentablement raté l’occasion de lui déclarer ses sentiments, Bear utilise un objet magique sensé réaliser un vœu unique pour qu’elle n’aime que lui. Curieusement, Nikki se rapproche aussitôt de lui jusqu’à ce qu’ils se mettent rapidement en coupe. Mais après une courte idylle, la jeune femme agit de plus en plus bizarrement, prenant de plus en plus mal le fait que Bear commence à douter de la réalité de son amour. 
Dans le secteur des films d’horreur standardisés, il est de plus en plus difficile de trouver des œuvres pour qui la peur ne se résume pas à faire scare jump sur scare jump. Alors quand une pépite comme « Obsession » débarque à l’improviste sur les grands écrans, c’est limite si ça ne se fête pas. Attendu par personne, le premier long métrage du jeune (26 ans) réalisateur Curry Baker s’est créé un nom en stupéfiant les foules des festivals, créant un bouche à oreille très positif. De fait, le succès est presque phénoménal … et surtout très mérité.
Sur un concept qui semble léger, voir un peu bateau, Baker renverse les attentes du public. Son idée est simple : créer le malaise et le pousser à son paroxysme. Ici pas de héros bien gentil qui tente de survivre à l’horreur qu’il a déchainé par erreur. Bear a beau être au départ un jeune homme timide et réellement amoureux, il s’enfonce dans le mensonge qu’il tisse pour et autour de Nikki. Bien que la terreur l’envahisse toujours plus à chaque minute et qu’il ne peut nier les agissements de plus en plus problématiques de sa petite amie, il refuse de sacrifier son couple, rêvant toujours à la relation parfaite qu’il s’était imaginée.

Baker finit par renverser son point de vue sur son héros, faisant de Nikki l’intérêt principal de l’histoire. Le principe est également simple à partir de là, on a toujours été sur l’idée d’un film de possession, sauf que là le personnage principal devient le possédé. La jeune femme n’est pas possédée par une sorte d’esprit mais plutôt par l’idée que son petit copain se fait d’elle, en contradiction avec sa nature réelle.
Et là, l’atout majeur du film se révèle. L’actrice Inde Navarette, encore peu connue à la sortie du film, explose littéralement dans le rôle de Nikki. Jouant d’abord les gentilles filles, elle pousse rapidement son personnage dans une performance intense et inquiétante. Et quand on croit qu’elle ne pourra pas aller plus loin, elle se donne corps et âme pour montrer qu’elle en a encore dans le ventre et pas qu’un peu.
En bref, « Obsession » est une surprise totale. Pas dénué de petits défauts, la mise en scène maligne et inventive de Curry Baker et la performance monumentale d’Inde Navarette se lient dans un film qui scotche le spectateur à son fauteuil, se reposant sur une sensation de malaise plutôt que d’horreur pure. Et fait rare de nos jours : Il fait vraiment peur.