Réalisation : Guillermo Del Toro
Genre : Drame, Épouvante‑horreur, Science‑fiction
Durée : 152 minutes
Adaptation du roman de Marie Shelley,
Frankenstein ou le Prométhée moderne (Ed. 1818; 1831 pour la traduction française).
Film accessible depuis le 7 novembre 2025 sur Netflix
Déconseillé aux moins de 16 ans (violence explicite, imagerie macabre et/ou sanguinolente)
On va dire que je suis une fan de Guillermo Del Toro. Voilà, c’est dit.
Pour l’histoire, je ne vais pas m’étendre, elle est très connue. Elle raconte la création par un jeune savant suisse, Victor Frankenstein, d'un être vivant assemblé grâce à des morceaux de chairs. Horrifié par sa création qui ne correspond pas à son idée, Frankenstein abandonne son « monstre ». Mais ce dernier, doué d'intelligence, se venge ensuite d'avoir été rejeté par son créateur et persécuté par la société.
Le film pose clairement la narration, en deux chapitres : Frankenstein et sa créature ont chacun leur chapitre, et y relatent leur histoire avec leurs propres mots.
En toute honnêteté, j’ai vu un nombre conséquent d’adaptations, sans jamais avoir eu le courage de lire le livre – c’est pas faute d’avoir essayé, mais... voilà.
Cependant, j’ai toujours trouvé cette histoire fascinante, et j’ai immanquablement cette question en tête : « qui est le monstre ? », depuis aussi loin que je me souvienne.
L’adaptation de Del Toro est incroyable.
Que dire du visuel ? C’est une claque et c’est du Del Toro.
J’ai retrouvé l’ambiance gothique de
Crimson Peak, avec des laboratoires en ruines, des salles éclairées à la bougie, des paysages enneigés aussi froids que le cœur des hommes.
Les costumes sont somptueux.
Le maquillage de la Créature, associé à la prestation de Jacob Elordi, lui donne une vraie présence. On la sent fragile et forte, volontaire et désespérée...
Victor Frankenstein (Oscar Isaac) est un monstre d’orgueil, à l’enfance tourmentée...
Del Toro a toujours, dans ce film évidemment aussi, une façon bien à lui de traiter la monstruosité, qui n'est pas celle qu'on croit et qui se révèle bien souvent humaine. Des thématiques qui traversent toute son œuvre (comme dans
La forme de l’eau,
Pinocchio,
Le Labyrinthe de Pan,
L'échine du diable, et même
Hellboy).
C’est un film magnifique, sombre, tragique, parfois violent, qui ne laisse pas émotionnellement indifférent.