Titre: It follows
Genre: Horreur, fantastique, drame
Thème: adolescence, amour, dépression
Diffusion: 2014
Accroche: Jay est une jeune adulte vivant dans une banlieue pavillonnaire sans histoire. Elle sort avec un nouveau garçon, Hugh, et, après avoir fait l’amour pour la première fois, celui-ci l’endort au chloroforme. Lorsqu’elle se réveille attachée à un fauteuil roulant, Hugh lui explique qu’il est suivi par une sorte d’entité, prenant la forme de personnes connues ou non, qui marche lentement mais qui finit toujours par le retrouver. La seule façon de s’en débarrasser c’est de coucher avec quelqu’un d’autre qui sera alors pris pour cible. S’il lui dit tout cela c’est parce que si la personne traquée meurt, alors la chose retourne chercher la précédente.
Pour Jay commence alors un long cauchemar auquel elle essaie d’échapper avec l’aide de sa sœur et de ses amis. BOUH ! Je vous ai fait peur ?
C’est à peu près comme ça que fonctionne beaucoup (trop) de films d’horreur contemporains qui se contentent d’aligner des « scare jumps » sans jamais vraiment travailler l’ambiance et/ou le rythme de l’histoire et échouent donc à créer une véritable tension, régulièrement remise à zéro par des sursauts soudain.
« It follows » est l’exact inverse. Le film met en scène une créature qui ne s’arrête jamais et qui peut surgir parfois d’endroits inattendus (un scare jump ça peut être bien quand c’est bien utilisé) mais surtout, dans certaines scènes, on la voit venir de loin. C’est là que se situe la tension de l’œuvre : On sait ce qui va arriver, on le voit arriver et … est-ce vraiment sûr ? La créature pouvant prendre n’importe quelle forme humaine, comment la distinguer dans une foule ? Comment être sûr qu’il s’agisse bien d’elle et que la personne qui marche vers vous est ne vous veut réellement aucun mal ?
Devenu un classique de l’horreur, « It follows » renverse les clichés narratifs des films d’horreur modernes et devient une puissante source d’angoisse, plongeant son spectateur en pleine incrédulité jusqu’à ce que la scène révèle réellement qui est qui et ce qu’il s’y passe.
Mais c’est aussi un film doux/amer qui raconte la sortie de l’adolescence, le passage à l’âge adulte. La « malédiction » de la créature (on ne saura jamais d’où ça vient) peut être vue comme une référence à un spleen adolescent, poussant vers la dépression, une maladie qui revient vous hanter à des moments inattendus quand on croit que ça va mieux.
Bref, si vous cherchez un vrai film de terreur qui contient une véritable âme, « It follow » est ce qu’il vous faut.