Titre: Good night and good luck
Genre: Biopic, drame, historique
Thème: Politique, journalisme, civisme
Diffusion: 2005
Accroche: Dans les années 50, Edward R. Murrow est le présentateur du journal sur la chaine CBS. Avec son producteur, Fred Friendly, et son équipe, il décide de couvrir les agissements et répercussions de la commission dirigée par le sénateur McCarthy, qui traque les communistes supposés dans le pays au mépris des droits des suspects. Ils vont en révéler les dérives, les abus et les contre-vérités jusqu’à la chute du sénateur. En l’an -12 avant Donald Trump (premier mandat), les États-Unis font déjà face à un président que l’on qualifiera pudiquement de « problématique » avec Georges W. Bush qui avait aussi tendance, mais dans une bien moindre mesure, à ne pas trop s’inquiéter des droits individuels de ses concitoyens sous couvert de guerre contre les terroristes.
Cela énerve quelques étasuniens un peu chatouilleux sur leurs libertés et notamment un certain George Clooney à qui l’idée vient (allez savoir comment) de réaliser un film sur Edward R. Murrow, journaliste qui, dans les années 50, s’est lancé dans une bataille médiatique et journalistique contre le sénateur McCarthy. Ce dernier chassait le communiste en arrêtant tout ce qui semblait vaguement lié à cette mouvance politique sans trop se soucier de la véracité des faits ou des droits des accusés.
Clooney, toujours acteur mais surtout réalisateur, va donc retracer la bataille des deux personnalités par écrans interposés, notamment en détaillant le travail impeccable de Edward R. Murrow et son équipe dans les enquêtes, les preuves et l’argumentation face à un politicien qui ne voulait en réalité que se faire un nom (avant sa chasse, McCarthy était un illustre inconnu au niveau national).
Au-delà d’une leçon de journalisme qui ne serait pas inintéressante de diffuser (massivement) aujourd’hui, le film est surtout une œuvre d’une grande qualité. Sile contexte politique de l’époque explique la création du métrage, il peut se regarder à toute époque sans avoir besoin de connaitre l’ambiance de son pays au moment de sa création. Mené par une brochette d’acteurs époustouflants (David Strathairn dans le rôle de Murrow en tête, mais également Clooney himself et encore Robert Downey jr., Jeff Daniels, Patricia Clarkson ou Franck Langella ), le film est d’une totale fluidité, d’une réalisation précise et composé d’un noir et blanc savamment travaillé.
Tout concorde à la réussite d’un film qu’il me semble urgent de revoir aujourd’hui. Encore et encore.