Titre: Akira
Genre: Science fiction, Cyberpunk
Thème: Conspiration, post apocalyptique, violence
Diffusion: 1988
Accroche: 2019, après la troisième guerre mondiale dans la ville de Neo-Tokyo, Kaneda et sa bande de motards adolescents passent leurs nuits à se battre avec d’autres gangs. Lors d’un accrochage avec un étrange gamin au visage de vieillard, ils se confrontent à l’armée qui emmène Tetsuo, l’un des membres de la bande qui a été la victime de l’accident.
En cherchant à le retrouver, Kaneda tombe sur un groupe d’activistes qui tente d’en savoir plus sur le mystérieux projet « Akira », projet auquel est lié le groupe militaire qui a embarqué Tetsuo. Pendant ce temps, ce dernier développe des pouvoirs psychiques qui ressemblent à ceux de l’étrange enfant qu’il a failli percuter. 1988. L’âge d’or du cyberpunk touche à sa fin après avoir fournit tout au long de la décennie des chefs d’œuvre sombres et adultes tels que « Terminator », « Blade Runner » ou « Robocop ». Il fallait un dernier chef d’œuvre ultime pour mettre fin à cette grande lignée, et « Akira » sera celui-là.
Dans une France où les mangas sont encore largement ignorés du grand public, en dehors de quelques gamins qui regardent les séries tronquées du Club Dorothée, l’arrivée d’ « Akira » (en 1991 pour l’hexagone quand même) fait l’effet d’une bombe. Contrairement aux européens, les japonais n’ont jamais considéré les animes et plus généralement l’animation comme étant réservée aux enfants. Le caractère adulte du film s’impose immédiatement entre de la destruction massive, de la baston à moto et le vrombissement des moteurs le tout dans une ambiance cyberpunk donc, mélangent à la fois ambiance crasse et haute technologie.

Largement expérimental à sa sortie (le mouvement, la couleur, le son, … même les japonais n’avaient jamais vu ça à l’époque), l’anime a bénéficié d’un soin méticuleux à toutes les étapes de sa conception. Réalisé par Katsuhiro Otomo, l’auteur du manga original (à lire absolument) qui n’avait quasiment aucune expérience dans l’animation à l’époque, « Akira » est d’une beauté et d’une fluidité qui surpassera la totalité de l’animation mondiale pendant des décennies, à peine égalé peut-être, par les œuvres du studio Ghibli.
« Akira » va imposer des standards à tous les niveaux, le plus emblématique restant au niveau visuel : le fameux dérapage à moto qui ne cessera d’être repris dans l’animation comme dans les prises de vue réelles, de manière parodique ou très sérieuses. Il y a également eu un avant et un après « Akira » au niveau de la couleur, surtout nocturne. Auparavant, les couleurs froides (notamment le bleu) représentaient la nuit, mais Otomo impose des couleurs oranges, jaune et rougeâtres issues des néons d’une ville qui ne dort jamais, surtout pas la nuit justement. Enfin, la fusion entre la chair et le métal, propre au cyberpunk, ne sera jamais plus aussi poussée que dans le film où Testuo maîtrise ses pouvoirs au point de réparer son corps avec des matières métalliques, avant de perdre ledit contrôle dans un final dantesque.
La bonne nouvelle : Akira est ressorti en août en restauration 4K. Une bonne façon de redécouvrir ce choc cinématographique absolu.