Index du forum » La rue des papoteurs - papotages, festivités & flood » Les jardins virtuels » Séries & TV
![]() Inscription: 14 Aoû 2025, 14:42 Messages: 175 |
03 Sep 2026, 16:02![]() Disponible (gratuitement et sans publicité) sur arte.tv Accroche: Dans un village Castelan, la plupart des habitants se rassemblent dans une association de castelers (personnes qui participent à des tours humaines lors de célébrations). Une jeune fille de l’association publie une vidéo sur internet pour accuser Pol, 14 ans, son cousin Roger, 13 ans et son ami Steven, 13 ans, d’avoir agressé sexuellement une autre fille de l’association lors des festivités de la Saint Jean. Rapidement tout le monde fait le rapprochement avec Manuela, 13 ans également, la meilleure amie de Pol et Steven qui a justement participé à une soirée pyjama avec les trois garçons ce soir-là. A travers l’association, c’est tout le village qui va se déchirer sur cette affaire. Je viens tout juste de finir cette série et il fallait que je vous en parle. Difficile d’évoquer les VSS sur mineurs et rester hors des facilités et du sordide. Pourtant, cette minisérie y réussi avec brio et semble danser constamment sur un équilibre précaire sans jamais tomber. La réalisatrice et actrice, Leticia Dolera, parvient à rassembler un grand nombre de thématiques sans surcharger son histoire. Négation des faits, circulation d’informations incomplètes, réseaux sociaux et commentaires, culture du viol, patriarcat persistant, éducation familiale, accès à la pornographie, effet de groupe, expériences des ados à la sensualité, homophobie latente, masculinisme, amitiés fortes, exposition sur internet, … La série évoque non seulement le crime en soit mais également les nombreux à côtés dans un rendu totalement fluide et cohérent. L’idée de placer cette histoire parmi les membres d’une communauté de castelers est particulièrement judicieuse. La tour humaine devient la symbolique de la société du village puisque les membres qui la compose doivent être proches, presque soudés les uns aux autres, pour qu’elle tienne le coup. C’est donc au sens figuré tout autant qu’au littéral qu’elle vole en éclat lorsque l’agression est révélée. Si la créatrice de la série profite du silence de la victime (une situation qui n’est pas rare dans les cas de VSS) dans les premiers épisodes pour observer les réactions diverses du village, la jeune Manuela n’est pas pour autant oubliée. Superbement interprétée par la jeune actrice Aina Martinez toujours d’une grande justesse, elle reste le personnage central des premiers épisodes même dans son silence et ses absences. Dolera pousse l’ambiguïté de son histoire en ne faisant pas de la jeune fille un ange. Manuela aime faire la fête loin des parents, dragouille un adolescent plus âgé, boit de l’alcool avec ses potes, et d’autres choses qui en dirait trop sur l’intrigue mais que certains sauront lui reprocher pour écorner son statut de victime. Dans cette ambiguïté, Dolera parvient à ne jamais laisser les thématiques effacer le fait de croire les victimes. Elle appui pourtant souvent là où ça fait mal, notamment dans les épisodes 2 et 3 qui n’épargnent pas certaines certitudes des spectateurs. Mais chaque élément finira par trouver sa place en s’intéressant de plus près à l’enquête à partir de l’épisode 4 et du bouleversant épisode 5 où l’on découvre le point de vue de Manuela sur toute l’affaire. Cependant, la grande force des « secrets de la Saint jean » est de ne pas se focaliser uniquement sur le petit groupe au centre de l’affaire mais élargit son point de vue sur l’ensemble de la communauté et notamment sur la situation des adolescents dans la société en générale. Le titre original de la série « Pubertat » (que je m’avance à traduire par puberté) n’est évidemment pas anodins. Avec l’influence constante des réseaux sociaux, les adolescents doivent rester des enfants pour leurs parents (voir la relation entre Roger et sa mère) mais montrer qu’ils seraient déjà des hommes et des femmes aux yeux de leurs congénères dont le graal serait d’avoir l’approbation d’ados plus âgés. A voir par exemple l’un des jeunes accusés aller demander de l’aide par commentaire à un influenceur masculiniste. Je vous recommande donc chaudement cette série excellente de bout en bout, si l’on excepte quelques longueurs dans le 6e épisode faute d’avoir trop de choses à clôturer (mais c’est peut-être aussi parce que j’étais fatigué puisque j’ai regardé les 4 derniers épisodes d’une traite et qu’il était tard). Mais la justesse du propos, des acteurs et de la réalisation en fait une œuvre réellement incontournable sur ce sujet si difficile. |
Index du forum » La rue des papoteurs - papotages, festivités & flood » Les jardins virtuels » Séries & TV
Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 15 invités |
| AlléeDesConteurs.fr | Échanger sur l'Écriture | L'Allée & Compagnie | Partenaires | Statistiques |
|
Actualités Agenda des événements Les Trois Rues | la compétition |
Forums de discussion Foire aux questions Nous contacter |
[Univers] LeConteur.fr LeCoinDesAT.fr |
Génération Écriture Histoires de Romans |
1062 membres inscrits Dernier inscrit: Valcroix |