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« Annexe »
1 « Le septième ciel (défi créatorium avec Quetzy) »

Quand Soan, le personnage d'Autre Monde de Quetzynette, rencontre Elnaura, ça donne... ça ! Bonne lecture :D.

 

 

__________________________________________________________________________________________________________________________________

 

Elnaura regardait ses compagnons dormir et Naëjan prendre son tour de garde. C’était l’occasion parfaite pour s’isoler et réfléchir. Le naga la laissa se lever sans rien dire.

Elle marcha dans la forêt luxuriante tout en s’inquiétant pour Ludivine. Et si jamais ils ne parvenaient pas à la retrouver ? Son attention fut détournée par un éclat sur sa droite. Elle eut la surprise d’apercevoir une chaumière entièrement composée de cristaux ! Interloquée, elle s’en approcha. Son cœur s’accéléra en entendant des chuchotements. Les minéraux de la demeure incarnaient des Enyagams : des êtres vivants dont l’âme complète, nommée Native, avait évolué en une nouvelle forme.

— Elnaura…

Pourquoi l’appelaient-ils ? La vieille Almos pénétra dans la chaumière : aussitôt, elle fut aveuglée par une lumière blanche. Les voix s’amplifièrent.

— Tu dois rencontrer quelqu’un. L’un comme l’autre avez beaucoup de choses à apprendre.

Elle n’eut pas le temps de s’interroger davantage. Une sensation glaciale la saisit, puis se propagea dans son corps. Le sol sous ses pieds se déroba. Elle eut l’impression de perdre son équilibre dans un lieu où la pesanteur était absente. Pourtant, elle respirait.

Malgré ses paupières closes, elle sentit que la luminosité était supportable et elle ouvrit les yeux. Quelle ne fut pas sa surprise de flotter un espace bleu enrobé de nuages aux diverses formes. Un vent tiède taquinait sa chevelure blanche et semblait assez puissant pour la maintenir dans les airs.

Où les Enyagams m’ont-ils envoyée ?

 

 

***

 

 

Soan en avait assez des rituels… Ils s’étaient enchaînés depuis leur arrivée. Ava et Gardred leur avaient expliqué que celui-ci était particulier : en effet, il n’était pas systématique qu’un des Ymladdwr y participe.

D’après ses amis, le rite de rencontre est le fait des Smyglwyr, les passeurs. C’était une chance pour tout heureux élu d’échanger avec un autre protégé de son élément. Un partage de connaissances. Ils s’étaient donc tous retrouvés dans une salle souterraine du château, assis sur le sol autour d’un feu et encerclés par un petit ruisseau. Un vent léger les frôlait par moment, confirmant que les quatre éléments étaient présents.

Le dernier souvenir de Soan était l’infusion que Gardred leur avait préparée et qu’il avait avalée. Puis, plus rien jusqu’à ce qu’il ouvre les yeux.

Il demeurait dans la même position, mais au beau milieu d’un ciel bleu parsemé de nuages blancs. Devant lui, une femme aux cheveux pâles le dévisageait et semblait aussi surprise que lui.

Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

 

 

***

 

 

Elnaura battit des paupières quand apparut devant elle un jeune homme châtain clair aux yeux d’un bleu étonnant. C’était lui que les Enyagams voulaient qu’elle rencontre ? Elle le détailla avec attention. De suite, elle ressentit son aura, assez similaire à celle d’un Almos qu’elle avait connu il y a longtemps : très vive, très énergique. Vu sa corpulence, il s’agissait d’un sportif. Elle perçut également la danse de l’elros de l’air en lui.

Nous retrouvons-nous ici pour cette raison ?

La vieille Almos stabilisa son équilibre en adoptant la même position que lui. Elle inclina la tête et déclara :

— Eh bien, je dois vous avouer que je suis prise au dépourvu. Je suppose que vous aussi.

— Moi ? Nan, pas du tout ! Ils ont la manie des surprises en bas, alors une de plus...

Malgré l’assurance de ses paroles, Elnaura douta qu’il disait vrai. Une idée germa en elle.

D’un discret geste de la main, elle invoqua l’elros du vent, et lui demanda d’envoyer une légère bourrasque venue du nord droit sur le front de son interlocuteur.

Voilà qui devrait lui passer l’envie de fanfaronner...

Soan s’attendait à ce que l'inconnue soit impressionnée par sa bravade. Au lieu de ça, elle haussa un sourcil, avant qu’il ne reçoive en plein visage un courant froid qui le fit chanceler.

— Hey ! Mais ça sort d’où ça ? ! C’est vous ? ! Mais ça ne va pas la tête ? !

— Tu es habitué aux surprises, je voulais voir ça, rétorqua-t-elle, malicieuse. Si tu réagis ainsi pour une malheureuse petite bise sur le front…

— Ah, ah, très drôle le jeu de mots ! Et d’où vous me tutoyez ?

— Oh, ne te formalise pas d’une chose aussi anodine. Nous sommes amenés à rester ici un moment. Autant nous mettre à l’aise.

— Vous avez un sacré culot !

Soan brûlait d’envie de riposter à la provocation de la vieille femme ; cependant, il ne maîtrisait guère son élément !

— Je ne suis pas là pour te faire du mal. Dans le monde d’où je viens, je teste ceux qui sont potentiellement des Almos ou des Amentos.

— Des quoi ?

Soan la fixa avec un air hébété. Patiente, elle lui répondit :

— Des personnes capables de manipuler les éléments. Les Almos ne peuvent intervenir que dans l’Interne de la planète où ils habitent, tandis que les Amentos peuvent également user de leurs elros dans l’Externe.

— Stop, arrêtez. C’est du charabia pour moi. L’Interne, l’Externe ? Des elros ?

 

 

***

 

 

Elnaura se mordit la lèvre inférieure pour ne pas rire. Avec patience, elle lui expliqua que le terme « elros » signifiait « pouvoir ou don ». Elle lui apprit que toutes les planètes viables possédaient un monde intérieur. L’Interne de la Terre se nommait Gaïa. Elle en était originaire.

— Au fait, je m’appelle Elnaura. Et toi ?

— Moi, c’est Soan. Je viens de la Terre. Enfin, j’y suis né, mais là-bas, j’étais normal – aussi normal qu’on puisse l’être, mais sans pouvoirs. Enfin, je ne prétends pas avoir des super pouvoirs, mais par rapport à la Terre...

— Du calme… Si tu me répètes dix fois la même information, on va rester ici pendant des semaines. Sans vouloir te décevoir, j’ai des choses très urgentes qui m’attendent.

— Moi aussi ! À commencer par ma Peyton ! Et accessoirement, remporter une guerre.

— Bon, reprenons. Tu es de la Terre, mais tu arrives d’un autre endroit où la magie est présente et où tu as une guerre à mener. Quel est-il ?

— Byd Lleuad. D’après ce que nous a expliqué ma cousine la Déesse –, ça signifie Le Monde de la Lune. Son arrière-arrière-arrière-grand-mère a reçu une malédiction qui se transmet à ses héritiers. Elkantar – le méchant – fait ses courses sur Terre et retourne dans ce monde avec quelques heureux élus, qui doivent le combattre. Si on gagne, on rentre chez nous et le sort est levé. Si on perd, le cycle se poursuit.

— Tu as donc récupéré ton élément du vent ainsi. C’est tout ?

— Oui, M’dame ! Y a qu'Ava, notre Déesse, qui possède les quatre. Je ne sais pas très bien me servir du mien. Je commence à peine mon entraînement.

— Hm… Il faut croire que tes autres pouvoirs ont été endormis de sorte qu’un seul s’exprime. Intéressant comme fonctionnement… Cependant, qui sélectionne qui ?

— Hein ?

— As-tu choisi ton élément ?

— Non, c’est lui ! Bon, ça ne se passe pas toujours bien. On peut en mourir. Ça a failli arriver à Kieran.

— Cela ressemble à l’émergence de nos elros chez nous.

— Vous aussi ils jettent leur dévolu sur vous ?

— Plus ou moins.

Elnaura se redressa. La position de méditation qu’elle avait adopté tiraillait un peu le bas de ses reins.

— Un elros est une âme complète, appelée Native, qui a fini son cycle de réincarnation. Elle décide de s’implanter chez un Almos ou Amentos pour le guider et le protéger.

— Dément !

— À chaque elros qui s’éveille, son propriétaire meurt et renaît.

— Chez nous, on peut mourir, mais en se battant. Notre élément est notre binôme et nous aide. Généralement ça se passe bien. Mais parfois c’est plus compliqué. Mon amie Brooke a eu – et a encore – du fil à retordre avec le sien. Moi, jusqu’ici ça roule. J’aime bien la sensation de voler, d’être léger comme l’air. J’arrive à faire corps avec lui, mais dès qu’il s’agit d’attaquer, c’est open bar. Je ne contrôle plus rien, je détruis tout. J’ai déraciné une allée de chênes alors que je voulais juste déplacer une feuille…

— Je comprends. C’est pareil pour nous. Rien n’est facile, le taquina-t-elle avec un clin d’œil.

— À qui le dites vous…

Soudain, Soan fronça les sourcils.

— Comment c’est, Gaïa ? Enfin, par rapport à la Terre…

— Très boisé. La forêt y est importante. Il n’existe que deux continents : Hylia et Elemun, qui est particulier.

— Pourquoi ?

— Il s’agit du continent des Esprits et seuls les Amentos sont capables d’y accéder, via l’île des Sanglots.

— Très joyeux…

— Parle-moi de Byd Lleuad.

— Imaginez la Terre du moyen-âge et vous aurez Byd Lleuad. C’est différent de là où je vivais, il n’y a pas de grandes villes. Ça me rappelle les histoires de chevaliers de mon enfance. C’est très boisé, comme sur Gaïa. Et montagneux, Kieran pourra vous expliquer. Il y a des créatures fantastiques, mais je ne les ai pas encore rencontrées.

Soan s’arrêta un instant pour jauger Elnaura. Elle n’était pas aussi immobile que lui.

— Vous avez mal au dos, analysa-t-il. Vous devriez vous lever et vous laisser porter. Ça soulagerait vos lombaires.

— Tu t’y connais en médecine ? ! railla-t-elle, non sans s'exécuter.

— Je suis plein de surprises. Faites-moi confiance, vous verrez que vous vous sentirez mieux.

Elnaura garda le silence et se massa les reins tout en restant droite. Toutefois, vu qu’ils flottaient dans les airs, elle parvenait avec peine à maintenir son équilibre.

— Cet endroit n’est pas fait pour la station debout.

Le jeune homme se redressa. Au grand étonnement de la vieille Almos, il n’éprouvait aucune difficulté.

— Vous réfléchissez trop ! Si vous maîtrisez si bien les éléments, ne résistez pas autant. L’air, le vent sont partout. Ils vont où ils veulent. Agissez avec eux.

— Je croyais que tu n’étais pas familier avec ton elros !

— Je n’ai pas dit que je ne savais rien. Je ne contrôle pas la force qu’il me donne. Mais pour ce qui est de me déplacer, je m’en sors pas trop mal.

En guise de démonstration, il écarta les bras et s’éleva doucement au-dessus de l’endroit où il se trouvait. Il se laissa tomber mais se rattrapa d’un salto arrière, pour terminer en glissant tel un patineur pour la rejoindre.

— Vous voyez ? Ne vous prenez pas la tête et soyez confiante. Je ne vous apprends rien par rapport aux vents ascendants et descendants... Ils nous tournent autour, communiquez avec eux.

Elnaura pinça les lèvres. Ce gamin commençait à l’agacer, mais elle reconnaissait qu’en dépit de sa jeunesse et de son manque d’expérience, il avait déjà compris l’essence de son élément.

— Je connais très bien les principes du déplacement aérien, mais… J’avoue que je ne le pratique plus.

— Mais pourquoi ? ! C’est tellement utile et agréable ! Si vous saviez le nombre de fois où j’ai rêvé de pouvoir voler pour éviter les bouchons dans Washington…

— J’ai mes raisons.

— Comme vous voulez. Cependant, essayez. Ça vous fera du bien d’oublier le poids de votre corps.

Sans lui permettre de répliquer, Soan fit appel à un fort vent du nord, qui l’enveloppa et le propulsa encore plus haut, près de la limite entre le ciel et le cosmos. Il ne ressentait aucune crainte à se trouver à une pareille altitude. Il avait déjà visité ce que le peuple de Byd Lleuad nommait Parth y Dragogau, le domaine des dragons. Encore une fois, le spectacle aurait pu littéralement lui couper le souffle s’il n’avait pas été un élu de l’air. Sous ses pieds, une épaisse couche de nuages laissait entrevoir un paysage désertique. Aussi loin que portait son regard, le bleu azur s’assombrissait jusqu’à devenir noir, laissant place à l’immensité obscure et inexplorée de l’espace.

Il demeura seul quelques minutes, le temps qu’Elnaura se décide à le rejoindre. À ses côtés, elle observa la beauté de ce paysage que peu de personnes avaient le privilège d’admirer. Enfin, elle posa sa paume sur son épaule.

— Rentrons. Je sens qu’on m’appelle sur Gaïa. Il doit en être de même pour toi sur Byd Lleuad.

— Hein ? ! Mais on commence à peine à apprendre des trucs l’un sur l’autre ! Je pensais que vous alliez m’aider sur la partie combat et force, et…

— Tu te trompes, jeune Almos. Tu sais déjà tout ce qu’il faut savoir. Le reste, ce n’est pas à moi de te l’enseigner. C’est à toi de t’instruire grâce à ton pouvoir et tes guides.

— Vous êtes sûre ?

— On ne peut plus sûre. Allez, redescendons…

Elle prit sa main et demanda au vent de revenir sur ses pas. Soan avait raison : voler était une sensation très agréable. Elle se promit d’essayer plus régulièrement, en souvenir de cette leçon si particulière.

Au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient des nimbostratus qui les avaient accueillis, elle sentait que son corps perdait de sa consistance. Les Enyagams la rappelaient. Elle pressa une dernière fois la paume de Soan, puis disparut.

 

 

***

 

 

Lorsqu’Elnaura rouvrit les yeux, elle était allongée dans l’herbe, non loin de l’endroit où la chaumière des Enyagams se situait. Tout était redevenu normal, mais elle prit quelques instants pour observer le ciel étoilé. Elle adressa une prière silencieuse pour que l’elros du vent protège le jeune Soan. C’était un Almos qui était appelé à faire de grandes choses, et elle regretta de ne pouvoir en être témoin.

 

 

***

 

 

— Réveille-toi frangin, tu as assez dormi ! Et tu baves, c’est dégoûtant !

La voix douce et mélodieuse de Swane, sa jumelle, éveilla Soan. Lorsqu’il s’assit, il reconnut la salle du rituel des Smyglwyr.

— Ah, j’ai pioncé. Vous aussi ? demanda-t-il aux autres Ymladdwr.

— Non, tu étais tout seul sur ce coup, lui répondit Brooke. Il s’est passé quoi ?

— Oh, rien de spécial, mentit-il en songeant à sa rencontre avec Elnaura. J’ai juste rêvé que je volais tellement haut que je pouvais presque toucher les étoiles. Assez agréable, faut l’avouer.

— Bon, déclara Kieran. Puisque nous sommes tous conscients maintenant, j’en déduis que le rituel est fini. Nous pouvons remonter au château.

Soan acquiesça, mais alors qu’il se relevait, une idée lui traversa l’esprit.

— Draven, prête-moi un gros rocher. J’ai une petite expérience.

L’ancien batteur haussa un sourcil, mais fit néanmoins sortir de terre un énorme de bloc de granit. Soan se positionna devant, tendit son bras et s’évertua à concentrer toute sa force dans son poing.

— Euh, l’interrogea Swane, je te rappelle qu’on se trouve sous le château et que je ne tiens pas à ce qu’il s’écroule !

— Aie confiance, sœurette. Je sais ce que je fais. Au pire, Kieran est assez puissant pour tous vous sauver.

— Quoi ? !!! ne me dis pas que tu...

Il n’entendit pas la fin de la phrase. Les quatre vents étaient regroupés dans sa paume, et il les modela en un fin rayon qu’il envoya sur le rocher, avant de les libérer en douceur. Un trou de la taille d’une main perçait le bloc.

— C’était quoi ça ? !

— Juste une petite bise. Allez, on a une guerre à préparer.

  
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