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« Les Fragments du Livre du Voyageur  »
1 « Confessions »
Publié par Diogene, le lundi 11 mai 2015

La Destinée ?

De mon échine s’écoule les larmes androgynes

Larmes de couleurs, larmes de douleurs

Larmes de velours, larmes d’amour

Larmes de saveurs, larmes de valeurs

Sont-ce les larmes d’un amour naissant

Ou les larmes d’un amour vieillissant

D’un amour flétri avant même sa naissance

Est-ce l’Ombre qui rôde, répandant ainsi son essence

Levant sa main, une main faite de peurs et de mensonges

Une main flétrissant tout ce qu’elle touche en songe,

Une main qui mord et qui dévore

Coupable de tous les crimes sans le moindre remord

N’est-ce point le grand saut redouté

Celui dont on ne sait ce qui nous attend de l’autre côté

Est-ce alors un amour flétri avant même d’être né

Ou y a-t-il encore une place pour l’être aimée,

L’être chère, être de chair et de souffle.

La Vie

La vie est un puzzle, le puzzle est la vie

La vie est un jeu, le jeu est la vie

Chaos de l’infini, infini du chaos

Le chaos est la vie, la vie est le chaos

Partant du centre sans jamais trouver les bords

Ainsi va la vie de bord en bord

Partant des bords sans jamais trouver le centre

Ainsi se perd la vie des bords vers le centre

La vie est avenir, la vie est passé

La vie n’a pas cessé, la vie n’est pas figée

La vie n’est pas futur, la vie n’est pas mesure

Pourquoi une telle démesure ?

Le Chevalier

Fouraillant dans les entrailles d’un mort,

Mort en sursis, mort en répit

Le Chevalier a ôté son heaume et l’a posé sur un bord,

D’un bord à l’autre le chevalier cherche le sursis,

Sursaut d’une vie âpre et sans saveur,

Le voilà qui plonge son épée flamboyante dans le cœur.

Un cœur rougeoyant, gorgé de sang et de larmes,

Cœur en fusion d’où s’écoule un torrent de lave,

Qui, tel le flot impétueux, s’en va briser l’arme.

De cette arme brisée, le cœur se nourrit et se purifie,

De chair et de sang, il devient fer et pierre

Durcit par la forge vulcanienne, le Chevalier s’en empare.

Et brisant de son épée brisée son carcan de fer,

Il plonge la lame, tandis que s’écoule ses larmes.

De dépit il arrache ce cœur palpitant et abject,

Ce cœur noir et durci où palpite une non-vie,

À la place c’est un cœur de fer et de pierre qui prend vie.

Le Puits

Je m’avance dans la lumière noire de tes Ténèbres

Puits de noirceur, puits de douceur, puits de douleur

Je m’approche, je suis plus proche que tu ne le penses

Je te sens, te touche de mon regard, de mes sens

Puits de satin, puits sans fin, puits de lin

Je te vois, là, depuis ton puits de Ténèbres

Je te vois, tu te penches, tu hésites

Pourquoi, le puits t’attire, les Ténèbres t’attirent

Puits de contre-vérités, puits de vérités, puits de cécité

Puits de peur, puits sans heurt, puits de pleures

Tu hésites toujours, mais le doute meurt

Le puits t’attire et tu détaches ton regard

Alors je me fais toi et tu piques un fard

Tes yeux plongent dans le puits aveugle

Puits sans fond, puits des tréfonds, puits qui fond

Le puits te dévore, glouton et lâche

Je te dévore, t’interrogeant sans relâche

Et tu me réponds sans relâche toujours la même question

À laquelle je te donne toujours la même interrogation

Je ne suis qu’un oracle et la peur est mon expression

Puits d’étrons, puits d’éon, puits de cons.

Persona

Masque de cire, masque de givre,

Masque rigide, masque de rire

Masque grimaçant et grinçant

Masque cinglant et enivrant

Elle est ainsi, masque multiple, aux multiples facettes

Dévoyant, louvoyant,

Sinueux et capricieux

Tel le courant d’une rivière trop calme,

Sous son apparence bouillonne le temps

Grincheux et élogieux,

Ricanant et dérivant

Telle la vague dans les cieux qui s’en va balayant le cours du temps

Masque sournois, masque aux abois,

Masque d’ivoire et d’ébène

Masque vicieux et pernicieux

Mais dessous bouillonne le temps,

Et les vagues se fracassent, toujours grandissantes

Masque glorieux, masque miteux,

Masque de soie et de joie.

Symphonie de l’âme

Symphonie à deux temps, symphonie à trois temps,

Symphonie à tiers temps, symphonie à quart temps.

Il est là, oscillant entre ombre et lumière,

Ne sachant que faire de ce balancement au-dessus de l’Enfer.

Symphonie infernale, symphonie démoniaque,

Symphonie paradisiaque, symphonie pastorale.

Au-dessus du gouffre, dansant sur les bords,

Il n’ose sauter le pas et passer par-dessus bord.

En bas la symphonie retentit de ses notes lugubres.

C’est un appel, cette musique est celle de son âme perdue.

Âme volée, âme déchirée, âme dévorée, âme déchiquetée.

Symphonie raisonnante dans une grotte lugubre.

Symphonie déchirante aux accents suspendus,

Mais qui est son bourreau, qui l’a arraché à la réalité ?

Toujours au bord du gouffre, il danse, fanatique égaré dans les ombres.

Chaque fois il se penche un peu plus, scrutant de plus belle sa pénombre.

Pénombre, ombres et ténèbres, toutes se réunissent pour mieux le séduire.

Mais il résiste, sachant qu’il ne pourra fuir,

Et les ombres se font plus pressantes, plus aguichantes, plus séduisantes,

Au milieu, la fissure du temps, toujours grandissante

Au milieu, le gouffre du temps

Masque vorace et coriace

Mais voilà qu’il se fracasse et vole en éclat.

Ténèbres

Ombre sans lumière, lumière sans ombre,

À fleur d’ombre, à fleur de lumière, la Ténèbre envahit la pénombre.À

Qui es-tu ? Voyageur, que fais-tu ?

Je suis le Voyageur sans Âme et je fuis. Réponds-tu.

Qui fuis-tu ou que fuis-tu ? ‘ Voyageur

Je la fuis, elle. Elle qui habite mon cœur.

Qui est-elle ?

Moi ! La Ténèbre ! hurle-t-elle.

Du fond de mon âme perdue, je la fuis sans relâche.

Jeux de lumière dans l’ombre, jeux d’ombre dans la lumière.

Ainsi naît l’irréel, mariage paradoxal d’ombre et de lumière.

Clarté obscure de la lumière noire, les Ténèbres se terrent,

Tapies dans la lumière, exposées dans les ombres, les Ténèbres s’enterrent

Dévorant les rêves et les cauchemars du Voyageur sans Âme.

Il n’est plus que l’ombre de lui-même,

Cadavre exquis au milieu d’un parterre de flammes.

Car derrière c’est son âme qui chante, chuintante et suintante.

Symphonie discordante de l’être mis en pièce,

Symphonie vibrante de l’âme qui se cherche.

Il se sait bourreau, bourreau de son âme, bourreau de son corps, bourreau de son esprit.

Et tel le bourreau devant la foule, il danse sur les rebords lisses de son esprit.

Son pas s’aiguise, plus précis, jouxtant le bord de l’abîme.

Au fond, son âme hurle, le supplie, le supplicie, le sublime.

Symphonie démente d’un esprit sans corps,

Symphonie hurlante d’un corps sans esprit.

Dans les notes raisonnantes et déchirantes, le Voyageur s’abîme.

Jaillissant de ses peurs, il ne fait plus qu’un avec l’abîme.

Au loin le chant s’élève, un chant céleste, le chant d’une âme unie.

Déchirement

La sens-tu au fond de mon cœur, cette fêlure qui t’adresse,

Derrière un voile de tristesse, ce cri perçant et déchirant,

Ce cri primal et primaire, né du plus profond de ton entraille maîtresse,

Celle qui dicte et qui dirige, celle qui souffre et qui vit, se forgeant

Dans les larmes de ce corps devenu repoussant et de cet esprit si étréci

Une carapace de glace et d’effroi, que tu prends pour un cocon,

Mais qui n’est autre qu’une prison de faux et d’illusions

Alors brise-la, non de ta colère, mais du vrai et du sincère qui gît

Là, tout au fond de toi, enfoui dans la fange du mensonge érigé en dérision

Aide-toi du courage qui est en toi et ne renonces pas

Attrape le miroir brisé et prends en les éclats pour en faire ton ascension

Sens-tu là, tout au fond de toi, cette fêlure devenue déchirure qui prend le pas

Laisses donc éclater ton cœur et les couleurs de la douleur

Contemple les fragments de souffrance et de froideur

Qui, des scories et des cendres de ton passé, en fera ton futur.

Chasseur de Ténèbres, chasseur de Chimères

Chevalier au cœur de fer et de pierre, chasseur de Ténèbres,

Pourquoi t’acharner sur tant de chimères ?

Elles recèlent en leur sein tant de peurs,

Qui sont chacune autant de sources de création.

Le mensonge est destruction, la vérité est création.

Pourquoi parler de mensonges et de vérités, ce ne sont que des peurs.

Les peurs nous interrogent et les peurs se nichent dans les Ténèbres.

Aussi je les traque sans relâche, ni répit, à la recherche de mon repenti,

Mon cœur est de fer et de pierre et je suis un chasseur de Ténèbres,

Un jour je serai chasseur de vérité et mon cœur sera de souffle et de vie. Blanche

Je te vois, là, devant moi, blanche tentatrice

À côté, un petit lumignon déploie sa flamme séductrice.

Blafarde est ma peau, écarlate est mon sang.

Étoile perlée, grise et métallique, cristal enchâssé,

Dans le lointain sourd l’éclat argenté, palpitant et aimant,

Mes yeux t’évitent, mais de mon esprit suintant

S’écoule les larmes amères, tombant à terre,

Comme autant de crocs de vipères.

Blafarde est ma peau, écarlate est mon sang.

Mon esprit t’évite, mais non mes yeux suppliants.

Je te vois là, tu te déploies, telle une fleur vénéneuse,

Révélant tes poisons séduisants de fleur amoureuse.

Blancheur immaculée de la poudre, qui à la saignée du coude,

Viens instiller ses poisons, subtiles toxines empoisonnant mon esprit.

De mes doigts jaillissent une perle de cristal, une perle d’esprit.

Blafarde est ma peau, écarlate est mon sang.

Perle de joie, perle de savoir, perle d’illusion, perle de destruction,

Perle de sang, perle blanche.

Et mon esprit se délite, se déchire, se brise,

Tandis que mon corps se vide sous son emprise.

Le Chevalier fragmenté

Chevalier du chaos errant, zigzaguant,

Ton cœur de broc, de bris, de charbons ardents,

Ton esprit tortueux, noueux, labyrinthe du temps

Ton âme évanescente, éphémère, entre deux os flottants,

Ton corps insaisissable, éthéré, dissimulé dans l’obscure clarté,

C’est une tour argentée, dont la pointe s’en va au firmament.

En son sein, dissimulée par l’immaculée mordorée

Visage énigmatique et sans âge, patiemment,

Elle attend, souvenir à venir, souvenir au passé.

Au loin rougeoie la lumière d’un foyer,

Dissimulée parmi les étoiles où la mémoire se confond.

Mais le foyer est vide, il se morfond.

Qu’attend-il ? Lui-même ne le sais pas, mais en attendant

Un chat couleur de bois, couleur de sous-bois,

L’occupe, emplissant de rire et de joie ce sinistre endroit,

Car au-delà, ronde et gronde l’Ombre dévorant le temps.

La Harpe

Chevalier au cœur de pierre

Chevalier au cœur de fer

Chevalier au cœur d’airain

Chevalier au cœur de satin

Chevalier au cœur de lune

Chevalier au clair de lune

Sabrant, pourfendant, passant de tierce et de quarte, le ciel de ton épée,

Tu pourfends en vain cette ombre qui te dévore.

Ombre voilée qui noircit le ciel de son obscure clarté.

Mais ces coups que tu lui donnes

Sont autant de coups que tu te rends.

Comprenant alors qu’il est temps

Et que tes sens sont abusés, tu prends l’épée

Et la retourne dans ton cœur inanimé.

Cœur de pierre, cœur de fer,

Cœur d’airain, cœur de satin,

Cœur de lune, cœur au clair de lune

De la lame sanglante s’égoutte des larmes d’argent,

Des larmes d’argent qui deviennent autant de diamants

Mais la vie ne fuit pas, car jamais elle ne fut là.

Là-haut, au firmament, sanglotante est l’Ombre

Qui comprendra qu’elle ne peut se fondre que dans les ombres

De son épée, le chevalier forge un nouveau cœur

Un cœur plein de souvenirs et de passions sans ombre

Un cœur au clair de lune sous le regard de ses sœurs

Un cœur qui palpite au rythme de la vie

Un cœur qui vibre sur le fil de l’esprit

Un cœur tel une harpe dont seuls quelques-uns pourront en tirer les harmonies

Notes fabuleuses et harmoniques, notes toniques et vives.

Cœur à l’amer de l’amour

Cœur doucereux et fabuleux

Cœur amoureux et heureux

Cœur amer et tiers

Cœur de lune au clair

Cœur invisible et risible

Cœur timide et splendide

Cœur impérieux et fougueux

Cœur caché et dissimulé

Cœur tendre et d’ambre

Cœur de fer et de pierre

Cœur d’airain et de satin

Cœur cruel et duel

Cœur venteux et aventureux

Quand te dévoileras-tu à la belle ?

Jamais répond-il, ce sera à elle

De lever le voile qui me dissimule

De par des doigts agiles, elle fera vibrer

La toile qui m’agite et me dissimule

Et de ses harmoniques naîtra la vérité.

Maestro

De ses doigts agiles et graciles

Courent incessantes les notes

De ses accords facétieux et gracieux

Jaillissent en tous sens et en tous vents

Des harmoniques anarchiques et labyrinthiques

Mais qui jamais ne déprécie, ni ne vice

Cette musique funeste et céleste

Oscillant sans cesse entre passion et fascination

Trouvant son point d’équilibre entre bas fonds et hauts fonds

Éclate en mille et une nuits ravies

Entre rires et sourires

Étincellent de mille cieux les yeux malicieux

D’un chat dont le rire cristallin et d’airain

Se répercutent depuis les collines jusqu’aux racines

De géants vêtus et chevelus

Arbres couleur bois, couleur de sous-bois.

Le Reflet

Qui es-tu ? Demandé-je

Qui suis-je ? Me réponds-tu

Pourquoi me demandes-tu, qui es-tu ?

Pourquoi réponds-tu, qui suis-je ? Je demande

C’est à toi de me répondre, toi qui es mon reflet

Je regrette, il en est de ton devoir, ô mon reflet

Je ne puis répondre étant ton reflet

Je ne fais que te renvoyer cette sempiternelle question

La réponse appartiendrait-elle à mon reflet ?

Pourquoi, lorsque je te regarde, autant d’interrogations ?

Je ne saurai te répondre, c’est moi qui t’interroge

Et moi qui t’interroge, même si cela déroge

À une règle explicite et implicite que tu te forges.

C’est à toi, toi que tu reflètes dans ce miroir,

De trouver les réponses au fond de ce miroir.

Le Chevalier de l’Ombre

De sa torpeur naît sa peur et sa rancœur

Peur de qui, peur de quoi,

Envers qui, envers quoi

Contre qui, contre quoi retourne-t-il sa rancœur

Il est là, debout, aux abois

Sa main se crispe sur sa garde

Tandis qu’il affermit la prise de son pavois

À travers son heaume d’airain, il souffle une mise en garde.

Mais l’autre demeure impassible, Ombre parmi les ombres

Lui n’a ni peur, ni rancœur, au contraire même

Peur et rancœur sont sa constitution même

Impassible, invisible, Ombre parmi les ombres

Il demeure ainsi, patiemment, que l’autre tombe

Crissement soyeux de l’épée qui se déploie

Frottement satiné du pavois qui se dresse

Chuintement mélodieux de l’armure qui s’avance

L’autre sait ce qui l’attend et s’en délecte déjà

Il pressent la peur et la rancœur, mais déjà les délaisse

Il ne pressent plus, il hume, il savoure, il danse

Danse nocturne, danse écarlate, danse de l’au-delà

L’autre danse de joie à l’approche de sa proie

Il est face à lui-même, face à ce démon grimaçant

Il lève sa flamberge et de son pavois parant

Fends l’air, siffle le tranchant, hurle le soufflant

Se gonfle l’autre, s’étend l’obscur, se pare le dévorant

L’obscurité a chu, les Ténèbres l’ont dévoré

La noirceur habite son cœur, la noirceur abîme son cœur

Il n’est plus que peur et rancœur, crève-cœur et douleur.

Le Marchand de Sable

Marchand de vent, le marchand de sable

S’en va, jetant par poignée le sable

Noir de la folie, s’emparant des hommes

Au cœur d’un sommeil sans réveil

Le marchand de sable répand la folie chez l’Homme

Travaille sans relâche, sans attache, il veille

N’oubliant aucun homme, aucune femme, ni enfant

Il leur donne à tous, ce petit grain cristallin

Qui de part sa noirceur, teinte les songes d’airain

Au lendemain, tous s’éveillent, s’ébrouent, sont enfants

Grands, petits, minuscules, géants, peu importe

Tous sont redevenus enfant, le temps d’un songe

Hélas, au surlendemain, lorsque s’achève le temps du songe

L’appel d’une réalité, par trop parvenue, l’emporte

Et le marchand de sable pleure, il pleure la folie des enfants

Perdue dans un monde devenu trop adulte.

Le Souffle du Marchand de Sable

Vent de folie, vent de rire, vent de bêtise, vent de délire

C’est ce vent que le marchand de sable souffle

Sans dessus dessous, sans dessous dessus

Ainsi se répand la folie du chaos du marchand de sable

Jamais sable, jamais sage,

De sable vêtu et dévêtu, il se promène ainsi

Grimaçant, riant à qui mieux, mieux

Répandant partout où il passe un petit air

De gaieté enchantée et enchanteresse, dans la sécheresse

Des cœurs de ces adultes trop adultes

Rendus secs et décharnés par l’oubli de la magie

Émerveillement des yeux d’un enfant, trop tôt refermé

Le marchand de sable s’efforce d’entrouvrir leurs paupières

Pour que le temps d’un songe, l’enfant s’émerveille.

Le Chevalier des Dragons

Singulier chevalier que voilà avec son heaume à deux faces

Mais à y regarder de plus près, c’est un chevalier double

Que vous le regardiez d’un côté ou de l’autre, il fait toujours face

Quel est donc ce secret qu’il dissimule, serait-ce un cœur trouble ?

Sans doute, car jamais il n’ôte son heaume

En quelques occasions que ce soit, il demeure ainsi

Impie crierons les uns, imposteur crieront les autres, c’est ainsi

Oh bien sûr que si, il est des temps et de lieux où il se défait de son heaume

Mais c’est toujours dans la solitude de son donjon

Là, bien retranché derrière son cœur amer, face au miroir

Il peut se regarder, non s’admirer, et affronter le dragon

Ou plutôt les dragons, dragons jumeaux, qui ne veulent se voir

L’un est vide et ne cherche qu’à vampiriser l’autre

L’autre empli d’émotions et de passion ne cherche qu’à l’offrir à l’un

Mais comment combler le tonneau des Danaïdes d’un Amour infini de l’autre

Le chevalier a trouvé un moyen,

Oh juste un petit rien

Aveuglé, il est entré là où nul des dragons ne s’en est jamais allé

Un secret bien gardé au cœur de son donjon

Ôtant son heaume obscurcissant, c’est un jeu de miroir brisé

Qui se dévoile sous les yeux des dragons affolés

À l’infini se propagent leurs reflets, comme autant d’éclats d’eux-mêmes

Brisant leurs carcans mutuels, les dragons brisent leurs chaînes

Trop longtemps portés et au lieu de s’affronter

S’envolent par-delà les cieux pour s’enrouler autour d’un chêne

Autour du chevalier, les miroirs se brisent

Dans ses mains, son heaume devient poussière

Puis les voix des dragons s’unissent, soufflant une bise

Brûlante et glacée sur les joues d’un chevalier devenu fier

Dans sa main, un pendentif, un dragon uni

Ouroboros.

Le Chevalier Cent Peurs

Chevalier étrange aux mille complexes

Tu marches sans fin sur ce chemin

Dédale fantastique et onirique

Ne fuirais-tu pas ta véritable nature

Être dual, là n’est point ta malédiction

De ces mille facettes qui te reflètent

S’éparpillent mille et un fragments de ton être

Qui comme autant d’imagos te renvoient leurs échos

Rassemble tes errements, tes ornements, tes égarements

Rassemble tes souvenirs et sers-toi de ton ire

De ta colère jaillira une nouvelle ère

Il n’appartient qu’à toi de pourfendre ta peur

Car ce qui se cache derrière

N’est que question sans réponse à sa dernière heure.

Les Chevaliers Gémeaux

Il est là, une bulle de sang

Perle à la commissure de ses lèvres entrouvertes

Dans sa main brisée gît une épée à la pointe ébréchée

Sur sa poitrine s’étale pourpre et écarlate

Ce qu’il reste de son âme aujourd’hui enfouie

De la hampe brisée s’enfuit une vie brisée

S’écoule alors sur la neige immaculée, le souffle gelé

D’un être désormais apaisé et complet

Étrange chevalier que voici, car après avoir occis

Le voici qui s’agenouille sur la dépouille

Et ayant ôté le heaume de ce jumeau

Le voici qui murmure au travers de son armure

Mais la réponse ne vint pas et ce fut en vain

Que le chevalier se pencha tandis que le transperça

L’épée dans la main brisée du chevalier

Ô mon frère pourquoi ce geste funeste

Seul tu ne pourrais porter le poids d’une nouvelle foi

Foi renouvelée, foi retrouvée

Tu as besoin de moi comme j’ai besoin de toi

De nos sangs mêlés, tel un Phœnix ressuscité

Renaîtra l’être qui un jour se brisa

Je suis le corps, tu es l’esprit, de nous

Émergera cette âme à nouveau réunie.

La mort du Chevalier

Vaste plaine désolée, que ce cœur aigri et meurtri

Champ de ruine, que cet esprit brisé et morcelé

Désert de sang, que ce corps gisant et sanglant

À son côté s’écrase une épée avide et meurtrière

Épée vampire et sadique, assoiffée d’âmes

Cependant que le gisant rend son souffle

Une énergie démente l’agite et l’excite

Fissurant, fendant l’épée depuis la pointe jusqu’à sa garde

Mais ce ne sont ni un son, ni un bruit, mais un cri qui en jaillit

Cri primal et primaire, cri d’en dessous et d’en deçà

Cri d’en haut et d’en bas, cri de delà et de l’au-delà

C’est un appel vers les Ténèbres célestes

Là, où réside au firmament, dans la Tour d’Argent

Celle par qui tu te transcenderas, achevant l’enfantement.

Les Mots

Les mots sont là, dans le creux de ma main

Attendant que je leur insuffle la vie

Couleurs de l’infini, couleurs des bruits

Ils se parent de mille draperies, tandis

Qu’accordant leurs rêveries, l’orchestre

Prépare l’accord magique qui leur ouvrira

Les portes funestes d’un paradis terrestre

Mots déchaînés, mots enchaînés

Triste sort que d’être arraché à son monde onirique

Pour chanter les louanges et les splendeurs

D’un temps trop vite disparu

Ils sont libres à présent, enchâssés dans la feuille

Ils s’envolent par-delà l’espace et le temps

Pour peupler d’autres rêves en d’autres temps.

La Dame d’Argent

Là, solitaire dans sa tour d’argent, elle n’attend plus

Porté aux nues par un combat sans fin

Elle étend sa main par-delà la voûte sans fin

Et le cri se répercute, sauvage et ténu

Murmure de détresse, murmure de tendresse

Il n’est nulle traîtrise, ni maîtrise

De ce cri sincère et intègre

Elle s’en empare, le saisit, le cajole, puis s’envole

Remontant l’écho chenu

Étoile filant le cours du temps

Elle arrive aux pieds du gisant

Fleurs écarlates dans un cœur de glace

Les chevaliers reposent enlacés, leurs épées brisées à leur côté

De ses doigts, elle effleure le cercueil glacé

Traçant en son sein son dessein

Qu’à nul autre pareil, elle ne peut connaître la fin

Dans leur gisant, les deux corps s’animent et s’enveniment

Danse macabre et infernale, les deux chevaliers s’agitent

Mais nulle surprise ne se lit dans les yeux d’azur

Poursuivant son dessin, elle les effleure

Se dressant alors comme un seul homme

Ils se mettent à perdre de leur substance mais non leur élégance

Maintenant tourbillonnant, ils l’enveloppent

La couvrant de mille baisers volés

Et de caresses tout aussi osées

Sont-ils un, sont-ils deux ? Elle ne peut le dire

Cependant qu’un visage apparaît, tantôt vilain, tantôt serein

Mais dépourvu d’émotions et de pulsions

S’approchant de ce visage flottant dans le tourbillon

De ses mains délicates, elle en dessine le contour

S’apaise alors le flot déchaîné et éthéré

De ses lèvres pourprées, elle embrasse alors le visage apaisé

Lui offrant sentiments et émotions oubliés.

Mirabilis

Beauté à nul autre pareil

Au cœur de tes rêves, des merveilles

Dissimulées dans un écrin de peur

Un cœur se niche au milieu d’un chœur

Chœur de louanges et de souffrances

Ce n’est pas en vain que tout prend sens

Car où s’insinue la noirceur d’un sentiment inconnu

La chaleur d’un imaginaire à peine retenu

S’échappe tels les courants oniriques d’un rêve

A jamais prisonnier d’une âme apeurée

Mais l’éternité n’est que chimère enchaînée

Il n’apparient qu’à toi de la libérer.

Les Héros

Comme les mousquetaires nous sommes quatre entremetteurs

Nous sommes quatre et plus que cela à la fois

Un rêveur, un chasseur, un sans-cœur, un rieur

Sans ordre ni retenu, en désordre à chaque fois

Tous ensembles chœur dans un cœur

Nous rêvons, nous chassons, nous questionnons, nous rions

D’une seule voix, nous parlons, nous crions, nous hurlons

Voix unique, voix runique, voix tonique, voix torique

Unies nos voix se mélangent

Unies nos pensées dérangent

Poil à gratter d’une pensée trop souvent jouée

Nous nous jouons de tout et de rien

Je me joue de rien et de tout.

La Tisseuse de Rêves

Entre ces doigts agiles, s’agite le fil,

Qui, de fil en aiguille, file le fil

De tes pensées cachées, puis dévoilées,

Qui de par la toile tissée, puis brodée

Par une aiguille un peu folle, où passe

Un fil de soie féerique, où se marie un soupçon d’onirisme

Passant, chevauchant, galopant sur la pointe d’un isthme

Le rêve prend forme, tandis que l’aiguille passe

Insufflant la vie dans la mer brute des pensées

D’où jaillit alors, en un flot insensé, un rêve inanimé

Mais sous l’effleurement de tes doigts graciles

Celui-ci s’éveille et s’élève, le temps d’un battement de cil.

La Pierre de l’Imaginaire

Ce que tu caches au fond de ton cœur

Un imaginaire à nul autre pareil

Empli de monts et de merveilles

Dissimulé dans un écrin de douceur

Joyau de beauté et de vérité

Il te faut le veiller et le partager

D’une sincérité feinte, au sein de laquelle

Se dissimule un mensonge paré de beaux et de belles

Îlot de pureté et de tendresse

Ce lieu n’a qu’une maîtresse

Gardienne farouche aux yeux d’azur

Elle tisse ses toiles entre ces murs

De ses mains et de ses doigts s’affolent

Mille toiles en folie, attrapant en plein vol

Les innombrables rêves et cauchemars

Qui peuplent les nuits d’Ulmar

De ce matériau brut naîtra en ces lieux

Mille et une splendeurs célestes à nos yeux.

L’angoisse

Pris dans le tourment, le gréement gémit

Fragile assemblage hétéroclite de bois et de fer

Au centre d’une tempête démentielle, le vent mugit

Et c’est en vain, que tu attends que les éléments s’apaisent

Mais le grain n’est jamais loin, un grain d’enfer

Chaos au milieu d’un maelström trop à son aise

Celui-ci ne voit rien et c’est en vain qu’il se débat

Au milieu, le radeau poursuit sa route de son pas

Si tranquille et si vif, si heureux et si malicieux

L’îlot n’est plus très loin, le vent tourne sur lui, furieux

Où se cache donc ce grain, si vain et libertin

Minuscule folie ravageuse et houleuse

Qui d’un souffle défait un tempête odieuse

Rivage de bois et de sable, serait-ce le lieu certain

Tout autour ce ne sont que hurlements et déchirements

Mais ici tout n’est qu’apaisement et recueillement.

Le Rire du Temps

Le sablier gît briser, débris de verre et de temps

Il est temps, il reste tant de chose à faire et en même temps

Que s’éparpillent les cendres d’un temps révolu

Consommés, consumés, les grains s’égaillent invaincus

Semant à tous les vents les promesses joyeuses

D’une renaissance sans cesse heureuse

De ces bris de verre dispersés, la connaissance s’envole

De ces grains de temps fracassés, un corps s’assemble

Mais il ne s’anime, ni ne s’abîme

Triste est le destin de ce pantin dont la vie est cachée dans un abyme

Que ne s’élève alors du gouffre sans fin

Cette petite ritournelle perçue au bout du chemin

Et tandis que prend forme l’esprit, forme inaccompli

Forme inassouvie d’une vie prisonnière d’un puits

Il s’insinue à travers les bris de verre, croisant le fer

Contre une ombre abjecte, qui ne cesse d’avoir l’air

Toujours plus précieuse et capricieuse, séductrice et tentatrice

Mais au fond des abysses s’élèvent désormais le rire du vice

Et c’est ce rire qui détourne l’ombre de sa psyché

Vif et chaotique, s’infiltre l’esprit, chantant, sifflant, riant à gorge déployée

C’est avec entrain, sans exactitude, ni vicissitude

Que d’un bond, il élude la question et du fond de sa solitude

La vie bondit et rebondit contre ce corps trop empressé

Mais du fond du puits c’est un rire qui jaillit, à jamais inégalé.

Folie du Rire ou Rire de la Folie

Grain de vie, grain de rire

Il n’est nulle autre folie que celle du sage qui se sait fou

Tel le génie, qui de son piédestal, voit le monde gésir

Le grain s’installe au sommet contrefait en garde-fou

D’un esprit dont la folie évoque la vie

Mais quel est donc ce grain de rire face à ce grain de folie

Qui du haut de la tour se regardent, tels deux chiens de faïence figés par le temps

Rire et folie se toisent, se regardent, s’observent, acerbe, critique, acide, s’inspirent

Aucun des deux ne cède, mais de petites rides se font jour le temps d’un rire

Doux et candide, du jour et de velours, de soie et d’argent

Satiné, lissé, le rire plie tandis que la folie jouit

Mais, soudain, comme au détour d’un lieu commun

La folie explose de rire et le rire devient folie

Basculant par-delà le garde-fou, le grain fou

S’en va dévalant le sommet, le long d’une pente sans fin

Répandant dans l’écho vallonné d’une vallée ensablée

Un rire fou, un rire chaud, un rire endiablé, un rire effréné

Fou désincarné, fou sans retour, ni détours

Le grain bascule, bouscule une vie convenue sans atours, ni humour

Une vie jusque-là atone et monotone, morne et uniforme

Sans saveurs, ni flaveurs, sans émotions, ni obsessions

Insaisissable, indomptable, inaltérable, informe

Ainsi est le rire, ainsi est la folie de ce grain plein de pulsions

Grain du temps, folie des temps

Aux confins d’un esprit avide et d’un corps vide de tout temps

Qui se dépêche désormais d’attraper à la volée ce petit grain de rien

Qui au détour du chemin, s’en est allé hanter ce grand corps malade du rien.

Les Mots guerriers

Cocon fragile que sont mes doigts malhabiles

S’agitent et s’agrippent de toutes leurs pattes agiles

Petites fourmis graciles, voyelles et consonnes qui de leur élan

Naîtra le mot, quand s’ouvrira la chrysalide du temps

Éphémères, vous vous envolez sitôt la brise levée

En colère, vous grondez sitôt la tempête levée

Telle une armée au clairon du saigneur

Vous vous soulevez prêt à guerroyer au sein d’un chœur

Enlevé, empesé, effarouché, tremblez devant leur avancée

Renversant, détruisant, saccageant les peines injustifiées

Dévastées par le remord, rongées par la culpabilité

Vous élevez, au-delà de toutes choses meurtries,

Les espoirs engloutis d’un rêve autrefois anéanti.

Le Cœur de Miss Orchidée

Sombre fleur vénéneuse à la beauté ravageuse

Orchidée fatale qui dissimule sous un voile spectral

Une noirceur intérieure au charme dévastateur

Que ne puis-je d’un souffle, balayer ces soupçons ?

Ôte tes poisons, désarmes tes hameçons

De la pointe délicate d’un doigt resquilleur

Feignant de-ci de-là, de se confondre dans l’immensité fractale

Pour mieux te surprendre et te séduire, ô fleur soyeuse

Toi qui de par les ombres obombre tes prunelles chassieuses

Que ne puis-je effleurer cette sensualité suave et sauvage ?

Portée, ourlée par le lit d’une rivière de sourires

Dans laquelle s’abîment les yeux d’un regard sans nuage

Emportés par le flot d’une douceur colorée, teintée de rire,

Où s’épanouit les joies d’une douceur pleine de splendeurs

Dissimulées dans une soie ombrée et chamoisée aux couleurs

D’une passion soyeuse et généreuse dont les pétales s’épanouissent

Avec lenteur et langueur, avec candeur et pudeur.

Évitant le puits dévoreur empli de flammes ogresses qui se hissent

Avide, cupide, vorace, loquace, séductrice et tentatrice

Qui consume les âmes des amants perdus par le temps.

L’Amour

Çà et là dans un champ que nul labour n’a encore retourné

Une graine entourée de mille autres attend la rosée

Graine fragile et gracile qui de mille soins aura besoin

Pour grandir et s’épanouir, pour enfin fleurir au creux de ma main

Mais garde-toi bien du feu de la passion qui dévaste

Et gardes auprès de toi ce fanal de lumière infiniment vaste

Car c’est au travers de son exploration que tu pourras connaître

Te connaître et la connaître, l’entendre et la reconnaître

Graine perdue au milieu du champ, tu chantes une douce mélodie

Dissimulée par les voix de mille sirènes, enhardies

Par la vue d’une proie facile et candide

Il ne tient qu’à toi de la retrouver avant qu’elle ne disparaisse dans le vide

Pour autant, même ce faisant, prends garde à ne point la lasser

Car alors elle se flétrira et dépérira laissant ton cœur blessé.

Reflets étoilés

Au détour d’un miroir, j’aperçois une forme noire

Est-ce le reflet d’une vanité ou d’une antique beauté ?

Je ne le sais point, l’ombre fut si fugitive, que ma curiosité

Attisée par un feu inconnu, attirée par cette forme entraperçue dans le soir

Qui s’en est allé, se dévorant elle-même à la poursuite d’une chimère

Mais en est-ce vraiment une, ce que j’ai vu ne cesse de m’intriguer et de dévorer ma chair

N’écoutant que mon cœur, je m’élance à sa poursuite

Bravant les lois et les interdits, les traditions et les tabous sans suite

Mais ce n’est pas une forme noire que je vois dans le miroir

C’est une explosion de couleurs chatoyantes et enivrantes

Qui tel un arc-en-ciel flamboyant laisse sa traîne dans le soir

Semant çà et là, dans chaque coin et recoin, des perles brillantes

De mille et un feux lumineux, traçant le chemin dans le lointain

Qui s’évanouit à l’horizon, où attend d’un sourire mutin

L’étoile mordorée qui a traversé la cité

Un Voyageur dans les Ombres

Cœur sombre dévoré par les ombres

Dissimulés parmi les ténèbres, les démons se repaissent

D’un être perdu dans les ténèbres d’une cité d’Ombre

Être égaré par sa curiosité, mais aussi par son passé sans cesse

Ressassé, oublié, dévoilé, remisé, travaillé et enfin accepté

Car le passé ne doit pas entraver la recherche d’un présent libéré

Des chaînes d’une culpabilité mal acceptée

Car de cette acceptation naît la compréhension et la compassion

Le Jardin du Secret

Pareil à la fleur d’or dans le jardin des calices

L’orchidée alanguie est dans un jardin des délices

Dissimulée au milieu des fleurs de lys, elle ne se laisse point découvrir

C’est en vain que l’on chercherait, c’est en vain que l’on trouverait

Seulement un bosquet ou un massif à conquérir

Mais cela n’est qu’un leurre, destiné à tromper le lanceur de rets

Car ce n’est ni par la force ou la contrainte que se dévoile

La belle alanguie, couchée au milieu d’un bouquet de lys

Mais c’est mû par la sincérité et l’affection, qu’elle acceptera de lever le voile

Pour autant elle reste fragile comme une fleur qui bruisse

Et c’est par les mots et le cœur, par les mots du cœur

Qu’elle sera préservée et protégée dans un bouquet de lys

Au-dessus d’elle, un phœnix, le veilleur

La faiseuse de rêves

Dans le jardin caché se dissimule Miss Orchidée

Dans ses mains de satin, elle tient des rets et des traits

Des rets et traits de lumière aux reflets mordorés

À l’aide de ses rets, elle défend le jardin secret

De ses traits, pour le moment, rien, elle attend tout simplement

Patiente, elle a tout son temps, car ici le temps se suspend

Autour d’elle des textes et des cartes, des toiles et des voiles

Autour d’elle des pendules et un hibou qui hulule

Parfois prenant les cartes, parfois prenant le pendule

Elle insuffle en des rêves inconnus un nouveau voile

Mais un voile paradoxal qui se tend pareil à une toile

Une toile onirique, que le peintre rêveur pourra habiller d’une splendeur renaissante

Multiple de l’Unique

Nous voici à l’Aube du Dernier Jour,

À moins que ce soit le couchant du dernier jour

Comment savoir, car si le temps s’écoule, s’il coule ?

Nous ne savons dans quel sens et à moins que tout s’écroule

Il nous est impossible de nous réduire ainsi

Et de toute façon quelle importance cela aurait-il aussi ?

Importance ou incidence, attention chaque mot à son sens

À chaque sens son mot et à chaque mot son sens

Ne serait-ce pas finalement une renaissance ?

À moins que cela ne soit une résurrection,

Voire, voire une métamorphose de l’insurrection

Nous étions un, nous étions deux, nous étions quatre, attention !

Oui, attention ! Nous ne sommes plus qu’un

Ou sommes-nous toujours quatre dans l’un

À moins, à moins que nous ne soyons que deux en un ?

Poésie des Cordes

Sculptant la chair, le poète des cordes achève

Nouant des airs, le poète des cordes transgresse

Au loin le poète des mots s’imprègne et observe

À ce point le poète des mots avoue sa faiblesse et confesse

Et le poète des cordes, toujours, progresse

De nœuds en nœuds, le poète des mots sent la corde rêche

Son corps se tord, son corps ressort, son corps devient accord

Harmonie des corps, harmonie des morts

Le poète des mots est mort, aux pieds du poète des cordes

Le poète est mort, mais non le corps entouré de cordes

Alors dans un jeu délicieux et noueux, le corps s’anime

L’esprit subit et se marrie avec ce corps tortueux et vertueux, où s’exprime

Non plus des mots, non plus des sensations, non plus des émotions

Mais des chimères et des rêves, mariage impossible du verbe et de l’être.

Poésie de l’âme

Poésie de vie et de mort, poésie du présent et de l’avenir

Ainsi s’exprime le défunt poète des mots

Poésie de chairs et de l’âtre, poésie de l’esprit et du drame

Ainsi s’exprime le poète de l’âme

Nouant les fils de la vie, resserrant les filins de mort, affranchissant les plaisirs

Ainsi s’exprime le poète des cordes qui guide vers son avenir

Le poète de l’âme, libéré de ses maux et de ses faux

Prenant les nœuds, tranchant les fils d’une écriture mal finie

Ainsi explore le poète de l’âme l’infini de la vie

Ainsi plonge le poète de l’âme dans l’infini de l’esprit

De l’infini, alors jaillit la folie et le chaos anarchique des mots

Des mots libérés, des mots qui ont goûté la Liberté

Dans le flot infini d’un esprit qui sait que libre n’est pas un vain mot

Car désormais, c’est ainsi que s’exprime le poète de l’âme déchaînée.

Poésie des Corps

Corps alangui de la belle, où se lit plaisir et esprit

Corps de chandelle sculptée dans la chair, où se nourrit

Un être de cire et de rire, charnel et pulsionnel, ainsi se lie

Cet être temporel et fusionnel, enchâssé dans le cristal d’un gris

Où se repose en son sein la promesse d’un avenir plein de vie

Une vie emplie de vice, mais non de vicissitudes

Une vie comblée d’interstices, mais non d’incertitudes

Où se mêle et s’entremêle les cordes d’un destin sans dessein

Où se croise et s’entrecroise les fils d’un dessin sans fin

Esprit hanté et libéré, encordé et entravé, d’où naît la liberté

Esprit animé et révélé, enchâssé et enfermé, d’où éclos une beauté

Liberté

Corps en suspension, esprit en lévitation

Pris entre deux eaux, l’âme est une hésitation

Ce ne sont ni pulsions, ni impulsions

Qui de concert avancent sans aucune direction

Chemin du hasard et route du chaos sont la condition

Non d’une naissance ou d’une mort, mais d’une résurrection

Là où il n’est nulle vengeance ou engeance infamante

Là où s’abandonnent les extrêmes dominants et les idées violentes

Là où ne vit nulle infamie ou furie cinglante et sanglante

Là où ordre et chaos s’épanouissent dans une danse vivante

Là où les temps se heurtent et se suspendent comme deux amantes

Là où règne en égérie la folie envoûtante et aimante.

La Cathédrale

Être bicéphale devenu acéphale, à la croisée du dédale

Emprunte le chemin sans crainte, à la poursuite de ton destin

Sans début, ni fin, à la croisée des chemins

Choisis et poursuis ta destinée, dans le dédale de ton mental

Au gré des allées, au gré des envolées, esquisses en la fin

Peint la destinée qui est la tienne et explore le dédale sans âme

Traces en les routes et les angles, car c’est toi qui insuffles l’âme

Alors jaillira la cathédrale, édifice de métal et de cristal

Cet édifice magistral qui protégera et non enfermera ce grain infernal

Ce grain qui sème la joie et le rire, les sourires et les soupirs

Ce grain chaleureux et bienheureux qui distille ses rires

Ce grain qui fera de toi tien, uni et réuni jusqu’à la fin.

Élévation

Cathédrale de verre et d’intérieur

De l’extérieur vers la singularité

Explore les voies multiples de l’infinité

Où s’entrecroisent vanités, fatuités et autres vacuités

Dissimulées pour l’heure sous une voile d’ombre et de peurs

Compte tes rancœurs et tes culpabilités qui te rongent

Que des avatars de la vérité, de toi, s’échappent dans les songes

Car dans ton illusion de bonheur, tu te refuses à l’antérieur

Qui te permettrai de réparer tes erreurs

Et de passer d’une obscurité lumineuse

À une luminosité ombrageuse

Élevée alors dans la rugosité de ton cœur

Grandira alors la cathédrale, que tu empliras de mots

Des mots en pleurs, des mots rieurs, des mots de cœur

Des mots qui soigneront, panserons et guérirons tes maux.

In Inferno Veritas

Au paradis, tout n’est que songes et illusions

En enfer, tout n’est que promesses et sagesses

Au paradis, ce ne sont que tromperies et vilenies

En enfer, ce ne sont que beautés et vérités

Au paradis, tout n’est que factice, pour mieux dissimuler

Un mensonge éhonté et magnifié, travesti par sa propre envie

En enfer, il n’est nulle culpabilité, juste une image reflétée

Un corps, un esprit, prit dans le miroir des Âmes

Confrontation de soi, construction de l’Âme

L’enfer n’est pas pavé de bonnes intentions

L’enfer est intention, tandis que le paradis n’est que tentation.

Le Marionnettiste

Qui est-il, où est-il, cet être subtil qui tire les fils ?

Partout et nulle part à la fois, au milieu d’un champ de pistils

Jamais quand on le souhaite, toujours quand on ne le souhaite pas

Il est là, grondant, grimaçant, accompagnant ses pas

D’un concert de menaces et de fracas derrière un cœur d’angoisse

Qui n’est autre que notre propre cœur frappé de terreur,

Par un poing de glace et de fureur

Mais qui donc, qui est donc ce il, qui se rit et se joue de nos il ?

Lui, il est le marionnettiste, celui qui tire les fils de nos vies

Tapi très profond, là-bas au loin, au fond des bois

Où le lit d’ombres et de pénombres, le dissimule dans les limbes de l’esprit

À la lisière de la conscience, là où cède le réel devant le rêve qui devient foi

Mais passe cette frontière et alors tu le découvriras, là, dépourvu de prestance

Grotesque et aviné, empli de suffisance et d’arrogance

Corrompu par l’insuffisance et la lâcheté à ne pas te regarder dans le miroir

Un miroir poli et sans faille, un miroir qui ne dit que la vérité

Reçois, accepte, assimile, fais de toi le marionnettiste

Le marionnettiste qui deviendra architecte et artiste de ta vie.

La Marionnette

Depuis l’infini de la sphère des rêves, il tire les fils

Depuis le fini de la sphère du réel, tu te croies libre

Mais tout cela ne reste qu’un leurre stérile,

Tant que tu n’auras pas accompli le grand œuvre, celui qui, ivre

De curiosité et d’une rage intérieure bouillonnante, te livrera

Au seul juge et bourreau qui soit, celui qui, dans le miroir, verra

Ne le reconnais-tu pas, crois-tu perdre la raison ?

Et pourtant, maintenant, trois voies s’ouvrent à toi, là-bas à l’horizon

Fais donc t’en demi-tour et retourne-t’en à l’illusion,

Enfonce-toi encore un peu plus et devient prisonnier de ta raison

Traverses le miroir et fais voler en éclat tes certitudes

Contemple les vallées d’ombres, finitude du reflet du mont de lumière de l’infinitude

Ne vois-tu pas dans ses rets de lumière, scintiller les fils

Et au-delà de l’horizon, de ce que tu appelles raison, ne le vois-tu pas ?

Celui qui tire tes fils, le Marionnettiste, mais tu ne t’approches pas

Aurais-tu peur de l’inconnu, au point de t’interdire sa vue

Soit, le choix s’offre à toi, mais ne reste pas abattu.

Le Vampire onirique

Ni immortel, ni irrationnel, mais réel, de chair et de sang

Tel est le vampire onirique, maître de son univers chimérique

Il se tient parmi vous, parmi nous, nulle part et partout à la fois

Observateur malgré lui d’une faune bigarrée

Il se nourrit des rêves et des pensées, et non de chair et de sang

De là, il puise la matière avec laquelle il crée ses êtres oniriques

Mais ce faisant, il n’affaiblit, ni ne maudit celui qui lui les offre, par choix ou non choix

Cependant, comme dans tout pacte, il existe un prix à payer

Ni supérieur, ni meilleur, le vampire onirique est seul

Car en changeant son regard, en ayant le pouvoir de voir l’au-delà

Il voit des choses, trop de choses, les émotions et les sensations

Maîtresses esclavagistes d’un être qui se pense libre

Désormais c’est sans tristesse, ni joie qu’il arpente la sphère du réel

Qu’il lance ses rets de lumière et d’ombre pour saisir ces mots en ion

Un peu amer parfois, il se questionne et se demande parfois

Vaut-il mieux la douce laideur illusionnée d’un mensonge ivre

Ou l’inconfortable mais véritable et sincère vérité de l’idéel

Devenant misanthrope malgré lui, il s’exclue de lui-même

Amusé ou désabusé par ses semblables qu’il lit à livre ouvert

Il se laisse aller à capter les vibrations des cordes du monde

À la recherche de la muse qui fera vibrer les siennes.

La malédiction

Affliction ou génuflexion, regard de ciel, regard de terre

Le regard doit-il chaque fois se changer en fiel et en fer

Chaque fois que croise la laideur et la vilenie de l’hypocrisie

Chaque fois que s’amoncelle les nausées brumeuses du mensonge

Changement de perception, changement d’émotion à travers le voile des songes

Changement de regard, changement de cap grâce à la boussole de la vie

Bouleversement du corps et de l’esprit, bouleversement de l’âme qui mûrit

Mais l’odyssée n’est pas de tout repos et lorsque ce n’est pas l’Ombre

Qui du néant surgit, c’est l’âme qui l’appelle depuis la forêt de pénombre

Est-ce une malédiction, est-ce une bénédiction ?

Sans doute un peu des deux, encore une fois la réponse est dans l’inflexion

Mariage des contraires et des contraintes, jusqu’au point d’ignition,

Qui lorsqu’il sera atteint, embrasera l’âme jusqu’à l’intention.

Le Mensonge

Poison insidieux et radieux, poison doucereux et savoureux

Dague incisive et permissive, dague émotive et votive

Ourlé de velours satiné, bordé d’un jour enivré

Plongeant ses racines dans un cœur à vif

Où il distille et instille langoureusement ses venins amoureux

Trompant l’essence, trompant le corps, trompant l’esprit devenu ivre

Qui se coulant dans un lit d’illusions sucrées et aimées

Ne cesse de livrer l’être à ce bourreau si inventif

Effeuillant délicatement, presque amoureusement l’esprit jusqu’au creux

Et là se fait alors vulgaire et la dague devient poignard

Et se dévoile ainsi le visage de cet instrument trompeur

Trop tard, il te tient au creux de sa main, toi l’être hagard

Le mensonge est à l’œuvre et te dévore de l’intérieur

De soie et de lin, il tisse sa toile vénale qui enserre à chaque fois

Un peu plus le cœur, jusqu’à en expurger l’âme

Savourant ignominieusement, jusqu’au dernier grain de folie

Mais lorsque s’effondre l’enveloppe et que l’être devient infâme

Alors le mensonge devient une profession de foi

Marquant de son sceau infernal, le corps désuni et avili

Cependant rien n’est définitif, car derrière cette fange pleine d’ignominies

Se dissimule une vérité meurtrie, meurtrie mais patiente

Un être qui sait, que nulle n’attente n’est en vain

Si l’esprit ainsi enchaîné et enseveli sous ses propres poisons

Plonge toujours plus profond dans la bolge, jusqu’à en toucher le fond

Là où se découvre la croisée des chemins de la dissension

Là où volonté et curiosité se fondent en le courage de demain

Là où ployant sous la masse des temps, l’esprit se fragmente

Puis explose en mille autres lieux, libérant l’authentique

Devant le miroir des âmes, porte d’un monde antique.

Un Rire

Sourire moqueur et yeux enjôleurs

Sourire narquois et regard de guingois

Tête à l’envers, membres à l’endroit

Corps de derrière et esprit rieur

Bondissant de branches, en accrobranches, en ptérobranches

Tordant en dépit du bon sens la logique unique

Et tant pis pour l’esprit chagrin, qui au petit matin flanche

Car de la pointe au bout de la queue, accompagné de ce petit hic

C’est en cascade que le rire ruisselle et se répand

Dansant joyeusement au milieu des étincelles

Qui jaillissent de ses facéties et de ses pitreries à tous les temps

Octroyant, à quiconque l’invite, ce petit bout de rien, qui fait la vie belle.

Le Cœur Imaginaire

D’aussi loin que résonne l’âme, l’esprit sera toujours là

Voyageant et voyant entre deux plans, se riant des convenances

Libérant le corps et libéré du corps, il attend ici-bas

Que se déploient de nouveaux les ailes, qui l’emmèneront de l’insouciance

Vers la conscience de cet autre infini, que d’aucun appelle Imaginaire

Appel imaginaire, appel de l’imaginaire, là où s’entrechoque les contraires

D’où émerge depuis le gouffre, sans limite, des repères perdus

Un regard malicieux et merveilleux, un regard plein de vertu

Celui qui te fera voir, même au cœur du pire des désastres

L’étincelle de joie qui te comblera et qui t’élèvera dans les astres

La flamme de vie qui jamais ne s’éteindra et qui sera à jamais

Le fanal par lequel tu guideras celle qui t’approchera dans ton cœur

Où s’ouvriront alors les portes de l’antichambre d’un palais

Qui recèle en son sein les caresses et les promesses d’un bonheur.

Une âme perdue

Dans un jardin de délices, où se mêlent corolles et calices

Perdu entre les deux côtés du miroir des âmes

Allant et venant, observateur et spectateur, des prémisses

De la germination de ces graines de folie d’âmes

Semées çà et là, au gré des vents et des envies, au milieu du chaos et de la confusion

Qui règnent en ces contrées si douces et si apaisées, telles des majestés

Veillant sur cet être seul et un peu perdu, qui compose ses vers dans l’intention

De les offrir un jour à sa muse, jeune femme au cœur pur et apaisé

Qui l’aura accompagné, par-delà cet étrange miroir fait des reflets éthérés

Des contrées imaginaires, qui libèrent les corps et les esprits

Des chaînes d’une réalité, entravée par l’obsession de sa propre vanité.

L’enchanteresse

Là dans les bois, sous la ramure d’un chêne millénaire

L’enchanteresse, éphémère et singulière, terrestre et primaire

Retirée d’entre tous, elle avance, foulant de ses pas cette terre

Encore vierge des souillures des illusions et des faussaires

Sous ses pas, fleurissent les graines en germe, d’une poésie

Douce et éthérée qui n’attend que la rosée d’un esprit

Sincère et empli des mystères d’une joie, qu’un grain de folie

Un jour découvert dans une clairière d’octavies, aura ravi

Mais alors que porte le courant d’une rumeur d’une venue

L’enchanteresse se terre, se parant de la ramure d’une verdure abattue

Disparaissant et se fondant alors dans les écorces de son chêne ventru

Alors l’étranger se pose dans sa clairière et pose devant lui une harpe écrue

Dont les notes raisonnantes louent la beauté et la présence cachée de l’enchanteresse.

Un Chant de Cristal

Encerclant le chêne centenaire de la clairière, une rivière

Rivière de cristal aux éclats de métal, gardienne d’une lame

Acérée et empoisonnée. Mais il ne faut pas y voir nul méfait

Car cette lame gardienne est le rempart de l’âme de l’enchanteresse

Blessée et terrassée, à l’abri dans l’écorce du chêne centenaire

L’enchanteresse contemple son cœur meurtri par l’infâme

Dans la clairière, l’étranger est toujours là, façonnant des raies

Il a vu la rivière et a plongé son regard dans le cristal empli de sagesse

Mais il ne franchira pas la rivière, il ne violera pas le sanctuaire

Reculant et prenant sa harpe, il en tire des accords poétiques et mélancoliques

Pressentant la présence de l’enchanteresse, il professe

Non sa foi ou sa voix, mais lui-même, mise à nu de l’âme et de l’être

Il raconte ses fêlures, ses brisures, ses joies et ses bonheurs sur un air

Parfois cohérent, souvent chaotique, parfois réaliste, souvent onirique

Mais tout cela n’est qu’apparence, car c’est la vérité qui émerge sans cesse.

La Clairière des Louanges

Dans cette clairière éternelle, où coule une rivière de cristal

Ceignant de sa lame, un chêne automnal protégeant l’âme

De l’enchanteresse, abritée derrière sa carapace de liège et de chêne

L’étranger a planté sa harpe autour de laquelle jaillit

Pareil à des bouquets de rose, la prose de ses vers enfuis

De son instrument, dont il pince les cordes en des harmoniques faites de joies et de peine

Il ne trahit, ni ne séduit, il murmure simplement les secrets de son âme

Et il chante la beauté de celle, dont il a aperçu le reflet éphémère dans la rivière de cristal

Et maintenant qu’il a entendu sa voix, il y mêle la sienne

En un chœur d’allégresse et de tendresse, en attendant qu’elle paraisse, présence entêtante

Où sans cesser de se dévoiler, il dévoile à l’enchanteresse les portes

D’une autre clairière, une clairière tout aussi extraordinaire

Où repose en son centre, non un chêne multicentenaire et une rivière,

Mais un miroir, un miroir de bois et de verre, un miroir à la surface évanescente

Car ce miroir, où se reflète l’âme, est aussi un portail, où seul le courage l’emporte

Un portail que l’étranger a franchi autrefois, rapportant avec lui

Cet instrument de bois et de soie, sa harpe, qui aujourd’hui dévoile à l’envi ses ressentis.

La voix

Suspendu entre ciel et terre, l’étranger a vu son écho

Écho sublime et magnifique de l’enchanteresse flottant au-dessus de l’eau

Devant cette apparition, il n’ose s’avancer, ni reculer

Il n’est nullement effrayé par l’apparition, il est simplement fasciné

De cette apparition, il retiendra un regard et un sourire

Un regard plein de malice, sans le moindre artifice

Un sourire plein de lumière, sans le moindre éphémère

Mais la voix lui manque, les mots lui manquent

Alors encore une fois, il tire des accords de sa harpe infinie

Qui raisonne alors dans la clairière de cristal, où retentit

Une voix céleste et cristalline, douce et tendre comme le cœur

Une voix venue du chêne, qui se mêle aux harmoniques du cœur.

La Traversée

Ce matin, dans la clairière, où coule une rivière de cristal et de métal

L’étranger est toujours là, juste en face du chêne vénérable, sa harpe sur les genoux

Devant lui, il devine une forme, il sent une présence derrière l’écorce

Et plus encore, il entend l’écho, plus fort, plus entêtant encore

Il est troublé, car il espère, mais en même temps il ne veut pas précipiter

Encore une fois il se refuse à traverser la rivière de cristal et à violer l’intimité

De l’enchanteresse, la muse gardienne de cette clairière, à qui il dédit ses accords

Alors cette fois il l’invite, il demande au chêne protecteur d’ouvrir son torse d’écorce

D’ouvrir son corps de liège et de lignine, et de laisser s’échapper parmi les houx,

Le temps d’une journée, l’enchanteresse, qu’elle puisse traverser la rivière de métal et de cristal

Qu’elle rejoigne pendant quelques instants l’étranger, toujours agenouillé de l’autre côté.

Cendrillon

Dans un soupir de bois sage et sauvage, le chêne s’est entrouvert

En son cœur, habillé de bois et de vert, l’enchanteresse

Guidée par le chant et les accords, s’avance jusqu’au bord

Se penchant alors sur les eaux protectrices et meurtrières

Elle leur murmure quelques vers et les eaux apaisent leur colère

De l’autre côté l’étranger n’a pas bougé, il a statufié son corps

Il ne voit pas l’enchanteresse qui s’avance, mais en perçoit la caresse

Elle est là, devant lui, dans toute sa magnificence aurifère

L’étranger ne bouge toujours pas, mais l’invite à s’asseoir

Il pose alors sa harpe et en fait jaillir des mondes imaginaires

Dans la clairière des louanges, où il invite la clairière du miroir

Ainsi passe le temps, mais l’étranger le sait, bientôt il lui faudra refermer cette ère

D’ailleurs il l’entend, l’appel du chêne centenaire à l’enchanteresse.

Illusions de l’Ombre

De l’autre côté, l’étranger la regarde s’éloigner dans toute sa beauté

De nouveau elle traverse la rivière et réintègre sa maison de bois et de liège

Et alors qu’elle disparaît, l’étranger doute, doute d’elle, doute de lui-même

Mais est ce sa disparition, ou n’est-ce pas l’apparition d’un ombre oubliée

Car alors que l’écorce se referme, le soleil étire ses derniers rayons et les ombres font le siège

Cependant parmi elles, il est l’un d’entre elle, l’Ombre, Ombre mère, Ombre reine,

Celle qui attire et aspire, celle qui instille et distille l’âme des poisons

Et ces poisons infusent et diffusent, gangrenant peu à peu son esprit

Pourtant lorsque l’étranger se saisit de sa harpe, ce sont des louanges qui s’échappent

L’Ombre, dont les assauts s’intensifient, se brise finalement sur ses attentions

Attentions de couleurs et de cœur qui chassent de son esprit

Les séductions illusoires de l’Ombre, qui maintenant s’échappent.

La clé des songes

Changeante, mouvante, insaisissable, peut-être de sable

Ou encore de verre, ou de fer, ou peut-être même d’imaginaire

L’étranger la façonne entre ses doigts agiles, à partir des notes

Qu’il tire de sa harpe d’harmonie, à mi-chemin entre les mondes

Puisant dans le réel, les futures graines de l’impensable et de l’improbable

Patiemment, écoutant le chant de l’enchanteresse, qui le ramène à la terre

Il sculpte dans une matière étrange et vibrante, une anacoluthe, une litote,

À moins que ce ne soit un oxymore, une allégorie, ou encore une métaphore féconde

De la pluralité des mondes et de leur infinie variété

Dont cette clé façonnée, dans la matière des rêves et des cauchemars,

Entrouvrira les portes de l’Onirie, à la personne qui saura la saisir et l’imaginer

Car ce n’est qu’au travers de sa pensée et de sa créativité, qu’elle en façonnera l’avatar.

Le Jeu du Marionnettiste

Depuis le haut d’une montagne, sur un lit de nuages, dans une mousse

D’humidité et de fraîcheur, tirant les fils de tout un chacun, le marionnettiste

Qui abaissant et infléchissant la lune dans sa course folle

Se joue du temps, le réduisant à ce que l’on appelle le néant

Car le marionnettiste est joueur, il joue de tout et se joue de tous

Chatoyant et impertinent, le marionnettiste est une artiste

Qui colore la vie de toutes les envies de l’enfant perdu dans le temps

Ne les rejette donc pas et aspire à le connaître, lui le marionnettiste, le joueur

Mais pour cela, il te faut une clé, une clé pour rêver et voyager

Une clé façonnée par un étranger dans une clairière de lumière

La clé des songes, elle qui ouvre les portes d’un royaume empli de bonheur

Un lieu improbable, où s’exaltent toutes les folies de la vie, en vérité

Où vivent avec énergie les parts secrètes de nos êtres, singulières et fières

Chevauchant et bravant les chaînes assassines du réel.

La Pierre du Temps

Temps qui roule, temps qui coule, temps qui passe, temps qui se masse

Boule de temps, qui attend au flanc d’une colline, que dévale machinal

L’ombre d’un autre temps, temps jadis ou temps qui rit

Temps d’une machine infernale qui s’emballe et déballe de tous temps

Les temps passés, les temps glacés, les temps givrés, les temps figés

Les temps futurs, les temps qui durent, les temps qui d’aventure

Au gré du temps, rattrapent le présent, avant de devenir l’espace d’un instant

Le temps suspendu, le temps entre deux eaux, le temps qui jamais ne sait

S’il va de l’arrière vers l’avant et de l’avant vers l’arrière

Oscillant, vacillant, basculant, bousculant, renversant

Dans les couloirs du temps, dédale de tous les temps

Qui s’entrecroisent et jamais ne s’arrêtent

Dédale emprisonnant impitoyablement celui qui tente de devenir le temps

Mais à qui prend le temps, alors le temps se fait guide

Et de Minotaure infâme et sans âme, il devient fil d’Ariane.

Les Jardins du Cœur

Jardin de pierre, jardin de lumière, jardin sans début, ni fin

Jardin de temps, jardin de vent, jardin sans foi, ni loi

Jardin de sens, jardin de puissance, jardin sans ordre, ni désordre

Jardin de cœur, jardin de couleur, jardin sans faim, ni dessein

Jardin erratique et gothique, tu apparais sournois à celui qui te voit

Jardin mythique et héroïque, tu apparais de tous tes vers à celui qui rêve

Ainsi tu te protèges de l’emprise d’un réel aujourd’hui surfait

Ainsi tu te protèges en n’étant que le reflet d’un ego démesuré et empoisonné

Dépouilles donc ton esprit, ôte ce masque qui t’entrave

Libère donc ton corps de ce carcan, explose la prison de la compromission

D’un pas en avant vers le néant, béant et hypnotisant

D’un pas en arrière vers le mystère de l’hiver

D’un pas de côté vers les inconnues vérités de la sincérité

Explore donc le gouffre de ton âme et fait face sans pudeur.

À ce reflet qui te fait tant peur, toi qui aspires à percer les secrets du cœur.

Les Songes de la Perversion

Logique absurde, logique de l’absurde, logique hagarde

Le paraître n’est pas la foi, l’être n’est pas la loi

Fais voler en éclat ce reflet sans fard qui te regarde

Prends le miroir et regarde-toi

Plonges au fond de toi et cesses de prendre l’autre pour miroir

Sautes dans l’abîme de la foi et cesses de porter ton regard dans le faux miroir

Cesse de vouloir devenir l’être dans le dédale, car tu ne cesses de paraître

Car à ne sembler qu’être, tu ne deviens que le reflet grotesque d’un faux-être

Car à ne jouer qu’à être, tu ne deviens qu’un être sans queue, ni tête

Brises les chaînes des faux juges et deviens ce que tu es

Accomplis le rictus, maudit sois-tu !

Le Temps d’un Regard

D’une rive à l’autre pointe l’aube du jour

Qui d’un pont à l’autre enjambe le jour

Traçant dans le ciel un arc-en-ciel

Qui tel un sourire s’en va ravir l’exponentielle

D’un rêve à l’autre pointe l’aube de la nuit

Qui d’une porte à l’autre traverse l’huis

Inondant de couleur et de douceur le sommeil du rêveur

Qui apaise et soulage les douleurs et les malheurs

D’un regard à l’autre pointe l’aube d’une émotion

Qui d’un cœur à l’autre transporte le joyau d’attention

Offrant cette pierre de l’imaginaire et du temps

Qui suspendra et figera l’instant plaisant.

Le Songe d’un Royaume

D’aussi loin que porte le regard, ce ne sont que l’infini des plaines imaginaires

Fertiles et graciles, enrichies des vices et des plaisirs, des honneurs et des bonheurs

Frappant de cécité le rêveur impréparé, non averti et indécis

Quelle est donc cette contrée, à nulle autre pareille, sans lune, ni soleil ?

C’est un royaume, un royaume de songes et de sagesse, un royaume d’ombres et de lumière

Roi sans ombre et reine de lumière, seule une clé l’ouvre

Une clé façonnée par un rêveur, un rêveur devenu sculpteur et façonneur

La clé des songes, pétrie de l’ombre d’un rêveur dans la lumière d’un sculpteur de songes.

Solstice Onirique

Solitaire est le vampire, sur les mers imaginaires

Porté par des vents contraires, sur un navire désert

Pour étancher sa soif, il lui suffit de se poser dans le grand air

Plonger dans cet univers, fait de sphères et de rivières

Où il aimerait se complaire à faire et défaire, solitaire, le lunaire et le solaire

Mais il n’est pas celui qui profère, ni celui que l’on vénère ou que l’on révère

Il est simplement un être de lumière dont les ombres prospèrent, devenant la matière

D’une singulière volière, où s’ébattent les songes horaires, les oiseaux de l’imaginaire.

Un Oiseau Moqueur

Dans des bras de douceur s’épanouissent des couleurs

Les couleurs des heures et des saveurs de ces fleurs

Fleurs de nos cœurs perdues dans les plaines citérieures

Situées en deçà et au-delà d’un accroche-cœur

Perché au sommet d’un attracteur étrange et gazouilleur

Enfant d’un sculpteur, autrefois marcheur d’entre-les-mondes dévoreurs

Rôdeur tout en rondeur, il danse à la lueur d’un chœur

De chaleur, où se meurent les peurs du déshonneur

Qui sans heurt se fait merle moqueur, riant avec ardeur

Des richesses extérieures, mais non des joyaux intérieurs.

Tac, tic du Temps

Tic, tac, tic, tac, c’est le temps qui boîte

Tic, tac, tic, tac, c’est le temps qui tâte

Tac, tic, tac, tic, c’est le temps qui tourne

Tac, tic, tac, tic, c’est le temps qui roule

Tic, tic, tac, tac, c’est le temps qui mouille

Tic, tic, tac, tac, c’est le temps qui rouille

Tic, tac, tac, tic, c’est le temps qui vrille

Tic, tac, tac, tic, c’est le temps qui s’entortille

Tac, tic, tic, tac, c’est le temps qui fâche

Tac, tic, tic, tac, c’est le temps qui lâche

Tac, tac, tic, tic, c’est le temps qui pique

Tac, tac, tic, tic, c’est le temps qui rit.

L’amant du Temps

Intemporel et solennel, éphémère être de chair, tu t’en vas cinglant

Vers les rideaux du temps, voile de brouillard vespéral

Où le temps passe et trépasse, où le temps coule et rebrousse

Qu’espères-tu trouver en ces lieux maudits et d’oubli

Je veux réveiller la mémoire, réponds-tu. Et répandre à nouveau le temps

Réapprendre les cycles du temps, le temps circulaire et annulaire

Détricoter le carcan, dans lequel les hommes enferment le temps devenu amer

Désassembler la prison dorée, où s’est enfermée une certaine humanité, oublieuse du temps

Libérer l’esprit chaotique, vif et créatif, l’esprit de la vie

Qui, si l’on l’enferme, se réveille de son sommeil plein de haine et brise ses chaînes rouillées

Dans un rire terrifiant et cataclysmique, se détournant, sans même un regard, de cette fosse vestigiale

Où brillent les faux joyaux et les fausses joies, qui de leur noire lumière, attirent l’impétrant.

Le Ronge-Cœur

Animal mystère, chimère suave et immortelle

Qui est-il ? À quoi ressemble-t-il ? Qu’est-il donc ?

Une ombre dans un ossuaire, ou bien un ver dans la pénombre ?

Que nenni, mon garçon. Il est une beauté sombre, que se disputent les ombres

Est-ce alors un mensonge, un oubli, ou une vérité donc ?

Encore une fois, non ! Mille fois non, mon garçon

Il n’est ni stupide, ni lâche. Il est sournois et vivace

Car il naît de tes actes, autant de figures imposées, et des conflits fugaces

Qui sapent les fondations les plus profondes de tes convictions

Faisant de toi, sans même t’en apercevoir, son esclave.

La Pliure

Ce n’est pas encore une déchirure, mais déjà une blessure

Qui se fissure et suppure, laissant s’échapper des mots durs

Ce n’est pas encore une cassure, mais déjà une cambrure

Qui endure et couture entre les mots, une prison d’enluminure

Ce n’est pas encore une engelure, mais déjà une enflure

Qui se fracture et se nervure, se faisant alors enture

Ce n’est pas encore une embouchure, mais déjà une ouverture

Qui pressure et texture, une étrange et singulière ruinure

Ce n’est pas encore une voussure, mais déjà une courbure

Qui susurre et suture les mesures d’une scissure

Ce n’est pas encore une injure, mais déjà une rupture

Qui torture et transfigure une sculpture en rognure.

Diogène

Vertu du supplice de l’haruspice, cinglant et sanglant

Tu caracoles en tête sur la route des turpitudes et des vices

Jamais te retournant, tournant le dos au néant

Tu t’investis à jamais dans l’avant de l’aube aliénatrice

Voguant sur les flots engloutis de l’oubli, tu castres la raison

Donnant ses lettres de noblesse au chaos, essence du monde que tu habites

Inspirant, par la même, la terreur et la peur aux ingénus de tous horizons

En même temps que tu les fascines et les invites à te suivre, toi l’ermite.

Le Pacte

S’en va funeste le modeste, qui seul en son cœur s’en va

Sans un regard en arrière, pour ce et ceux qu’ils avaient de cher

Arpentant sans fin le cercle réel de la raison sans chair

Il voit trop de choses au-delà de l’horizon, brisant alors l’aura

Étouffante et poignante de la courbe ronde et infinie

Où s’empêtrent, dans leurs guêtres, ses compagnons d’infortune

Il aperçoit, enfin libérer des contraintes, le soleil Râ

Hélas, hélas, ses contemporains ne peuvent le laisser aller

Et le retiennent de toute leur haine, inspirée par une terreur

Née des peurs de l’inconnu et de l’étranger, l’incommensurable et de l’innommable

Il se débat, lutte contre les chaînes d’un destin qui n’est pas le sien

Et finalement s’arrache, sacrifiant alors son corps et son esprit

En échange d’une âme et d’un regard, qui à la fois

Le remplissent de joie et le meurtrissent quand il voit la vie avilie.

Une Âme Libre

Otage d’une raison déraisonné et dévoyée

Prisonnier d’une logique illogique et alcoolique

Ainsi est l’être libre, qui s’émeut de la présence des chaînes enragées

Nées d’une peur arbitraire et primaire, qui offre un mirifique et biblique

Sanctuaire, qui n’est autre qu’un ossuaire, aux apeurés manichéens

Qui voient en lui un repère et un père, alors que ce n’est rien qu’un suaire

Couvrant du voile, entretenu de la terreur, les grandeurs de l’univers

Interdisant à quiconque la révolte bienfaitrice du chaos et de l’insoumission de Caïn

Maudissant celui, qui ayant découvert ses entraves, les auras brisées

Exilant celui, qui ayant découvert le miroir, l’aura traversé

Mais ce n’est qu’une chimère et une illusion

Car d’exil et de malédiction, il n’est point question

C’est le regard qui a changé et l’âme qui est née

Née de la souffrance et de la pénitence, née du courage et du partage.

La Vie du Temps

La vie est un poème, chaque jour un nouveau vers

Le temps est une saga, chaque jour une nouvelle histoire

La vie est une passion, chaque jour un nouveau son

Le temps est une sensation, chaque jour une nouvelle impression

La vie est une intuition, chaque jour un nouveau ton

Le temps est une palette, chaque jour une nouvelle touche

La vie est une tempête, chaque jour une nouvelle vague

Le temps est un ouragan, chaque jour un nouveau souffle, un nouveau vent

La vie est un songe, chaque jour se prolonge lorsque tu plonges

Le temps est un rêve, chaque jour, bon ou mauvais, il parachève

La vie est une fleur embellit par temps

Le temps est une folie enrichie par la vie

La vie est un buisson nourrit du temps

Le temps est un arbre abreuvé par la vie

Le temps est une chimère foisonnante de vie et d’esprit

La vie est une chimère fourmillante de temps et d’esprit

Le temps est sauvage et indomptable

La vie est folie et séductrice

Le temps de la vie est le temps de l’Amour

La vie du temps est la vie de l’Amour

Alors prends le temps de la vie.

Un Oiseau Libre

Terrible est l’oiseau libre, libre est l’oiseau terrible

Dansant et renversant, bouleversant et déracinant les repères qui submergent

L’oiseau libre s’envole à jamais, grimaçant, à la face de ses bourreaux, ses imprécations

Bousculant avec une joie féroce et sans remords les choses déjà faites

Inventant, créant de toutes pièces ses nouveaux repères

Repères libertaires, repères de liberté, repère de l’exilé

D’où il affûte son verbe acéré, qui de son bec aiguisé

S’en va joyeusement déchiqueter les faussetés

D’une société construite sur les sables du mensonge

Qui bercent de songes et d’illusions l’ego atrophié

De ses serres, il brise le faux-miroir, derrière lequel se cache la prison dorée

S’échappant alors, il voudrait entraîner les prisonniers

Mais ces derniers ne veulent envisager leur liberté

Lui préférant cette apparente et illusionnée sécurité

Ils ne veulent pas voir leurs pensées et leurs espérances brisées

Alors, de part leur haine et leurs peurs, ils l’exilent sans pitié.

Question de cadre

Pourquoi ne plies-tu pas ? Me demande la règle

De sa voix enfantine et infantile

Pourquoi ne me respectes-tu pas ? Rétorqué-je à la règle

D’une voix niaise et de fausset

Pourquoi ne courbes-tu pas l’échine ? Se récrie la règle

De sa voix faustine et mutine

Pourquoi ne libères-tu pas ? Avancé-je à la règle

D’une voix inique et ironique

Pourquoi n’acceptes-tu pas ces nouveaux repères ? Murmure la règle

De sa voix de soie et de velours

Pourquoi refuses-tu les miens ? Lancé-je à la règle

D’une voix blasée et amusée

Pourquoi restes-tu roide et de marbre face à moi ? Songe la règle

De sa voix mélodieuse et savoureuse

Pourquoi es-tu si froide et raide ? Réponds-je en me moquant de la règle

D’une voix sourde et joyeuse

Pourquoi ne te comprends-je pas ? Sanglote la règle

De sa voix râpeuse et sinueuse

Pourquoi ne t’affranchis-tu pas de ton cadre ? Ris-je

D’une voix ivre et libre.

Timidité d’une Feuille de Papier

Vif et incisif, la plume taille dans l’if

Sculptant et ciselant un mot par ci, un mot par là

Rarement s’appesantissant, souvent virevoltant

La pointe effleure et caresse de son adresse et de son encre soyeuse

La feuille prude et nue, qui se drape de sa blancheur

Comme d’un voile de pudeur, qui ne se découvrira

Qu’au poète, l’esthète des mots et des lettres

Qu’à l’écrivain, qui, de ses mains, joue des mots et des lettres.

L’Oracle du Mat

Qui es-tu ? M’interroge, en surprenant cet étrange être plein de couleurs

Qui es-tu ? Me répond-il en me dévisageant de ses yeux rieurs

Tu ne m’as pas répondu ! Mais soit. Je suis un sculpteur, mais je l’ai perdu

Et moi, je suis le mat ! Celui qui d’une pichenette répand le chaos perdu

Où sommes-nous ? Dis-je, en regardant autour de moi le paysage chatoyant

Ne le devines-tu pas ? Nous sommes au centre de toute vie, dans un nœud de temps

Pourquoi donnes-tu à mes questions des oracles, qui sont autant d’interrogations ?

Pourquoi ne le ferais-je pas ? Après tout je fais partie de la révélation

Je ne suis qu’un être éphémère et évanescent, qui ne peut en aucun cas être toi. Toi, le sculpteur

Et pourquoi dis-tu cela ? Tu es libre après tout. De ta vie et de tes pensées, toi. Toi, le penseur

Non, car je suis prisonnier de ma propre liberté

Elle m’oblige à tourner le dos à ceux que j’aime et que j’ai aimé

Je ne suis qu’un passeur, accompagnant celui, qui d’un Voyageur est devenu Sculpteur

Alors, fou, deviens la source de ma création.

En échange je t’offre mon imaginaire où s’épanouira ta liberté

Alors, sculpteur, j’en deviendrai le cœur.

En échange répands les fruits de cet imaginaire et offres en les fleurs à l’être aimé.

Liberté Imaginaire

Libre est le marcheur, qui à chaque heure avance sans heurt

Libre est le penseur, qui voit le bonheur même dans le malheur

Mais seul est le penseur, mais seul est le marcheur

Aveuglé et emprisonné par leur liberté revendiquée

L’être ivre et libre oublie ce qu’elle a fait de lui

Un être éphémère et évanescent, incapable de lier avec autrui

Car tous les liens sont une entrave, quand bien même il voudrait les tisser

Assume ta liberté et restes à jamais seul dans ton cœur qui rit

Mais alors ne nourris nul rancœur à l’encontre de l’ailleurs

Ou alors déploies ta liberté dans l’imaginaire infini de l’Onirie

Où elle se nourrira et s’épanouira pour donner naissance aux fleurs de cœur.

Qui ?

Alors que je me prélasse sur les bords d’un lac

Il me semble surprendre un regard curieux et malicieux

D’où vient-il ? Où que je regarde autour de moi

Il n’y a que le bleu qui domine, un bleu d’azur et de nuances

Alors que je me repose sur les bords d’une rivière

Il me semble capter un regard brumeux et fabuleux

D’où vient-il ? Où que se jette mon regard

Il n’y a que le gris qui domine, un gris de vert et de nuances

Alors que je m’étire au bord d’un lagon

Il me semble saisir une paire d’yeux vifs et intrusifs

D’où viennent-ils ? Où que erre mon visage

Il n’y a que le vert qui domine, un vert gourmand et de nuances

Alors que je m’endors sur les bords de la nuit

Il me semble sentir une présence charmante et bienveillante

D’où vient-elle ? Où que migre mon esprit

Il n’y a que la nuit qui domine, une nuit illuminée et nuancée.

Moisson de temps

Là-bas, dans un champ de temps, parcourant le présent

Un homme fauche le temps présent, sous le voile du couchant

Au loin, dans un champ de temps, parcourant le passé

Un homme fauche le temps passé, sous le rasant du levant

Mais que fait donc cet homme de cette moisson de temps ? Demande l’enfant

Il s’en va brasser le temps, mêlé passé et présent, afin d’en tirer les ferments

Là-bas, dans un pré d’automne, dansant sur le couchant

Une femme cueille les derniers rayons du temps présent

Au loin, dans un pré d’hiver, dansant sur le levant

Une femme plante les premiers rayons du passé

Mais que fait donc cette femme de cette moisson de saison ? Demande l’enfant

Elle attend que germent les ferments du temps et que se noue les rayons du temps

Là-bas, dans un champ de printemps, une femme guette l’instant

Au loin, dans un champ d’été, un homme attend sa bien-aimée

Mais que font-ils l’un et l’autre, chacun dans leur champ de temps ? Demande l’enfant

Ils attendent la saison d’aphrodos lorsque se noueront les saisons du temps.

Le Veilleur

Là-haut dans le ciel, un homme vogue dans l’idéel

Au loin dans la nuit éphémère, une femme s’assoupit

Là-haut dans le ciel, un homme s’est perdu sur la lune

Au loin dans la nuit d’éther, une femme rêve

Elle est un oiseau sauvage et sans âge, libre et sans attache

Mais c’est un cauchemar surgit d’un cœur trop sage

Car c’est dans une cage sans barreau, ni entrave

Qu’elle demeure à jamais prisonnière de sa liberté imaginaire

Là-haut dans le ciel, un homme perdu s’endort et rêve

Il est un chasseur curieux et facétieux, plein de vices et de malice

Mais ces proies ne sont pas ce que l’on croit

Ce ne sont ni des oiseaux, ni d’autres animaux

Car c’est un hombre, qui tapie dans la pénombre, obombre

L’obscurité pour mieux se dissimuler et attraper

L’Ombre ténébreuse qui tient prisonnière cette femme illusionnée

Au loin une femme s’éveille hors d’un voile de Ténèbres

Là-haut dans le ciel, un homme veille sur celle qui lui est chère.

Le Songe du Veilleur

Là-haut dans le ciel, un homme veille sur sa mie

Au loin dans la nuit, une femme, de nouveau s’assoupit,

Alors pour que point ne reviennent les cauchemars

L’homme lui narre une histoire

Hélas l’Ombre veille et guette le sommeil derrière une herse

Mais d’un trait de lumière, l’homme la disperse

Au loin dans la nuit une femme assoupie rêve

Là-haut dans le ciel un homme la veille et sculpte son rêve

Alors ramassant la matière, l’homme en fait une clairière

Puis s’y glisse aussi, pour y tailler le bois de lumière

Hélas l’Ombre s’éveille et surprend le sculpteur de rêves

Et bientôt le voilà prisonnier du labyrinthe des Rêves

Au loin dans la nuit, une femme rêve et s’éveille dans une clairière

Là-haut dans le ciel, un sculpteur est prisonnier d’un rêve de lumière

Alors la femme ferme ses yeux et ouvre celui du cœur

Hélas l’Ombre ne peut rien contre elle et s’en va pleine de rancœur

La femme s’enfonce alors dans le dédale, guidée par le chant du sculpteur

Arrivée devant lui, le labyrinthe se désagrège et le libère

Là-haut dans le ciel, un homme sourit et veille

Au loin dans la nuit, une femme sourit et rêve

Elle tient entre ses mains la clé d’un sculpteur

De ses paroles, elle retient : « Voici la clé de mon cœur. ».

Il était une fois un rêve

Il y a fort longtemps, un homme a couché ses rêves

Il y peu, une femme a fait un rêve

Elle y rêvait d’un homme qui conservait ses rêves

Il y a fort longtemps, un homme sculptait ses rêves

Il y a peu, une femme a fait un rêve

Elle y rêvait d’un homme qui façonnait ses rêves

Il y a fort longtemps, un homme emprisonnait un rêve

Il y a peu, une femme a fait un rêve

Elle y rêvait d’un homme qui était prisonnier d’un rêve

Il y a fort longtemps, un homme perdait un rêve

Il y a peu, une femme a fait un rêve

Elle y rêvait d’un homme qui était perdu dans un rêve

Il n’y a pas si longtemps, un homme sortait d’un rêve

Il y a un instant, une femme a fait un rêve

Elle y rêvait d’un homme qui avait recouvré un rêve

Il n’y a pas si longtemps, un homme regardait son rêve

Il y a un instant, une femme a fait un rêve

Elle y rêvait d’un homme qui avait fait un rêve

Maintenant un homme regarde son rêve

Dans un instant, une femme aura fait un rêve

Elle y rêvera d’un homme qui sera son amant.

L’Oiseau-Tonnerre

Un homme se tient debout, il fait face à l’horizon

Près de lui, renaissant et flamboyant, se tient un oiseau

Un homme est assis, il fait face à la raison

Loin de lui, le volcan du temps entre en éruption

Un homme est accroupi, il fait face à la frondaison

Près de lui, saisissant et accomplissant, se tient le fou

Un homme est à genoux, il fait face à la trahison

Loin devant lui, vitupérant et reconnaissante, se tient l’Ombre

Un homme est couché, il fait face à la saison

Près de lui, enivrée et toute de beauté, se tient la vérité

Un homme est allongé, il fait face à la prison

Loin devant lui, insignifiante et croulante, se tient l’illusion

Un homme est en tailleur, il fait face à la vision

Près de lui, destructrice et créatrice, se tient l’Anarchie

Un homme est droit, il fait face à l’oraison

Loin de lui, déstructuré et libéré, se tient le passé

Un homme s’est retourné, il fait face à la fleuraison

Près de lui, enamourée et animée, se tient son aimée.

L’Étincelle

Dans le ciel incendiaire raisonne le cri de l’Oiseau-Tonnerre

Dans la terre vernaculaire tonne le cri d’un homme

Sous le ciel imaginaire raisonne les martèlements d’un artisan

Sous la terre florifère tonne les martèlements du rêvant

Sur le ciel lenticulaire raisonne l’éclat de rire d’un sage

Sur la terre millénaire tonne l’éclat de joie du mage

Au-dessus du ciel tentaculaire raisonne la voix du Mat

Au-dessus de la terre calorifère tonne la voix de l’acrobate

Loin dans le ciel aurifère raisonne le souffle d’une pensée

Loin sur la terre de Lucifer tonne le souffle de la vérité

Là dans le ciel argentifère raisonne l’écho de la résurrection

Là dans la terre uranifère tonne l’écho d’une éclosion

Ici dans le ciel lunaire raisonne les babilles d’un hélix

Ici dans la terre solaire tonne les babilles de l’envol d’un Phœnix.

Fabrique de l’Imaginaire

Prenez un univers, non deux univers, encore mieux un multivers

Prenez un dé six, non un dé dix, encore mieux un dé d’infini

Tracez, au gré des volontés du dé, les pleins et les déliés des univers fracturés

Ainsi effractionés, insérez portes et portails,

Qui seront autant de soupiraux et de ventaux

Glissez-y quelques grains de malice,

Qui seront autant de vices

Laissez ainsi fermenter et maturer les graines de l’anarchie

Quelques secondes, non quelques heures, encore mieux quelques jours

Versez alors votre préparation dans le grand four du jour des fous

Surtout, point ne surveillez, pour ne point briser la magie obérée

Car lorsque enfin retentit, entre fracas et cliquetis, la folie explosive

Vous saurez, à n’en point douter, que vous pourrez déguster le gâteau du chaos.

Le Piège de l’Ombre-Grive

Arpentant sans relâche le rivage sans nuage,

De cette rivière ourlée de vanités, qui découragent

Celui qui, jeté à sa face sans embase, n’embrasse embrasé

Le reflet étoilé de sa propre vérité ainsi dévoilée

Un homme, jadis dans les étoiles, puis perdu sur une lune

A succombé à l’appel d’un rêve, à moins que ce ne soit l’inverse

Et plutôt qu’un rêve, ne serait-ce pas à sa maîtresse

Qui, plongeant dans son rêve, lui a en montré la verve traîtresse

Une verve qui aurait alors causé sa perte

De part l’obombre jetée sur les chemins de la crête

Rendant alors impénétrante et indolore sa vision pénitente

Masquant d’un voile obtus d’absolu, l’entièreté de la vérité

Faisant alors succombé aux charmes vénéneux de la vanité

Un homme libéré. Nouveau-né aux yeux libres et ivres

Qui succomba aux tentations et aux libations de l’Ombre-Grive

Avant de s’en retourner et de plonger dans le cœur de ses contradictions

D’où il en rapporta le Mat et fit de lui en échange la source de sa création.

Fragment d’Éphémère

Là-haut dans le ciel, un homme a capturé un morceau d’idéel

Descendu dans la sphère du réel, il en a fait présent à sa belle

Ce qu’il offre, c’est un fragment de temps, en guise de remerciements

Et de cet irréel présent, il en a façonné le présent et le pesant

Pour qu’en chaque instant, il puisse tisser les liens surnuméraires

Qu’il ne puisse s’éloigner de celle qui lui est cher, même lorsque souffle les contraires

Qu’il ne puisse seulement s’évader d’auprès d’elle, que pour lui en rapporter les éphémères

À qui, il insufflera une vie nouvelle pour les rendre éternelle aux yeux de sa belle.

Plume de Clown

Est-ce vraiment toi ? Est-ce vraiment lui ?

Qui est donc cet homme qui rit et qui luit ?

Qui est-il donc, lui qui lance bons mots et autres traits d’esprit ?

Comme autant de lames et de coutelas, de sabres et de katanas,

Affûtés et aiguisés, sans hâte, ni stigmate, sur le fil ténu et plat

D’un miroir sans âme et sans âge, qui ne fait que renvoyer sa propre image

Qui est-il ?

C’est un acrobate, qui joue et qui jongle avec les mots

C’est un mat, qui se rit et fait fie du grotesque des maux

C’est un triste, qui colore de ses larmes les aux

C’est un artiste, qui peint de ses mains la poésie des aliénations

C’est un conteur, qui narre la musique de ses visions

C’est un compositeur, qui mélange le tout pour en faire une illumination.

Vision de l’Ego

Ego, tu n’es que l’écho soprano d’un antique legato,

Oraison funèbre et lugubre de l’obscur mortel au pâle reflet

Oses donc affronter la peur lunaire de ton bizarro

Fais donc de ta part solaire le refoulement de tes excès

Ajuste ta phase terrestre dans l’équilibre de la foi

Contemple ton ombre et cesses de t’y morfondre

Égarer entre les mondes, cherches en la source sombre

Celle qui dissimule à ton regard ce masque d’effroi

Que l’on appelle Persona, prends-la et détruis-la

De ses débris reconstruit ce masque de cire et de rire

De ses miettes accomplit le rite, celui qui t’en fera finir

Avec les fausses vérités que l’on t’a apposées ici-bas.

Dessine-moi un Poème

Un jour une petite fille m’a dit :

Dit monsieur, c’est quoi une déclaration ?

Je lui ai répondu : c’est la sublimation des mots

Un jour un petit garçon m’a dit :

Dit madame, c’est quoi un écrit ?

Je lui ai répondu : ce sont des mots qui rient

Un jour une jeune fille m’a dit :

Dit madame, c’est quoi une ode ?

Je lui ai répondu : ce sont des mots qui dorment

Un jour jeune garçon m’a dit :

Dit monsieur, c’est quoi une ballade ?

Je lui ai répondu : ce sont des mots qui cauchemardent

Un jour une femme de n’importe quel âge m’a dit :

Dit monsieur, c’est quoi une nouvelle ?

Je lui ai répondu : ce sont des mots sensuels

Un jour un homme de n’importe quel âge m’a dit :

Dit madame, c’est quoi un discours ?

Je lui ai répondu : ce sont des mots qui sont devenus sourds

Un jour un couple sans âge m’a dit :

Dit, c’est quoi un poème ?

Je lui ai répondu : ce sont des mots qui s’aiment et qui rêvent.

  
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