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1 « Le Grand Choix »
1 « Chapitre 1 : Lys »
Publié par Codan, le dimanche 1 mars 2020

Un vide dans la foule. S’avancer d’un pas. Contourner. Esquiver. Sur la droite, une ouverture. Respirer un air libre des exhalations de sueur, enfin.

 

Il passa la main sur son front et jeta un œil critique la masse de serviteurs en livrées colorées qui se bousculaient en essayant de garder un semblant de politesse. Depuis quelques semaines, le palais impérial voyait ses couloirs se gonfler de plus d’âmes qu’il ne pouvait en contenir. D’ordinaire, Lys n’en était pas dérangé. Il avait appris à évoluer entre les corps avec la grâce d’un danseur, mais dans des conditions pareilles, cette élégance lui était parfaitement inutile. Il regarda l’escalier de service encombré de domestiques et soupira. Un nouvel itinéraire se dessina bientôt dans ses méninges, et le jeune homme fit demi-tour pour passer par les cuisines. Le fumet délicieux qui s’en échappait lui apprit qu’on allait servir du gibier au repas de la première heure de Lan. La valse des commis se jouait déjà depuis plusieurs heures, si bien que personne ne fit attention à lui. Lys s’avança jusqu’à la large table, tout au fond, où l’un des cuisiniers s’échinait à enseigner la découpe d’une pièce de sanglier à un jeune apprenti. Le gros homme releva le nez en se sentant observé.

 

— Eh bien, maître chanteur, que fais-tu donc là ? l’alpagua-t-il.  

 

Tout en bonhomie et en rondeurs, Ivaël avait l’habitude de payer les ragots que lui rapportait le jeune homme en brioches fourrées à la viande. Lys adopta un air contrit.

 

— Impossible d’emprunter le chemin ordinaire, trop de monde ! Tu ne pourrais pas… ?

 

Il fit papillonner ses grands yeux d’un bleu presque blanc.

 

— Cet escalier est réservé aux cuisines, répondit Ivaël d’une voix qui se voulait dure.

— L’empereur m’attend avant son conseil, nous devons nous entretenir de sujets importants.

 

Ivaël éclata d’un rire goguenard.

 

— Que pourrait-il dire d’important à son chanteur préféré, hum ?

 

Lys connaissait parfaitement l’idée qu’il avait de sa relation à l’empereur et ne faisait absolument rien pour le détromper. Au contraire : il afficha un air faussement mystérieux. Le rire d’Ivaël en fut plus gras encore, puis le cuisinier se retourna et d’une main poisseuse actionna le levier caché entre les manches de ses casseroles en cuivre. Un pan de mur en bois s’ouvrit sur un passage, au fond duquel un escalier se dessinait dans l’obscurité.

 

— Ça se paiera !

 

Lys arbora un grand sourire avant de disparaître derrière l’ouverture. Ivaël attendit qu’il atteigne l’escalier pour fermer le passage, plongeant le petit réduit dans l’obscurité. La main sur la rambarde plus par habitude qu’autre chose, Lys gravit les marches jusqu’à la porte dérobée dont il actionna la petite poignée ronde.

 

La lumière qui le frappa l'aveugla quelques instants. Devant lui se dressait l'habituel paravent peint de minuscules décors fleuris et délicats. Sans quitter des yeux cette merveille du style mushadin, il remonta les mèches brunes qui voilaient son visage pour les emprisonner dans une pince imitant la mâchoire d'un animal exotique. La paume de sa main alla frotter son élégant gilet de brocart pour le nettoyer d’une saleté imaginaire. Puis, discrètement, il contourna le luxueux paravent pour s’avancer dans la pièce de réception.

 

Baignée par le soleil d’hiver tapant à travers les grandes baies vitrées, celle-ci était spacieuse et agréable. Des tapisseries représentant les scènes les plus mythiques des Âges de Paix étaient étendues face aux fenêtres. La descente de l’empereur face à ses enfants. La fin des combats. Le gigantesque repas qu’Orgoïs, Alayis, Thaelins et Mushadins avaient partagé comme des frères. Comme d’habitude, Lys sentit l’amertume envahir sa gorge. Tout à coup, on le bouscula.

 

— Si tu n’as rien à faire ici, dégage de là, maître chanteur !

 

Des tables commençaient à être dressées pour le banquet à venir. Comme partout, une multitude humaine travaillaient pour le maître des lieux ou pour l’un de ses quatre enfants. L’ambiance était tendue, des ordres étaient aboyés, le plancher grinçait sous chaque pas et le parfum des fleurs masquait celle des corps pressés. Lys ne prit pas la peine de répondre, et frôla les tapisseries, évitant là moult serviteurs agacés, pour se rendre à l’autre extrémité de la pièce. Il passa l’autre porte, officielle celle-là, et la referma derrière lui en expirant de soulagement. Un rire l’accueillit.

 

— Bonjour à toi, Lys.

 

Assis dans un fauteuil molletonné, au bout d’une table en acajou fraîchement cirée, l’empereur des Quatre Terres porta sur lui un regard vif et plein d’intelligence qui contrastait avec la lenteur infinie du moindre de ses mouvements.

 

— Bonjour, sire.

 

Lys inclina le haut de son buste.

 

— J’ai cru comprendre que les domestiques sont d’humeur pressée.

— C’est un euphémisme ! J’espère que tout ce monde va retrouver ses propres quartiers assez rapidement, il devient plus difficile de circuler au palais que sur la grande place un jour de marché !

 

L’empereur Maëlan rit une nouvelle fois, le visage mangé par les rides mais les yeux pétillants de bonne humeur. Son sourire se fana alors qu’un air plus grave se dessina sur ses traits affaissés.

 

— Alors, quelles sont les nouvelles que tu m’apportes ?

 

Elle était là, la vraie nature de leur relation : Lys était l’espion personnel de l’empereur. Parce que personne ne se méfiait d’un joli chanteur et que le jeune homme avait la faculté de se fondre facilement dans la masse, il était le plus redoutable des glaneurs d’informations.

 

— Les Krasny ont réussi à mater la troupe de brigands qui levait illégalement des taxes sur le chemin de Goïret, et la paix est revenue dans la région.

 

Maëlan hocha la tête. Puissant clan orgoï, les Krasny étaient les plus fidèles soutiens de leur dieu Waal et faisaient régner l’ordre sur les Terres de l’Ouest.

 

— Cette année, la sécheresse dans les Terres du Désert est plus accrue que d’ordinaire, et les Mushadins doivent faire face à des révoltes frumentaires dans la plupart des villes. Quelques grandes familles sont en difficulté.

 

L’empereur soupira.

 

— Je suppose qu’il va me falloir composer entre la vantardise de Waal et l’irritation de Laosha…

— Être père est tout un art, sire.

 

Le sourire que lui adressa Maëlan était emprunt de fatigue.

 

— Qu’as-tu d’autre à me dire ? Que se passe-t-il chez Lan ? Et chez Naïa ?

— Les Alayis ont subi une tempête qui a ravagé quelques hectares de forêt à l’est, mais ils ont déjà commencé à abattre le bois pour le revendre. Quant aux Thaelins, rien de particulier hormis l’habituelle hausse de la natalité qui va poindre au deuxième mois de Vaënli.

 

L’accueil de la saison de Lan, neuf mois plus tôt, étaient l’occasion de festivités débridées en l’honneur du plus frivole des quatre enfants de Maëlan.

 

— Et comment se porte ma cité ?

 

Le ton de l’empereur se fit un peu plus doux aux oreilles de Lys. L’espion savait, comme chacun, l’affection que Maëlan portait à Urbaïs, la ville qu’il avait fondée cinq siècles plus tôt. Une ville qu’il voulait belle et heureuse mais qui abritait elle aussi des rues sombres et mal famées.

 

— Impossible de faire un pas devant l’autre sans tomber sur un serviteur de l’un ou l’autre de vos enfants. Pour l’instant, aucune bagarre ou autre affaire entre eux.

 

Les rivalités des quatre enfants étaient telles qu’elles rejaillissaient sur leurs peuples. Lys observait tout cela avec un mépris teinté de lassitude.

 

— Pour l’instant, répéta Maëlan à son tour.

 

Lys regarda le seigneur des Quatre Terres dans son fauteuil confortable, et vit presque la fatigue affaisser ses épaules. Maëlan se faisait vieux. L’âme qu’il abritait était beaucoup trop ancienne, beaucoup trop forte, et dévorait l’énergie vitale de ses cellules de plus en plus vite. L’empereur n’avait plus pratiqué de magie depuis bientôt quinze ans, pour préserver la dégénérescence de ce corps fragile, mais cela n’avait pas suffi.

 

— Les auberges sont pleines, les marchés aussi, la population est impatiente de goûter aux festivités que vous lui avez préparées, sire.

— Les stocks vont-ils être suffisants ?

— Une nouvelle cargaison de blé des Thaelins est prévue pour le mois prochain, les Orgoïs ont encore du millet à nous faire parvenir, et les Alayis ont déjà ramené avec eux thé, café et cacao. Les Mushadins, au vu de leurs difficultés, n’honoreront sans doute pas leur parole sur tous les produits promis. Mais les paysans des alentours travaillent déjà depuis de longs mois pour ces fêtes, sur votre ordre. Il y a de quoi nourrir chaque spectateur durant le mois.

 

Maëlan acquiesça avec lenteur Depuis le temps qu’il préparait ces jeux, il voulait que la machine bien huilée se mette correctement en marche. Il avait besoin de ce nouveau corps.

 

— Concernant l’accueil des candidats, l’arène a été nettoyée au peigne fin, et les dortoirs sont comme neufs ! Le quartier est bouclé pour assurer leur sécurité, comme vous l’aviez demandé.

— Tout est en ordre de ce côté, alors ?

— Oui, parfaitement. Par contre, votre décision n’est pas très populaire…

 

Une légère tristesse teinta le sourire de Maëlan.

 

— Il fallait s’en douter, mon petit Lys.

 

Il ferma les yeux, en proie à l’un de ses habituels maux de tête. Lys se rapprocha.

 

— Avez-vous besoin de…

— Je t’en demande bien trop, j’ai l’impression.

 

Lys haussa les épaules et se pencha vers son maître. Ses lèvres pleines entrèrent en contact avec celles, flétries, de l’empereur. Le jeune homme sentit un flux d’énergie le quitter pour gagner le corps de Maëlan à mesure que le baiser durait. La fatigue envahit son corps plus vite qu’à l’accoutumée, il devait mettre un terme à l’échange, mais le vide en Maëlan réclamait d’être comblé. Le cœur de Lys s’accéléra, ses jambes tremblèrent. Ce fut finalement le bruit d’un poing sur la porte du couloir qui stoppa le vieil homme. D’une voix où perçait toujours l’habitude du commandement, l’empereur ordonna :

 

— Entrez !

 

Lys s’écarta au moment où la porte s’ouvrit. Son regard croisa un instant celui du soldat en poste, noir et intense à lui couper le souffle. Chilam Fenrec, un jeune Orgoï à la peau mate et aux longs cheveux bruns rassemblés en tresse avait quelque chose de glorieux dans son armure d’apparat. Secrètement, Lys avait espéré le trouver là. Chilam détourna les yeux de lui pour annoncer à Maëlan :

 

— Vos enfants sont arrivés, sire.

— Fais-les entrer.

 

D’un geste de la main, il demanda à Lys de s’éloigner un peu. Maëlan aimait que son espion assiste à ce genre d’entrevues, car presque rien n’échappait à son regard aiguisé. Lys se recula derrière son maître, la silhouette cachée par l’ombre du grand trône. Il perçut le regard de Chilam sur lui, et sa peau, pas encore habituée, fourmilla. Le soldat ouvrit alors le battant en grand et les quatre enfants de Maëlan entrèrent un par un suivi de leur gardien.

 

De son pas franc et énergique, Waal vint s’installer à la droite de son père. Ses épaules carrées et sa haute taille, ainsi que ce charisme presque sauvage qui l’entourait créaient un paradoxe intéressant dans ce décor policé. Derrière lui, Leti Ioreik, sa Donneuse, resta fièrement debout.

 

Naïa entra alors de sa démarche chaloupée, ses pieds nus ne faisant presque aucun bruit sur le plancher. Lys posa les yeux sur son ventre encore rond, et se demanda combien de temps elle allait garder l’enfant à naître en elle. Son Donneur, Zalin, tira la lourde chaise à la gauche de Maëlan et l’aida à s’y asseoir avec une prévenance presque amoureuse.

 

Comme un courant d’air, Lan, l’enfant terrible de Maëlan, vint prendre place à côté de sa sœur dans des cliquetis de bijoux et des froissements de tissus. Lys vit Axiliam Hugwin se retenir de rouler des yeux et serrer les dents.

 

Enfin, noble et distante, Laosha ferma la marche et prit place entre ses deux frères. Elle posa sur les membres de sa famille un regard aussi froid que calculateur et releva les manches de son kimono pour poser les mains sur ses cuisses, dans une maîtrise d’elle presque agaçante. Zaora Za’i adopta la même rigidité en se dressant derrière le fauteuil de sa maîtresse.

 

Dans un silence pesant, Waal, Naïa, Lan et Laosha s’observèrent comme on jauge un adversaire avant de se jeter sur lui. Lys ne pouvait voir les expressions de l’empereur mais devina, au son de sa voix dure, qu’il ne voulait pas leur laisser la moindre marge de manœuvre.

 

Quelques domestiques apparurent alors pour poser devant eux un verre de vin.

 

— Bonjour, mes enfants.

 

Les quatre reportèrent son attention sur lui. Waal eut un bref signe de tête, Naïa un sourire gracieux, Laosha un simple clignement des paupières, tandis que Lan répondit d’un ton enjoué :

 

— Bonjour père ! La politesse voudrait que je vous demande comment vous allez, mais au vu de ce qui se prépare, je devine enfin nous devinons, se corrigea-t-il en désignant ses frère et sœurs d’un ample geste du bras, que c’est bientôt la fin, une nouvelle fois, n’est-ce pas ?

 

Le soupir de Waal résonna dans la pièce après sa réplique. Grand où son frère était petit, carré et franc là où Lan était joueur et volage, les deux frères ne s’étaient jamais entendus. Waal était d’une honnêteté presque brutale et s’agaçait très facilement face à son cadet qui préférait les apparences et les tours de passe-passe.

 

— En effet, mon corps actuel est entré en dégénérescence et ne va plus tarder à mourir. J’ai donc ouvert de nouveaux jeux pour le Grand Choix.

 

Lan afficha un sourire féroce et les yeux de Waal brillèrent d’un éclat belliqueux. Laosha, elle, ne laissa presque rien la trahir hormis un petit plissement de lèvres. Naïa hocha la tête, faisant danser ses dreadlocks dans son dos nu.

 

— Pour préparer les festivités, je vais donc augmenter les quotas de denrées que je vous réclame pour la capitale.

 

Waal se rengorgea. Lys s’y attendait, et ne put s’empêcher de sourire.

 

— Bien sûr, père. Les Terres de l’Ouest sont riches, prospères et correctement gouvernées.

 

Le regard qu’il porta à Laosha fissura le masque de cette dernière.

 

— Mon peuple souffre d’une sécheresse plus ardue qu’à l’accoutumée, mais nous…

— Quelle idée de s’installer dans un désert, aussi, soupira Lan en secouant la tête.

 

D’un regard, Laosha fit valser le vin du verre de son frère et l’arrêta juste devant son nez pour le changer en glace. Lan eut un mouvement de recul.

 

— Pas de dépense de magie inutile, je vous prie, intervint Maëlan.

 

Laosha changea à nouveau la forme du vin et Lan eut juste le temps de fermer les yeux avant d’en être aspergé. Maëlan l’ignora pour continuer.

 

— Tâche de maîtriser les tensions chez toi, Laosha. Aucun débordement politique ne doit entacher cet événement.

 

La plus jeune fille de Maëlan assentit d’un bref signe de tête. Lan, lui, se séchait à l’aide du vent que ses doigts faisaient naître.

 

— De toute façon, avec la liesse que le Grand Choix va apporter, ton peuple va bientôt s’assagir, intervint Naïa avec bienveillance.

— Je vais donc vous demander dans les mois qui suivent de sélectionner cinquante de vos enfants les plus prometteurs. Toujours entre quinze et vingt ans.

 

Lys savait que l’âge était volontairement bas, pour que l’enveloppe charnelle dure plus longtemps.

 

— Pourquoi ne pas prendre directement un Thaelin, père ? Cela fait deux fois que mes protégés sortent vainqueurs de ces jeux, avança Lan avec provocation.

— Peut-être que cette génération, pourrie par les fêtes que tu donnes, va échouer cette fois grand frère, siffla Laosha.

 

Lan haussa les épaules.

 

— Je sens comme des relents de jalousie dans ta critique, ma petite sœur… Tout le monde ne peut pas se vanter d’avoir les terres les plus prospères de l’empire, il est vrai.

 

Waal laissa s’échapper un ricanement. Rectification : la seule chose pour laquelle les deux frères s’entendaient, c’était pour se moquer de leur sœur.

 

— Cessez ces enfantillages !

 

Il y avait de la force dans la voix de Maëlan, donnée par cette autorité qu’il gardait sur eux malgré les siècles écoulés.

 

—Je veux que le Grand Choix perdure. Mon prochain corps sera le meilleur parmi les deux-cents jeunes gens que vous aurez sélectionnés et qui passeront vos épreuves. Je ne veux aucun débordement dans ma ville est-ce bien clair ?

 

Ses enfants serrèrent les dents et répondirent d’un simple hochement de tête. Lan ne put s’empêcher d’ajouter à mi-voix un « Dommage » qui lui valut un regard noir de son père.

 

— Les épreuves se dérouleront comme d’habitude ? demanda Naïa, les mains caressant la peau tendue de son ventre.

 

Lys retint sa respiration. Il savait que ce que son maître avait envisagé n’allait pas plaire à ses enfants.

 

— J’ai décidé d’en changer quelques peu les règles.

 

Les quatre se tendirent, toute ouïe. Ayant capté leur entière attention, Maëlan continua :

 

— Auparavant, la participation était individuelle. Les candidats les plus mal classés à la suite de chacune de vos séries d’épreuves étaient disqualifiés. Cette fois, je veux que des équipes mixtes soient formées, des groupes dans lesquels on trouvera un membre de chaque peuple. Et si un seul de ses membres est disqualifié, ses trois coéquipiers le suivront.

 

Les quatre dieux se regardèrent un instant, interdits. Lan finit par avoir un rire nerveux.

 

— Vous plaisantez, cher père…

— Je suis tout à fait sérieux.

 

Waal se leva d’un seul coup de toute son impressionnante grandeur, sa tresse dansant derrière son dos.

 

— Il en est hors de question !

 

Cinglant, l’empereur répliqua aussitôt :

 

— Je ne vous ai pas demandé votre avis.

 

Maëlan tapota simplement la table vernie, et son fils aîné se rassit, encore agité de colère.

 

— Ces jeux ne sont pas qu’un prétexte pour vous combattre. Ils sont pour moi l’occasion de réunir mon peuple autour de moi, et je veux célébrer l’union de tous. C’est pour cela que maintenant, vous formerez des équipes mixtes. Peut-être y aura-t-il moins de bagarres entre Thaelins et Orgoïs dans mes rues.

 

Lan et Waal se toisèrent en silence. Laosha gardait un air contrarié, mais Naïa finit par conclure :

 

— Il en sera fait selon vos désirs, père.

 

Lys vit l’empereur se réinstaller au fond de son siège.

 

— C’est la réponse que je voulais entendre. 

 

  
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