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Le blog de l'histoire

Dans la cadre du festival de la rentrée, voilà un petit article (illustré), en lien avec le thème de l'éducation, puisque l'école n'existe pas en tant que tel dans mon monde, dans la bourgeoisie et la noblesse.

Le thème de la condition des femmes est très important dans le Serpent qui danse. L’intrigue débute en 1891. La société millasianne est relativement permissive avec les femmes en matière d’éducation, puisque l’intelligence est très bien vue pour une malheureuse raison : c’est un critère de séduction pour les hommes, au même titre que la beauté. Ne voyez donc pas l’accès à l’éducation comme synonyme d’émancipation ; il s’agit plutôt de bien savoir parler pour plaire à la gente masculine et dorer sa propre image. Une mentalité bien curieuse aujourd’hui, mais hélas bien ancrée dans les mœurs millasiannes.

Que les femmes soient éloquentes, cultivées, oui, mais il ne s’agirait pas de leur conférer le même pouvoir que les hommes !

 Je vous propose de suivre le parcours de trois personnages féminins et de détailler comment leur éducation a influé leur destin. 

(Alice, soeur jumelle d'Isaure, autrefois passionnée de lecture)

 

Isabella, la reine sombre à l’éducation éclairée :

La reine Isabella de Millasia (1843 - 1882) est une souveraine douée d’une part d’ombre. Elle a reçu l’éducation propre à son rang : les meilleurs précepteurs lui ont dispensés des cours dans différents domaines. Isabella parle plusieurs langues, possède une culture générale impressionnante, mais c’est en politique qu’elle s’affirme. Malgré son sang royal et son niveau d’instruction, elle souffre pendant longtemps de sa condition de femme. Pendant des années, elle assiste à la lente destruction de sa mère Ariane, considérée comme une moins que rien par son époux, le roi Antonello, qui la frappe.

 

Cela marquera Isabella, qui lors de sa montée sur le trône, commencera lentement mais sûrement à initier un changement. Les déceptions seront rudes : alors qu’elle avait rassemblé nombre de partisans en organisant l’assassinat d’Antonello, voilà qu’on remet sa légitimité en cause une fois le couronnement passé ! Plus scandaleux encore, son époux Lorenzo, issu d’une vieille famille italienne, bénéficie de plus de reconnaissance qu’elle malgré son sang étranger !

Pour s’imposer, Isabella va compter sur son éducation. Fine politicienne, familière des intrigues de la cour et forte d’avoir assisté pendant des années à l’humiliation de sa mère, la reine usera de son expérience pour réaliser les bons choix.

Son goût pour la connaissance, les sciences et la technologie l’amèneront à ouvrir Millasia aux progrès de son époque : elle initiera le développement des chemins de fer par exemple. Elle veillera également à ce que les filles dans la noblesse reçoivent une éducation soignée et s’évertuera à ce que leur intelligence ne serve pas seulement d’outil de séduction. Son rêve est qu’une reine n’ait pas à batailler pour être reconnue et respectée ; elle place ainsi beaucoup d’espoir en sa fille Sophia.

 

Isaure, le combat pour la liberté :

 Isaure a reçu une instruction moindre, puisque sa mère a autrefois perdu ses titres de noblesse. Malgré son appartenance à la bourgeoisie, des précepteurs lui enseignent les matières élémentaires. Cependant, Isaure ne s’intéresse ni aux mathématiques ni à la littérature : ce qu’elle aime, c’est la danse et les balades au grand air. Ses compétences sont moyennes, au contraire de sa jumelle Alice, qui excelle. Elle rechigne à jouer de la musique ou à chanter.

Érine la compare d’ailleurs à une « sauvageonne », puisque la jeune fille disparaît souvent avec son frère aîné et Topaze pour des grandes promenades en forêt. Elle est impulsive et possède un caractère bien trempé, au contraire d'Alice, plus posée et docile aussi. En fait, Isaure sait que sa mère rêve d’un grand avenir pour ses filles, un avenir où l’instruction dont elle bénéficie n’a qu’un seul but : contracter un beau mariage. Si elle adore les mondanités, son impulsivité pose souvent problème. De plus, son attirance naissante envers Adam, son propre frère, met à mal ses désirs de mariage.

 

Après la mort de ses parents et son installation au Danemark, Isaure va abandonner les leçons afin de se consacrer à l’art de la danse (de la séduction aussi), ainsi qu’à l’apprentissage du danois pour s’intégrer dans la bonne société. Malgré son tempérament « sauvage », la jeune femme possède un autre talent : l’excellente maîtrise du millasian, de l’ancien millasian, du danois et du russe. Un détail anecdotique mais qui aura son importance par la suite.

Les événements qui se succèdent à Millasia seront douloureux pour Isaure. Considérée comme un instrument du pouvoir en place, elle perdra sa liberté, chose dont on l’a privée depuis longtemps à vrai dire, puisqu’elle a passé sa vie sous le contrôle de personnes déterminées à dicter sa conduite. Les hommes la considèrent comme un objet mignon et fragile, qu’il faut protéger ou briser, sans se soucier de ses sentiments.

Pourtant c’est pendant cette sombre période qu’elle va renouer avec l’éducation et réaliser les injustices de son statut. Pour la première fois, Isaure comprend que sa mère ne voulait pas la briser en lui offrant une telle éducation ; elle souhaitait lui offrir un esprit assez critique pour qu’elle puisse effectuer ses propres choix, dans une société où les hommes auront toujours le dernier mot. L’instruction n’apparaît donc plus comme une contrainte, mais comme un outil nécessaire pour rendre ce monde meilleur et libérer sa famille de la malédiction. Elle ne veut donc plus rester passive.

Isaure jouera par conséquent un rôle essentiel dans la vie de Jade, sa nièce. Si elle ne peut recouvrir la liberté dont on l’a privée, alors elle offrira à sa nièce les armes pour poursuivre ce que les femmes de leur famille ont autrefois commencées : la construction d’un monde plus juste, plus égalitaire pour les femmes. Elle construira, en 1892, un établissement dédié à la danse, aux arts et aux débats, soutenue par Topaze.

 

Magda Campbell, superficielle en apparence, experte en ésotérisme

Magdalena Campbell est la favorite de Rodolphe au début de l’histoire, avant d’être renvoyée de la cour. Sa réputation est scandaleuse : mariée à un homme qu’elle n’aime pas, elle subit régulièrement les critiques des nobles pour tromper ouvertement ce dernier avec le roi. Jugée superficielle, vénale et jalouse, peu de personnes connaisse sa vraie nature. La jeune femme est passionnée par les Esprits et la religion millasianne. Férue de langues, elle suscitait l’admiration de Rodolphe pour sa maîtrise des sujets ésotériques. Sa maîtrise de l’ancien millasian lui donne accès à des ouvrages d’experts, ouvrages normalement interdits aux femmes. Magda assume sa richesse et son statut : sa relation avec le souverain, qui est très permissif avec elle, lui permet de braver les règles. Elle s’instruit, consulte les meilleurs ouvrages au nom d’une cause : le Dieu-Serpent.

Son ouverture d’esprit, son esprit critique ainsi que sa sagesse feront d’elle une alliée de choix pour Sam l’errant, Rodolphe et Isaure dans la résolution de la malédiction. Une alliée de poids, victime de nombreux préjugés.

 Voilà. J'espère que vous apprécierez ces trois personnages.

Merci de m'avoir lu !

 

ps : toutes les images sont libres de droit, sauf pour celle d'Isaure où j'ai obtenu l'autorisation de sa dessinatrice pour la partager.

Elia   lundi 10 septembre 2018 à 14h3110.09.2018 à 14h31   14
Les Commentaires (Commenter)
Roselyre
lundi 10 septembre 2018 à 15h35
Super intéressant comme billet ! Ton univers est cohérent, réfléchi, assez étonnant aussi. Tu évoques des problèmes qui sont malheureusement d'actualité. Hâte d'en savoir plus !
Elia | mardi 11 septembre 2018 à 23h53
Oui hélas ça nous parle encore trop. Après ce n'est pas l'aspect principal de l'histoire (y a assez d'intrigues à gérer ), mais je me suis aperçue en retravaillant le récit que ce thème transparait pas mal et qu'il méritait d'être souligné !
Merci beaucoup de ta lecture ! :)
Rose P. Katell
lundi 10 septembre 2018 à 16h12
Très intéressant ton billet, je l'ai dévoré !
Elia | mardi 11 septembre 2018 à 23h51
Merci Rose :)
Sizel
mardi 11 septembre 2018 à 04h45
Très intéressant ce billet ! ça me donne d'autant plus envie de me replonger dans cette histoire ! J'aime beaucoup ta vision de l'éducation féminine. Je suis tombée sur quelques vidéos historiques sur youtube et je trouve qu'on oublie trop souvent les connaissances des nobles et d'autant plus des femmes.
Elia | mardi 11 septembre 2018 à 23h50
Je n'avais jamais pris le temps de penser à cet aspect-là dans les anciennes versions. C'est en la retravaillant maintenant que je me suis rendu compte que ce thème comptait et que même s'il reste en toile de fond, il méritait d'être traité :)
Oui c'est vrai qu'on oublie souvent ça. De quelles vidéos s'agit-il ? Ça m'intéresse !
Sizel | mercredi 12 septembre 2018 à 01h56
Des rediffusions de secrets d'histoire (très romancé) et une autre émission d'Arte (je ne sais plus le titre). Ils y parlent mafia, prostitués,...
Nascana
jeudi 13 septembre 2018 à 23h11
Ravie de faire la connaissance des ces personnages.
Elia | samedi 15 septembre 2018 à 14h04
merci Nascana !
Jamreo
samedi 15 septembre 2018 à 10h07
Un article très complet et écrit d'une plume agréable pour ne rien gâcher ! Très intéressant de voir comment ces trois personnages ont été instruits et quelle est leur relation au savoir dans le monde de Millasia ^^
Elia | samedi 15 septembre 2018 à 14h03
Merci beaucoup :) pour Isabella ce sera dur vu qu'elle est morte (même si elle apparaît dans le récit dédié à Sophia), mais pour Isaure et Magda ce sera visible cette relation, enfin surtout pour Magda je dirai. Merci de ton passage !
Elia | samedi 15 septembre 2018 à 14h03
Merci beaucoup :) pour Isabella ce sera dur vu qu'elle est morte (même si elle apparaît dans le récit dédié à Sophia), mais pour Isaure et Magda ce sera visible cette relation, enfin surtout pour Magda je dirai. Merci de ton passage !
Aislune S.
lundi 17 septembre 2018 à 21h12
J'en connais un peu plus sur ces trois femmes, dont deux que je n'ai pas croisées . Ici, on voit que le problème de l'égalité homme/femme est comparable à celui de la société d'aujourd'hui. Le parallèle est-il voulu ?
Elia | mardi 18 septembre 2018 à 19h27
Non et Magda apparaît assez tardivement oui. En fait les inégalités hommes/femmes, ainsi que les clichés qu'on leur associe est un thème qui me tient très à coeur et qui est trop d'actualité. Il n'y a pas de volonté de dénoncer (au vu du comportement d'Isaure et du tournant de l'histoire), mais plutôt l'envie d'aborder ce thème sans que ça entre dans le registre de la dénonciation. D'ailleurs, je ne pense pas que ce soit le sujet qui saute le plus aux yeux de prime abord, mais je tenais malgré tout à ce qu'il soit traité. :)
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