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1 « L'Allée est sur les dents... »
1 « La colère du Gardien »
Publié par Pandallyster, le jeudi 28 janvier 2021

Nous sommes en 2020 après Jésus-Christ. Toute la terre est confinée dans la déprime de l'arrière-saison. Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Conteurs résiste encore et toujours à la morosité !

En ce matin d'automne, l'Allée des Conteurs s'éveillait tranquillement. Le soleil s'élevait lentement au-dessus de l'horizon, encouragé dans sa course naissante par le chant des moineaux et rouges-gorges, auquel se joignit bientôt la note sifflante du samovar de la boutique de jouets. Partout, les fenêtres s'éclairaient, les cheminées fumaient leur première bûche et des odeurs de thé chaud, de café, de chocolat, de pain grillé et de viennoiseries se répandaient dans les rues.

La journée s'annonçait sous des auspices de tranquillité et d'harmonie.
BOUARK ! Autant dire sous des hospices de tranquillisants et de fin de vie !

Heureusement, Folletto, spectre de son état et parangon de l'humour, était là pour sauver la situation ! Volant de maison en maison à travers les murs, il arracha la couette douillette de Ploum, affola la théière de Lilitor, balança une grenade à plâtre dans la cheminée du Panda, effraya le chat de Codan – qui alla s'accrocher aux rideaux en crachant- renversa la pile de casserole en promotion de l'épicerie-bazar et alla les accrocher aux queues des toutous du bar-à-chiens avant de les libérer dans les rues. En moins d'une minute, tous les habitants de l'Allée étaient dehors, affolés et hagards.

Alors, se saisissant de son porte-voix préféré – le grand doré avec une trace de rose à lèvre de Pammy dessus, il lança à la cantonade :
"REVEILLEZ-VOUS, BANDE DE MOULES ! RASSEMBLEMENT SUR LA PLACE DE LA FONTAINE !
– On n'est pas à l'armée, ici ! Et on n'est pas sourds ! lui répondit une Ploum furieuse à lui jetant des matous à la figure. Rends-moi ma couette, poltergeist de malheur !"

Loin de se formaliser de cet accueil de sa déclaration – qui lui rappelait la gloire de ses années de vie sur les planches, lorsque ses admirateurs et admiratrices lui envoyaient de généreuses brassées de légumes pour l'aider à subsister - il continua : "JE VEUX TOUT LE MONDE SUR SON TRENTE ET UN EN RANG PAR TROIS DANS CINQ MINUTES !"

Et chacun de râler.

" Ca fait trop de chiffres… soupira Liz, la petite servante, J'y comprends rien…"
– Il est trop tôt… Moi je ne suis pas opérationnel avant 15h du matin… protesta le Panda, qui, couvert de plâtre, ressemblait davantage à un ours polaire.
– Moi je peux pas : j'ai mon inventaire de septembre à finir… Et tu me dois 250 pièces d'or pour les casseroles Folletto ! gronda Béa.
– Rends-moi d'abord ma couette ! pesta Ploum en lui jetant une paire supplémentaire de démons poilus à travers le corps.
– Aidez-moi à rattraper les chiens !" appelait une Rose paniquée courant dans tous les sens.

Une fenêtre s'ouvrit sur une tête de squale au regard menaçant.

"C'est quoi, encore, ce boucan de bon matin ? rugit Jérôme, rejetant en arrière la capuche de son kigurumi requin.
– IL SE PASSE QUE VOUS ALLEZ VOUS REMUER LE CROUPION ! OU JE LÂCHE LE GARDIEN !" surenchérit la voix tonitruante de l'esprit frappeur pour couvrir le tumulte des protestations, décoiffant au passage les chignons même les plus serrés.

La menace avait de quoi faire frémir, et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire – ou plutôt l'écrire – les habitants furent regroupés, certes un peu en vrac et encore débraillés, mais présents.

"Bon, et maintenant, tu veux bien nous dire ce qu'il y a de si urgent ? demanda Théas, appuyé contre une colonnade de l'hôtel de ville, une tasse de café fumant à la main.
– Il y a qu'il s'est produit un très fâcheux incident qu'il va vite falloir résoudre avant que…
Le fantôme n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Du volcan qui surplombait la commune, un terrible rugissement s'éleva, qui fit trembler le pavé de la bourgade, sursauter Théas qui renversa son cappu, fuir les piafs qui d'affolement répandirent leurs fientes, et rentrer les chiens de Rose au bercail.
"QUI ? QUI A OSÉ ?
– Oups… Trop tard… Commenta le fantôme. Je vous avais bien dit de vous dépêcher. Mais écoute-t-on le brave Folletto ? Non ! On traînasse, on geignasse, on se plaignasse, et voilà le résultat !
– TROUVEZ-MOI LE RESPONSABLE DE CET OUTRAGE ! IMMEDIATEMENT ! OU JE REDUIRAI VOS MISÉRABLES CAHUTES EN CENDRE COMME LE FIT JADIS GRAND-PAPI SMAUG À LACVILLE !"

Enfin le calme, ainsi qu'un bon centimètre de cendres, retombèrent sur la ville.

" Le responsable de quoi, au juste ?" s'enquit Codan d'une toute petite voix.

Tous les regards revinrent sur fidèle et fantomatique ami du terrible dragon. Celui-ci, conscient d'avoir l'attention de tous, chose qu'il aimait par-dessus tout et que son talent naturel pour la comédie aurait dû lui garantir en permanence s'il n'avait été entouré de rustres ignares, prit son air le plus digne, celui qu'il réservait aux grands rôles tragiques de Shakespeare, Corneille ou Ibsen.

" Du vol d'une dent.
Un orchestre symphonique au grand complet surgit d'on ne sait où ponctua sa déclaration d'une note dramatique.
– Une dent ? s'étonna en chœur l'assemblée.
– Oui, une dent. reprit le comédien trépassé, satisfait de son effet. Mais pas n'importe quelle dent, non : la dent en or de sa Mamounette."

Théas recracha ce qui lui restait de son kawa par le nez.

- … Sa… Mamounette ?
- Sa grand-mère. expliqua le spectre avec agacement. Au lieu de vous attarder sur des détails sans importance, je vous suggère de vous activer ! A moins que ne teniez à commencer Noël par le feu de la Saint-Jean !

Jérôme, qui avait passé son écharpe de maire sur son pyjama, se saisit du porte-voix abandonné par Folletto – le grand doré avec une trace de rose à lèvre de Pammy dessus – et annonça avec force et détermination.

– RÉUNION À L'HÔTEL DE VILLE IMMÉDIATEMENT ! NOUS DEVONS RÉSOUDRE CE PROBLÈME AU PLUS VOTE PAR UN VITE !
– Au plus vite par un vote. corrigea Théas.
– … ENFIN VOUS M'AVEZ COMPRIS !

A présent, cher lecteur, c'est à toi qu'il appartient de décider de la conclusion de ce palpitant épisode. Quelle attitude les résidents de l'Allée vont-ils choisir d'adopter pour résoudre cet épineux problème ?

- Fin nombeur oine : -



Après quelques débats internes, plus ou moins démocratiques, les résidents décidèrent qu'attendu que c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes, il convenait d'appliquer la solution que l'on employait de coutume pour ce genre de problème: Voter au hasard pour décider qui était le coupable et l'envoyer au picoteur pour apaiser le courroux du Gardien.
Certes, ce remède s'était souvent avéré être pire que le mal et n'avait jusque là pas eut la moindre efficacité pour les débarrasser des vampires, mais une tradition est une tradition. Et un voleur n'étant pas un vampire –quoique ce ne fut pas exclu- ce qui ne marchait pas avec les uns pourrait marcher avec l'autre.
Ce fut donc dans une joie et une allégresse teintées d'une once de cruauté que l'on ressortit l'antique et redoutable machine pour l'installer, menaçante, à côté du sapin de Noël.
L'Allée allait elle sombrer dans un nouvel épisode d'obscurantisme et de terreur ? Cette solution sanglante suffirait elle à apaiser la colère du terrible dragon ?

- Fin nombeur tout : -



Après quelques débats internes, plus ou moins démocratiques, les résidents décidèrent de tenter de duper le dragon : On allait, dans le plus grand secret, construire une réplique de l'Allée en carton plâtre et dissimuler la vraie sous un voile de camouflage. Ainsi, lorsqu'il viendrait au céleste courroux l'envie de s'abattre, tel le fléau des Terres du Milieu, sur leur confortable citée et de la réduire en flamme, il trouverait de quoi épancher sa colère à moindre frais pour le contribuable.
Jérôme se mit aussitôt à rédiger une offre de marché public à destinations des entreprises – en ricanant, bien que personne ne sut pourquoi. Codan entreprit d'exhumer les plans de l'Allée et de les recopier, avec les cotes et hauteurs des bâtiments. Neliia, la brave soldate du feu, se chargea de définir les matières et peintures à utiliser ainsi que les précautions à respecter lors de la construction pour ne pas que le feu de la fausse Allée ne se propageât à la vraie, et le Panda se mit en devoir d'inventer le voile de camouflage le plus bluffant qui soit. Rose, accompagnée et aidée de ses fidèles toutous, servit du thé – assaisonné par Serenya d'herbes pour booster la productivité - à tout le monde. Enfin, Sizel mit les reliques à l'abri quand même – au cas où.
L'Allée se préparait au pire. Mais cet expédient suffirait il à y échapper ? Pouvait-on leurrer un Dragon plusieurs fois centenaire avec un décor de théâtre ?

- Fin nombeur Frit : -



Après quelques débats internes, plus ou moins démocratiques, les résidents en vinrent à une conclusion : ce vol ne peut être que l'histoire de la dent en or. Sinon à quoi servirait cette expression un brin désuète ? Partant de là, "hé, à quoi ça sert que Ducroc il se décarcasse ?" comme disait Jérôme en mimant la chose avec la mâchoire de son kigurumi. Ou, ainsi que le résuma plus prosaïquement Ploum, avant de retourner dans son cabinet et d'en claquer la porte : "Pas que ça à faire ! Y'a des gens qui travaillent !"
On décida, tout de même, afin de ménager la susceptibilité du grand saurien et d'éviter que la ville ne finisse en cendres fines, de faire un effort : grâce à une contribution générale, volontaire ou non, on allait confectionner une pièce d'or XXL et expliquer au Gardien que la Petite Souris était passée et avait changé la dent de Mamounette en espèce sonnante et trébuchante.
L'Allée sera-t-elle sauvée par ce stratagème enfantin ? L'histoire de la Petite souris suffirait elle à éviter aux habitants de devoir fuir tel des rats abandonnant un navire ?

- Fin nombeur Fort : -



Après quelques débats internes, plus ou moins démocratiques, les résidents en vinrent à la seule conclusion possible : Il fallait trouver le fin mot de cette affaire et la fameuse dent en or ! Pour cela, il fallait, de toute évidence, mener une enquête. Qui, parmi eux, pourrait être à la hauteur de cette tâche ? Qui aurait la vivacité d'esprit, le flair, pour mener à bien cette mission ? Qui saurait chercher un poil sur un œuf ? Qui saurait retomber sur ses pattes malgré les aléas que ne pouvait manquer de comporter une affaire de cette importance ? Ce ne pouvait être que le plus qualifié d'entre eux, l'homme à quatre poils, celui qui se faisait appeler "Docteur" : Le Panda.
"Mais… Personne ne sait en quoi il est docteur… fit humblement remarquer Liz.
– Justement, répondit Jérôme, ça laisse place à un champ de compétences assez large. De toute façon, le seul autre doctorat de l'Allée est celui de Ploum, et…
– Ah non, hé ! eclata la susnommée. Ce n'est pas mon problème ! Moi je suis vétérinaire, pas dentiste ! Et je ne travaille pas en dehors des heures d'ouverture de mon cabinet !
– … Et Serenya… continua l'idylle imperturbable.
– Ça ne peut pas être moi, je ne suis pas docteur : je n'ai jamais fait ma thèse ! contra l'herboriste.
– Hé ben voilà. Donc, adjugé vendu. Ce sera le Panda. … Enfin le Pandours-blanc.

L'Allée a-t-elle bien choisi son sauveur ? Peut-on être à la fois couvert de plâtre et un bon enquêteur sans essuyer les plâtres ? Le Panda était il un véritable docteur ou bien un emplâtre ?

- Fin nombeur Faille vœux: -



Après quelques débats internes, plus ou moins démocratiques, les résidents en vinrent à la seule conclusion possible : Il fallait trouver le fin mot de cette affaire et la fameuse dent en or ! Pour cela, il fallait, de toute évidence, mener une enquête. Qui pourrait être à la hauteur de cette tâche ? Qui saurait tailler en plein draps ? Qui avait de l'esprit comme quatre, l'esprit de corps, l'esprit de suite, l'esprit mal tourné, qui avait déjà rendu l'esprit ? Une seule réponse, claire et évidente s'imposait : Folletto ! Oui, c'était sur Folletto, l'Esprit Frappeur de l'Allée, surnommé (par lui-même) le Grand Esprit que devaient reposer tous les espoirs des habitants. Cette affaire serait, à n'en pas douter, le plus grand rôle de sa non-vie.
L'Allée serait elle sauvée par celui-là même qui l'avait si souvent mise sans dessus-dessous ? Un ectoplasme, tout intangible qu'il soit, pouvait-il avoir les épaules assez solides pour mener une enquête ? L'issue de cette pièce en ferait elle une comédie ou une tragédie ?


Quelle que soit la fin que vous choisirez, chers lecteurs, la réponse à sa question est :
Vous le saurez au prochain épisode !
Vous pouvez voter pour votre fin préférée sur le blog : https://www.alleedesconteurs.fr/fictions/iletaitunefois/blogpost-1493.html
  
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