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L'échelle narrative
Article rédigé par Ghaan & publié le 24.07.2015 dans Ecriture
Outil 4 : Le juste équilibre


J’avais tendance à croire que l’on peut se passer des deux extrémités: l’exposition distante et les pensées intimes des personnages. Mais après des critiques violentes de mes relecteurs, j’ai compris que c’était faux!



Les descriptions, par exemple, permettent de fixer le monde dans l’esprit du lecteur. Il faut toujours un minimum de descriptions avant des dialogues ou une action, même si elle est parcimonieuse et habilement dissimulée. Le lecteur a de l’imagination, certes, mais il a besoin de quelques petits détails bien choisis pour voir naître un décor ou un personnage devant lui. Bien que je n’écrive pas à la première personne, j’ai tendance à voir le monde par les yeux de mon héros. S’il se contrefout d’un objet, je ne vois pas l’intérêt de le décrire. J’ai aussi tendance à utiliser ses mots, même si c’est de l’argot. On me le reproche souvent. De mon côté, je ne supporte pas les mots tarabiscotés mis devant les yeux d’une ado de 15 ans. Chacun ses goûts! Je vous renvoie ici sur les conseils de Stephen King, dans Ecriture: Mémoires d’un métier (mon maître à penser ^^).

L’exposition aussi a son importance. Si on zappe totalement ce mode de narration et qu’on “montre” tout, un petit roman prévu à 60kmots devient à la fin un roman fleuve de 150kmots, une plaie à corriger et surtout une plaie à lire (vécu!). Le lecteur, essoufflé, lassé, ne finira pas le livre. Il faut donc savoir quand poser la caméra et prendre la plume pour narrer tranquillement. On choisit les scènes clefs à montrer et à disséminer le long de l’histoire pour faire naître les émotions souhaitées. Si l’on suit l’exemple de notre petit berger, après cette scène « montrée » pour donner le ton, on peut résumer le reste du voyage et accélérer le temps avec de l’exposition puis peu à peu revenir dans la description et enfin dans l’action pour entamer une nouvelle scène choc. Par exemple, le moment où il affrontera les flammes du dragon ou lorsqu’il devra choisir entre se sacrifier pour sauver le village où fuir face au dragon.

Enfin, si on écrit un texte avec uniquement de l’action, des dialogues et des descriptions sensorielles, il en ressort une impression d’immédiateté et de frénésie. Le personnage et le lecteur enchaînent actions et sensations et n’ont jamais le temps de souffler et d’intégrer ce qu’ils viennent d’expérimenter. Le flux de conscience permet, lui, d’entrer dans la tête du personnage ou de voir par ses yeux. C’est un moment très important après une séquence clef. Que ressent l’héroïne après le baiser fougueux du prince? Que pense le héros en contemplant le cadavre de son pire ennemi à ses pieds? (quoi, mes exemples sont sexistes? ). Le flux de conscience laisse au lecteur le temps de se reposer les yeux et de tourner son esprit vers son propre cœur. « Qu’a-t-il ressenti ? » « Qu’a-t-il retenu ? ».

Conclusion : Accrocher les wagons

Plus la scène est critique, plus elle doit être montrée et non narrée. Comme dirait Emma Darwin, dans son article «Showing and tellling, the basics » . “C’est comme un train: montrer c’est les wagons où tout arrive, raconter c’est les bons, forts et flexibles sas qui mènent d’un wagon à l’autre.” Elle dit aussi: “Raconter sert pour couvrir la distance lorsque tu en as besoin, ça a beaucoup de valeur. Et tu peux toujours le colorer avec la voix du personnage et et son point de vue – Rend le montr-able – même si tu es juste en train de couvrir la distance.” (traduit de l'anglais)
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Lily H. Kitling
lundi 17 avril 2017 à 12h45

Merci beaucoup pour cet article très intéressant, et de bon conseil !
Beatrice Aubeterre
jeudi 3 septembre 2015 à 10h38

Un article très fouillé, bravo !
Comme tous les conseils, je crois que c'est très bien dans un premier temps pour bien maîtriser les choses, puis savoir par la suite s'en éloigner une fois qu'on a assez de recul. :)
Nascana
jeudi 6 août 2015 à 13h07

Très intéressant, ça pose de bonnes bases de réflexions. J'aime bien l'image des wagons.

Nascana
Clyfia Shana
mardi 4 août 2015 à 14h44

C'est un article bien construit Ghaan. Théorique avec des exemples. J'avoue, je fais comme Dio, je suis mon instinct et je suis peu la recette, le mélange se fait tout seul et librement.
Diogene
mercredi 29 juillet 2015 à 14h56

Salut Ghann,

C'est vrai que je ne me pose jamais ce genre de questions, écrivant à l'instinct et au ressenti. (et puis je n'aime pas me les poser). Cependant, comme Sizel, je suis d'accord avec ta conclusion, on a toujours besoin de trouer un juste équilibre, même s'il n'est pas toujours simple à atteindre.
Sizel
mardi 28 juillet 2015 à 14h11

Je l'ai déjà évoqué, mais je n'ai pas l'habitude d'étudier mes histoires d'une façon plus technique ! Par contre, j'approuve complètement ta conclusion : il faut recherche l'équilibre, bien que pas forcément parfait selon ce l'effet qu'on veut donner à une scène ! ça pourrait même me débloquer quand mon chapitre ne va pas dans la direction que je souhaite ^^
Jewel
lundi 27 juillet 2015 à 13h21

Merci pour cet article Ghaan, ça fait toujours du bien de se remettre ces petites choses en tête. :)
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