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Les défis d'Aislune
Dame Conteuse "Sombresaile"
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Inscription: 12 Nov 2015, 17:35
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Localisation: Territoire de Belfort
29 Sep 2017, 19:22Re: Les défis d'Aislune
La suite... bientôt ;) !
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Dame Conteuse "Sombresaile"
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Localisation: Territoire de Belfort
30 Sep 2017, 17:44Re: Les défis d'Aislune
Et voilà !


Défi n°9
Option taille 1000 mots
Objet « argent (minerai) »
Emotion « regret »
Couleur « argenté »



Univers : SF
Nombre de mots : 1069


« Voyage contre la montre » (extrait)
Enfin, il parla d’une voix lente :
— À ta guise.
— Cependant, j’exige que vous restiez avec moi tant que je ne serai pas revenu dans la bonne époque.
— Très bien, mais dépêche-toi.
Le jeune homme fronça les sourcils. Pourquoi ? Après tout, ils avaient tout leur temps – sans mauvais jeu de mots. Il haussa les épaules.
— Puis-je prendre pour argent comptant tout ce que vous m’avez révélé ?
Il éprouvait le besoin de poser la question.
— Je te donne ma parole, jeune homme.
Le fantôme se dirigea vers la barre, puis s’affaira à la tourner. Lentement, le voilier obéit. Garance eut l’impression que le paysage se défilait devant lui tel un kaléidoscope. Il finit par fermer les yeux à cause du vertige qui s’ensuivit.
Au bout de longues minutes, il consentit toutefois à les rouvrir. Alors, était-il revenu à son point de départ ? Il fronça les sourcils lorsque le soleil l’aveugla, puis observa la mer redevenue bleue avec impatience. Cependant, il se rendit compte que le capitaine était encore là. Il croisa les bras et rétorqua :
— Ce n’est pas bon ?
— Eh bien non.
— Où sommes-nous ?
— Toujours dans la mer Méditerranée, le taquina-t-il.
Le jeune homme rougit de contrariété et siffla :
— Quand exactement ?
— Tu auras ta réponse d’ici deux secondes.
— Je la veux tout de suite, ma réponse !
L’agacement cédait la place à la colère. Non, mais comment osait-il le laisser dans le flou total ? Alors qu’il s’apprêtait à invectiver le fantôme de nouveau, ses yeux verts aperçurent un navire au loin qui se dirigeait tout droit vers eux. Au fur et à mesure de son avancée, Garance pâlit. Il le pointa du doigt et bégaya :
— Ce… C’est… une galère romaine ?
Il n’était pas un connaisseur en navigation aquatique, mais de rares souvenirs de sa scolarité lui revenaient. Le capitaine hocha la tête.
— Il faut retourner sur les eaux du Temps ! Vite ! s’égosilla le jeune homme.
Si jamais ils étaient vus, c’en serait fini d’eux ! Pourtant, le fantôme ne bougeait plus. Le cœur de Garance s’accéléra. Un goût de bile remonta dans sa gorge. La sueur coula le long de ses tempes.
— On va se faire repérer !
Plus que quelques lieues. C’était un miracle si les occupants de la galère ne les avaient toujours pas canardés. Un sourire narquois se dessinait sur le visage du capitaine.
Le navire passa à côté d’eux sans aucune réaction. Stupéfait, Garance le regarda s’éloigner, puis tomba à genoux en tremblant. Il avait cru sa dernière heure arrivée. D’une voix moqueuse, le capitaine s’adressa à lui :
— Une promesse est une promesse. Je reste avec toi tant que tu n’as pas retrouvé ton époque. Pour ça, on est invisibles et on peut revenir dans les eaux du Temps à tout moment.
Comme pour appuyer ses propos, un vent frigorifiant se leva autour d’eux. Le ciel s’obscurcit pour se parer de ses étoiles familières, et la mer regagna ses nuances multicolores. Garance garda le silence tandis qu’il se remettait du choc. Le fantôme le pressait :
— Allez, dépêche-toi. Choisis une autre direction.
— Laissez-moi réfléchir, enfin !
— Le Temps est capricieux, jeune homme. Je t’aurais prévenu. Tu n’auras bientôt plus le loisir d’éprouver du regret.
Pourquoi insistait-il autant ? De plus, que signifiait sa phrase sibylline ?
— Comment ça ?
Le capitaine le fixa avec un amusement qui lui fit froid dans le dos. Pour une raison qu’il n’expliquait pas, la couleur de son aura se rapprochait de l’argenté désormais.
— Crois-moi. Si je te dis que tu dois te manier, il le faut.
Garance frissonna et se décida à lui obéir.
— Eh bien, puisque la logique ne fonctionne pas ici, repartons en arrière ! Vu qu’en tournant en rond, on a atterri dans le passé…
— Amerri, le corrigea le fantôme.
Le jeune homme le foudroya du regard.
— Vous m’avez parfaitement compris.
— Eh bien, tes désirs sont des ordres !
Sans plus attendre, le capitaine manœuvra la barre pour virer de bord. Les dents serrées, Garance se tint au mat, non sans grommeler :
—  Vous ne touchez jamais aux voiles ?
— Pas besoin !
— Mais, le vent…
— Il n’apparaît qu’aux bonds dans le temps, petit.
Perplexe, le jeune homme n’osa plus poser de questions. Le fantôme savait sans doute ce qu’il faisait. Si le voilier avançait sans vent, alors le Temps le remplaçait peut-être ! Tant d’hypothèses tournoyaient au sein de son esprit, dont certaines paraissaient tellement grotesques !
Trop plongé dans ses pensées, Garance ne s’aperçut qu’au dernier moment qu’au loin, la voûte céleste ténébreuse était gagnée par une lumière bleue diffuse. Il écarquilla les yeux. D’un ton blasé, le capitaine s’adressa à lui :
— C’est toujours comme ça lorsqu’on tend vers l’avenir.
— Ah bon ?
— Ouais. Tu n’as pas regardé assez attentivement tout à l’heure, mais le ciel a viré au rouge un bref instant quand nous retournions dans le passé.
— J’avais le vertige à cause du mouvement ! Et là, vous êtes en train de me dire que je me suis encore planté ?
— J’en ai bien peur, jeune homme.
Garance s’empourpra de rage.
— Vous ne m’aidez pas beaucoup ! En plus, vous me sommez de me dépêcher !
— C’est pour ton bien, se borna à lui répondre le capitaine.
— Puis y a rien de logique ! Pourquoi quand on revient en arrière, on tombe dans le futur ? Pourquoi en tournant en rond, on échoue dans le passé ?
— Parce que tu crois que les repères humains s’appliquent ici ? ricana le fantôme.
Désormais, la mer revêtait un aspect grisâtre qui ne plut pas au jeune homme. Une odeur de pourriture s’en dégageait. La nuit dominait toujours, mais d’épais nuages dissimulaient l’éclat des étoiles. Il arqua un sourcil.
— Pas très accueillant.
— Il s’agit d’un futur possible de la planète.
— Ah ! Parce qu’en plus, on se tape les dimensions parallèles ?
Le capitaine s’esclaffa tandis qu’il continuait de naviguer.
— Eh ! C’est pas différent pour le passé et le présent. Tu sais, le Temps est pareil à l’eau, linéaire comme arborescent, mais il peut aussi voyager à rebours. Quand on fait des bonds, on modifie son cours.
Garance éprouva l’envie de se jeter sur le fantôme pour l’étrangler, mais se ravisa. Il le traverserait et finirait par tomber dans la mer !
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Noble Conteur "Sombresaile"
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01 Oct 2017, 00:59Re: Les défis d'Aislune
Ah lala ! à force de tournicoter, ton père Garance il va finir rouge pivoine :D
Bon, alors il veut pas se mouiller et a des difficultés avec les affres des bonds temporels ? Je pense bien qu'à sa place, on emmènerait pas au large :p
Bien, courage, la ténacité, ça va finir par payer :)
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Dame Conteuse "Sombresaile"
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01 Oct 2017, 11:08Re: Les défis d'Aislune
FFMONRISE : ... ou pas ! S'il savait ce qui l'attend... ^^

Voilà le défi n°10, qui est la suite des autres... mais pour la fin de l'histoire en elle-même, rendez-vous sur le Conteur :D !


Défi n°10
Standard (jusqu'à 1.000 mots)
Objet « ventilateur »
Emotion « jalousie »
Couleur « bleu-marine »



Univers : SF
Nombre de mots : 412 (si j'ai bien compris, le défi standard est libre, donc pas obligée d'aller jusqu'à 1000 mots...)

« Voyage contre la montre » (extrait)
Il inspira profondément à la place et, tout en fixant les eaux putrescentes, maugréa :
— Pfff, allez, faut tout recommencer.
Le jeune homme fut envahi par un soulagement quasiment empli de joie quand après la levée du vent familier, la mer retrouva ses teintes polychromes. Il ne s’embarrassa pas et s’adressa au capitaine, à qui il tournait le dos :
— Filer droit devant ne mènera nulle part à mon avis, et virer à droite est un piège. On associe la gauche au diable dans la religion, mais je cours le risque.
Garance braqua son regard sur le fantôme afin de s’assurer que son ordre était pris en compte ; il remarqua que son aura s’était parée d’une belle nuance bleu marine. Mal à l’aise, il en conclut que le phénomène avait un lien avec les couleurs des eaux du Temps.
Il n’avait pas idée à quel point.
Un éclat naquit dans les yeux d’obsidienne du capitaine, qui acquiesça et s’exécuta. Prêt à tout, Garance rongea de nouveau son frein. En essayant toutes les directions, il parviendrait bien à revenir à son époque ! Bon, il attraperait sans doute la mort à force de subir les assauts du vent, qui soufflait comme un ventilateur encrassé, chaque fois qu’ils effectuaient un bond. Il observa avec attention le ciel.
Avec appréhension, il ne discernait que son éternel velours d’ébène. D’une lueur triomphante, les étoiles semblaient les saluer. Le jeune homme sentit un sourire effleurer ses lèvres. Oui ! Il était réapparu à son point d’origine ! D’ailleurs, son mal de tête revenait en force ! Malgré tout, un inconvénient se posait : il était seul. Le moniteur qui avait conduit le voilier était tombé dans la mer à cause de la tempête, Garance en était convaincu. Il lui faudrait lancer une fusée de détresse. Quand il serait tiré d’affaire et que l’on aurait prouvé son innocence, il retournerait dans son appartement cossu. Son existence reprendrait, aussi peu trépidante que celle d’une ménagère de moins de cinquante ans au foyer.
Il haussa les épaules. Après ce qu’il avait vécu, son envie d’aventures s’était refroidie, de même que sa jalousie maladive envers son frère et son destin épanouissant.
Plongé dans ses réflexions, il lorgna du côté de la barre. Le fantôme la tenait toujours avec autant de fermeté. Ahuri, Garance se releva et bredouilla :
— Q… quoi ? Vous êtes encore là ?
Un rire profond lui répondit.
— Pas de chance, petit… Le temps est écoulé.
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Noble Conteur "Sombresaile"
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Inscription: 16 Sep 2015, 18:58
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01 Oct 2017, 15:14Re: Les défis d'Aislune
Comme quoi, les histoires courtes les plus longues peuvent quand même surprendre leur petit monde :D
(lu et commenté sur Le Conteur, aussi...)
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Dame Conteuse "Sombresaile"
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Inscription: 12 Juil 2017, 23:51
Messages: 1239
Localisation: Nantes
01 Oct 2017, 18:06Re: Les défis d'Aislune
Les mots se marient vachement bien avec le texte, qui est lui-même tout fluide et tout doux à lire. :)


Dame Conteuse "Sombresaile"
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Inscription: 12 Nov 2015, 17:35
Messages: 2820
Localisation: Territoire de Belfort
06 Oct 2017, 21:17Re: Les défis d'Aislune
FF : :P.

L. Williams : Merci :dragonda: :dragonda:
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Dame Conteuse "Sombresaile"
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Inscription: 12 Nov 2015, 17:35
Messages: 2820
Localisation: Territoire de Belfort
15 Oct 2017, 13:32Re: Les défis d'Aislune
Et voilà le défi n°11 !

Option taille 1000 mots
Objet « jardin »
Emotion « amnésie »
Couleur « azur »


Univers : fantastique
Nombre de mots : 1003

« Le Choix » (extrait)
Un rayon de soleil pâlot effleura les joues de Lise et la sortit de sa somnolence. Elle se redressa et se massa les reins. La banquette du train n’était vraiment pas confortable. Elle frotta ses yeux noisette et coula un regard à l’extérieur après avoir tiré le rideau au tissu rêche. Elle se racla la gorge.

Des champs à perte de vue. Une légère brume matinale y ondoyait avec paresse. Des gouttes de rosée glissèrent sur la vitre. Plus tard, elle y apercevrait peut-être des vaches ou des moutons y brouter. Lise se laissa absorber par le spectacle. Tout était prétexte pour la distraction. Elle refusait de songer à autre chose pour l’instant.

Le train qui devait la conduire chez ses parents filait à une allure plutôt modérée. Elle poussa un profond soupir. Elle ignorait pourquoi elle avait accepté l’invitation de sa mère. Si elle s’était écoutée, elle aurait…

En réalité, elle l’ignorait aussi.

La jeune femme recoiffa rapidement ses longs cheveux blonds en un chignon lâche. Hélas, ils étaient si fins que sa pince les retenait à grand-peine. Elle réajusta son châle ensuite.

Une décélération la tira de ses pensées. Intriguée, elle attendit. Le train finit par s’immobiliser et, bien entendu, le contrôleur en avertit ses passagers. Encore une panne. La SNCF ne s’améliorait guère d’année en année.

Lise en profita pour se lever. À l’intérieur du compartiment où elle s’était terrée, il n’y avait personne. Elle avait besoin de se dégourdir les jambes et de discuter un peu avec quelqu’un. N’importe qui.

Elle sortit dans le couloir. Personne. L’étonnement la saisit. Pourtant, lorsqu’elle était montée, pas mal de monde s’était installé dans le même wagon qu’elle. Peut-être que le train s’était arrêté en gare plusieurs fois, mais de là à ce que tous les voyageurs descendent…

Lise haussa les épaules. Finalement, peut-être valait-il mieux qu’elle reste seule. Elle n’avait pas envie d’entretenir de longues conversations, surtout s’il fallait qu’elle parle de sa vie ou qu’elle écoute son interlocuteur bavasser à n’en plus finir.

Ses iris se perdirent dans l’azur blême du ciel. Quelle heure était-il ? Elle était partie très tôt. Déjà qu’elle manquait de sommeil… La jeune femme étouffa un bâillement. De nouveau, elle s’interrogea : pourquoi venait-elle rendre visite à ses parents ? Pourquoi avait-elle pris le train ? Depuis environ trois mois, elle nageait dans une confusion complète quant à son avenir. Elle ne s’épanouissait pas du tout dans son emploi de secrétariat médical. Elle se renfermait sur elle-même, tournait en rond dans son studio misérable. Plus rien ne la poussait à avancer pour l’instant. Ce n’était pas faute d’avoir essayé d’élaborer des projets et d’alimenter des rêves aussi vieux qu’elle.

Une lourde fatigue s’abattit sur les épaules de Lise. La migraine pointa le bout de son nez. Sa perte de motivation était inexpliquée. Pourtant, elle se débrouillait mieux que les gens de son âge. Sa situation était stable, au moins…

Par moments, la jeune femme souhaitait être victime d’amnésie. Peut-être qu’elle parviendrait enfin à comprendre qui elle était, à découvrir sa véritable nature. Elle ne se sentait pas à sa place dans ce monde sans cesse en évolution, là où elle demeurait statique malgré ses efforts.

Elle secoua la tête. Elle devait arrêter de nourrir des pensées morbides ! Cela faisait partie également de son quotidien depuis ces derniers mois. Qu’allait-elle dire à ses parents ? Mentir n’était pas son style. Agacée, Lise se recoiffa. Sa pince avait glissé. Décidément, elle aurait mieux fait de prendre un élastique !

Elle guetta l’extérieur. Le train se remettrait-il bientôt en route ? Elle ne voulait pas rester coincée ici !
Comme si son souhait venait d’être entendu, un léger mouvement la déséquilibra. Le paysage défila avec lenteur devant elle. Soulagée, elle retourna s’asseoir. Dormir était exclu malgré son épuisement. Elle se massa les mains pour chasser le froid qui s’y était logé.

Pendant qu’elle s’installait, la jeune femme prit conscience de sa solitude. Tout de même, pourquoi n’avait-elle croisé personne ? Alors qu’elle s’interrogeait à ce sujet, elle posa son front contre la vitre.

La stupéfaction la saisit lors qu’elle remarqua que le soleil avait disparu. De petites loupiotes s’allumèrent dans le compartiment pour l’éclairer. S’était-elle assoupie encore une fois sans s’en rendre compte ? Avait-elle plongé dans un songe ? Angoissée, Lise scruta l’extérieur. Elle ne discernait que des ombres. Elle se recroquevilla sur son siège en déplorant son attitude. Oui, elle devait rêver. Elle devait penser à des choses positives.

Elle se remémora les conseils de sa psychologue. Ses paupières se fermèrent tandis qu’elle s’efforçait de visualiser un jardin fleuri. Des roses, des chrysanthèmes, des lilas, des tulipes, des hortensias… Toutes les fleurs lui plaisaient, même le bleuet ou le liseron. Lise prit de profondes inspirations et décroisa ses mains, qu’elle posa sur ses cuisses. Se détendre. Lorsqu’elle serait plus apaisée, elle rouvrirait les yeux. Tout redeviendrait comme avant.

Elle s’imagine assise dans l’herbe humide, en train de humer le parfum sucré de lys blancs ou d’effleurer les pétales délicats de violettes des bois. La sérénité s’empara de son âme troublée. Un faible sourire naquit sur les lèvres de Lise. Elle était prête.

Sitôt que cette pensée la traversa, elle sortit de sa méditation. Alors qu’elle s’attendait à sentir de nouveau la caresse du soleil sur son visage, le désappointement l’envahit quand elle avisa les lumières du compartiment allumées. Et le ciel, toujours aussi obscur… Pourquoi le contrôleur ne leur parlait-il pas ? Il devait bien savoir ce qu’il se passait, non ? Anxieuse, Lise se redressa. Eh bien, puisqu’elle n’avait aucun renseignement, elle irait les chercher elle-même ! Elle n’envisageait pas de rester inactive !

Elle se dirigea vers le couloir d’un pas décidé. Heureusement qu’il était possible de changer de wagon. Sinon, elle serait coincée ! Peut-être qu’elle croiserait également quelqu’un ? Là pour le coup, être seule ne lui plaisait plus tant que cela… pas dans une atmosphère aussi insolite et sinistre. La jeune femme poussa la porte qui communiquait avec le wagon suivant.
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Dernière édition par Aislune S. le 15 Oct 2017, 14:02, édité 1 fois.

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15 Oct 2017, 13:49Re: Les défis d'Aislune
Ah ! Ça, c'est pour le Défi du Créatorium :hihi:
Un texte fluide où tu as su intégrer les mots du défi avec brio :) Cette obscurité est-elle réellement naturelle ? Mais que va-t-elle pouvoir découvrir en sortant de son compartiment ? :P

Petite faute par contre : "Sa situation était sable, au moins..." (il manque quelqu'un, je crois :hihi:)
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15 Oct 2017, 14:02Re: Les défis d'Aislune
euh... c'était stable :hihi: ! J'ai corrigé. Oui, c'est pour le défi du Créatorium ^^. Merki !
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15 Oct 2017, 16:06Re: Les défis d'Aislune
Oui, le défi Créatorium :)
Les mots passent sans se faire entendre, on se demande ce qui pourrait bien lui arriver à Lise, dans ce train... Bah peut-être qu'elle n'est jamais monté dedans au fait ? :)
Allons, pour dire... '' le train...filait à une allure plutôt modérée.'' ça me paraît un peu contradictoire...mais je dis ça, je dis pas grand chose, hein :D

:pouce:
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16 Oct 2017, 23:05Re: Les défis d'Aislune
Ah oui, j'ai rectifié la phrase ^^. Merci !
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17 Oct 2017, 00:10Re: Les défis d'Aislune
Aislune Séidirey a écrit:
Ah oui, j'ai rectifié la phrase ^^. Merci !

Ah... 8)
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10 Nov 2017, 20:27Re: Les défis d'Aislune
Défi n°11 ! Le texte d'où est tiré l'extrait n'est toujours pas fini... ^^


Option taille 1000 mots
Objet « abeille »
Emotion « désespoir »
Couleur « miel »



Univers : fantastique
Nombre de mots : 1007 mots

Je préviens que je ne me suis pas relue. Je corrigerai les fautes et tout le tralala une fois le texte achevé !

« pas de titre encore » (extrait)
Une fois allongée, elle croisa les bras derrière sa nuque. Ses yeux se posèrent sur le plafond en plâtre rehaussé de poutres. Elle devait peut-être essayer de compter les moutons pour tenter de dormir, non ? L’idée lui sembla tellement ridicule qu’elle en ricana.

Alors que Claire se couchait sur le côté, elle entendit un coup sourd contre les volets. Elle ne s’en formalisa pas et ferma les yeux. D’autres chocs perturbèrent sa tranquillité. Qui s’amusait à jeter des cailloux à une heure pareille ? Excédée, elle ouvrit en grand et contempla l’extérieur avec attention. Elle ne repéra aucune silhouette cachée. Perplexe, elle resta un moment à contempler le ciel, dont la Lune avait une couleur proche du miel. Elle soupira, puis referma doucement les volets.


***



Après le petit déjeuner, Claire retourna dans le jardin. Elle scruta avec le plus grand soin le moindre parterre, le moindre mur, le moindre centimètre d’herbe. Rien. La fatigue creusait ses traits et hantait ses yeux bleus. Isaline lui avait posé une colle, là. Où avait-elle bien pu cacher l’indice suivant ?

Claire se dirigea vers un carré d’herbes en friche. C’était le seul coin qu’elle n’avait pas encore visité. Lorsqu’elle leva les yeux, elle fut surprise que le soleil soit déjà aussi haut. Quelle heure était-il ? En consultant sa montre, elle grommela. Voilà deux bonnes heures qu’elle pataugeait dans ses recherches ! Furibonde, elle écarta les herbes hautes en espérant ne pas être assaillie par des insectes, comme les abeilles. Elle en avait une sainte horreur depuis le jour où elle s’était fait piquer en jouant dans l’herbe, alors qu’elle avait huit ans…

Soudain, ses yeux repérèrent un élément anormal. En se mordant la lèvre inférieure, Claire se pencha vers l’enveloppe à moitié recouverte par un caillou de la taille d’une main d’homme. Les gestes nerveux, elle l’ouvrit, puis retint un cri de joie en sortant un autre feuillet de carnet. Avec avidité, elle parcourut le poème d’Isaline.


Ah, peu importe le moment
Où les vers seront réunis,
Retrouve-moi au sein du nid,
Pour décrypter le firmament.



Claire bondit sur ses pieds et courut jusqu’à l’auberge. C’était le dernier morceau, elle en était certaine ! De plus, elle savait de quel endroit parlait Isaline ! Haletante, elle grimpa quatre à quatre les escaliers.


***



Claire prit une longue inspiration avant d’entrouvrir la porte de la cabane de leur enfance. Malgré les ans, elle était toujours là, au sein de la forêt qui bordait le village où elles avaient naguère habité. Elle avait dû accomplir trois heures de route pour y parvenir, mais elle était déterminée. Elle voulait connaître le fin mot de cette histoire.

Elle braqua une lampe-torche au sein de l’unique pièce des lieux. Le canapé défoncé achevait de pourrir dans un coin, les étagères tombaient en poussière. Une odeur de renfermé la prenait à la gorge. Claire examina chaque recoin avec précaution tandis que la déception la prenait à la gorge. Elle s’attendait à ce qu’Isaline apparaisse d’un instant à l’autre, mais il n’en était rien. Que se passait-il ? Pourquoi cela devait-il finir ainsi ?

La jeune femme tomba à genoux de désespoir. Avait-elle entrepris toutes ses recherches pour rien ? Les fameux poèmes ne menaient-ils à rien au final ? Pourquoi son amie avait-elle décidé de les écrire pour ensuite la laisser dans la panade ?

Une larme coula sur la joue de Claire ; tout à coup, elle discerna un carnet usagé posé sur le canapé. Comment se faisait-il qu’elle ne l’avait pas remarqué avant ? La gorge sèche, elle s’en empara tout en reniflant. Lorsqu’elle l’ouvrit, elle reconnut l’écriture de son amie. Tandis qu’elle lisait ce qui semblait être des notes, elle pâlit. Isaline avait découvert par hasard une sorte de portail. Elle se promenait en forêt lorsqu’elle l’avait vu apparaître. Des êtres humanoïdes à la peau argentée et aux cheveux d’ambre en avaient aussitôt émergé. Leurs yeux d’un bleu profond ressemblaient à ceux des félins.

Claire secoua la tête. Tout ceci n’avait aucun sens ! Elle avait l’impression de lire le compte-rendu d’hallucinations dont sont amie aurait pu être victime ! Mal à l’aise, elle poursuivit néanmoins sa lecture.

Cinq minutes plus tard, le carnet lui tomba des mains. Dans les dernières lignes, Isaline expliquait qu’elle avait décidé de rejoindre ces êtres. Les Evans, tel était le nom qu’ils se donnaient. Toutefois, elle désirait que Claire soit au courant ; alors elle avait disséminé les morceaux de son poème à des endroits stratégiques. Pour ouvrir le portail, il suffisait de le lire à voix haute. Cependant, elle n’avait droit qu’à deux essais : non seulement elle ne devait pas balbutier ni écorcher de syllabes, mais en plus il fallait remettre les quatrains dans l’ordre.

Claire maugréa de stupéfaction.

— Quoi ? Ce n’est déjà pas assez compliqué comme ça ?

Perdue, elle se demanda si elle ne devait pas laisser tomber. Une pareille histoire était trop abracadabrante ! Peut-être que si elle signalait la disparition d’Isaline à la police, sans rien relater de ses propres pérégrinations, tout rentrerait dans l’ordre.

La jeune femme secoua la tête. Non, elle savait qu’elle en était incapable. Elle s’en voudrait toute sa vie de ne pas avoir été jusqu’au bout.

Elle s’assit sur le canapé et sortit tous les fragments constituant le poème. Il lui faudrait procéder avec logique. Malgré son côté bohème, Isaline était doté d’un esprit légèrement matheux.

— Si seulement j’avais le même avantage qu’elle…

Claire soupira, puis se mit à la tâche. L’odeur de moisissure la prenait à la gorge, et elle se demanda s’il ne valait pas mieux qu’elle s’assoie par terre. Elle finit par s’y résoudre, tout en frottant son pantalon d’un air écœuré.

Tandis qu’elle changeait de place les quatrains au gré de ses réflexions, elle repensait aux fameux Evans. S’agissait-il d’extraterrestres ou de créatures aussi légendaires que les elfes, les fées, ou les lutins ? Isaline ne le précisait pas dans son carnet. Quoique, vu leur description, ils pouvaient s’apparenter à des anges, sauf pour les yeux.
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On ne choisit pas son destin, on ne le voit pas. On le façonne.


Dernière édition par Aislune S. le 11 Nov 2017, 11:57, édité 1 fois.

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11 Nov 2017, 04:51Re: Les défis d'Aislune
Ah ! Elle est pas bien claire, cette affaire ... :D
Bon, ça se lit bien, même si comme tu l'as dit, il y a des ''imprécisions'' à revoir (genre répétitions par exemple) sinon j'ai même pas vu les mots en gras du chaudron(...) et puis, moi je ne sais pas si elle fait bien de tenter l'ouverture du portail, mais bon, après tout, sans esprit aventureux... pas d'aventure ;)
Allez, remettons les mots dans l'ordre, et les choses vont suivre leurs cours, naturels...
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Dernière édition par FFMONRISE le 12 Nov 2017, 00:33, édité 1 fois.

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11 Nov 2017, 11:58Re: Les défis d'Aislune
Oh quel boulet je suis :hihi: ! Voilà, j'ai remis les mots en gras. Désolée :hihi:.

Oui, comme tu dis, sans portail, pas d'aventure... ^^
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16 Nov 2018, 20:46Re: Les défis d'Aislune
Et un an après, un nouveau défi !

VOTRE DÉFI
Option taille 1000 mots
Objet « chrysalide »
Emotion « tristesse »
Couleur « fushia »


Univers : comique
Nombre de mots : 970

« Quand Google Maps perd ses repères » (extrait)
Lorsque je me suis réveillée ce matin, j’ai grogné contre mon horloge interne. Bien que je sois depuis deux ans et demi au chômage, elle fonctionne toujours aussi bien. 6 h 30, eh oui ! Je foudroie du regard mon pauvre téléphone portable qui n’a rien demandé, puis je me lève en frissonnant malgré mon pyjama étoilé super glamour et tout fluffy. J’enfile ma magnifique robe de chambre à l’effigie d’un âne, dont j’ajuste la tête-capuche sur la mienne en bâillant, puis je descends pour me préparer une boisson à la chicorée. En plus de ma mauvaise nuit, mon ami le stress vient me passer un petit coucou avec panache. Le pied – gauche – pour moi !

Ce matin, je dois me rendre à une réunion collective très importante, sans quoi mes maigres ressources me seront supprimées fissa fissa : mon RSA, avec lequel je pars aux Bahamas ou grâce auquel je m’achète une luxueuse BMW, à ce qu’il paraît – entre nous, je n’ai pas le permis, je ne vois pas à quoi ça me servirait, hein. Après cette réunion, un entretien individuel se déroulera avec un membre du conseil départemental. Au-delà du fait que j’ai intérêt à ne pas manquer à mes obligations, j’ai toujours eu horreur de ne pas honorer mes devoirs. En tant que personne extrême de créativité, assistée cynique et chronique de la Vie au grand dam de sa Némésis la Mort, faignante dans le domaine du sommeil – Morphée ne comprend pas pourquoi je fricote tant avec l’insomnie –, illettrée pour le charabia de la bêtise, il y a de quoi écrire un super curriculum vitæ – ou mortem, selon le point de vue auquel on se place.

Je consulte l’horloge de la cuisine. 6 h 45. Je suis large, je dois être au point d’accueil solidarité à neuf heures. La réunion et l’entretien dureront jusqu’à midi. Je me prépare assez rapidement. J’ai même le temps, après avoir flâné sur Internet, de vérifier sur Google Maps l’adresse renseignée sur ma feuille de convocation ! Bien que je sois convaincue que c’est au centre-ville, je veux en être sûre.

L’instinct ne trompe jamais, je l’ai appris de la plus anxieuse des façons.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque le repère sur Google Maps, d’un rouge fraise alors que je le préférerais fuchsia, apparaît dans l’est de la ville. Je fronce les sourcils, j’utilise même la vision satellite. Bon, je ne vois pas très bien les inscriptions sur le bâtiment que j’aperçois, mais il s’agit bien d’une tour. Après avoir regardé les numéros des lignes que je dois emprunter, je ferme mon navigateur et me dépêche de m’habiller. Une heure plus tard, je revêts mon manteau, scrute le contenu de mon sac, puis sors de chez moi afin de prendre le bus. L’angoisse ne me quitte pas, je m’efforce de l’ignorer. Je ne comprends pas pourquoi, cette réunion n’est pas la mer à boire ! Mon rendez-vous à Pôle Emploi la semaine dernière était bien plus décisif, sérieusement…

Je suis irrécupérable. J’ai des penchants pour l’anxiété, je l’avoue. Une satanée drogue dont mon corps rechignait à se priver – une histoire d’adrénaline et de dépendance à ce qu’il paraît. Cependant, je sens confusément que ce n’est pas comme d’habitude. Je n’allais pas tarder à en découvrir la raison.

En parvenant devant l’arrêt de bus, je peste dans la barbe dont mon menton est pourtant dépourvu. Il est passé deux minutes trop tôt ! D’après les horaires des deux lignes que je dois prendre, j’arriverai pile-poil à l’heure au lieu d’être en avance. Je maugrée, sors mon livre pour me détendre et m’efforce de ronger mon frein. J’ai entamé une saga fantasy. Horreur et damnation ! Une sous-littérature, pire que le roman populaire, pouaaaaaah ! Elle est soi-disant bourrée de plagieurs qui sont incapables de la moindre créativité. Par contre, les mythes et légendes des diverses cultures de notre monde ne subissent pas tant d’opprobre ! Ils sont fous ces humains qui croient savoir ce qu’est the littérature.

Oh, je m’égare. La faute à mon angoisse. Je lève les yeux.

Le ciel est d’une tristesse aujourd’hui ! Je grelotte de froid sous ce gris blanc humide, malgré mes bottes, mes collants et ma jupe d’un tissu épais, mes deux pulls, mon manteau et ma casquette d’hiver. Je vous jure, si je suis bien vêtue, ce n’est pas pour briller. Je préférerais m’enterrer plutôt que de m’exposer !

Les joues rougies à cause de l’extérieur, le cœur battant, je monte dans le bus qui arrive enfin. Le trajet global s’effectue tranquillement tandis que j’écoute de la musique grâce à mon MP3 aussi rond qu’un galet. Pourtant, durant le dernier quart d’heure, je consulte l’heure sur mon téléphone portable pendant que le stress forme une chrysalide au sein de mon ventre, tellement ses toiles s’agrippent et se propagent dans le reste de mon corps. J’ai même lancé Google Maps, dont le repère est toujours situé à l’est.

Finalement, l’arrêt de bus qui m’intéresse apparaît. Je me lève et, pressée, je descends. D’un œil aiguisé par la nervosité, je cherche la pancarte qui m’indique le point d’accueil solidarité béni. Il est très exactement 8 h 57. Je peste, je tourne en rond, rien à faire. Comme je ne trouve pas, je commence à demander à des passants. Personne n’est en mesure de me répondre. Je finis par rejoindre un groupe de femmes vers l’entrée du bâtiment d’un bailleur social et leur pose ma question, le cœur grignoté par une sourde appréhension que j’essaie d’assommer à grands coups de la ferme ! mentaux. L’une des femmes me fixe avec étonnement.

— Mais madame, c’est au centre-ville.

C’est à ce moment-là que mon existence bascule de trois cent soixante degrés. Neuf heures tapantes s’affichent sur mon téléphone, que je tiens d’une main crispée et agitée de spasmes.


La suite arrivera bientôt. Je publierai le tout sur le Conteur en un seul morceau ^^.
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16 Nov 2018, 21:18Re: Les défis d'Aislune
J'ai vu le message sur FB ! Je lis ça au plus vite ^^
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16 Nov 2018, 21:25Re: Les défis d'Aislune
Merci :youpi: !
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17 Nov 2018, 19:44Re: Les défis d'Aislune
La suite et fin, lisible sur Le Conteur ^^
VOTRE DÉFI
Option taille 1000 mots
Objet « boule-à-neige »
Emotion « anxiété »
Couleur « rouge »


Univers : comique
Nombre de mots : 1021

Quand Google Maps perd ses repères
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