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La taverne aux défis
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Les défis d'Aislune
Dame Conteuse "Sombresaile"
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Inscription: 12 Nov 2015, 17:35
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Localisation: Territoire de Belfort
05 Déc 2015, 19:04Les défis d'Aislune
Bon, eh bien voilà mon premier défi... où je suis allée je ne sais où. Non, ce n'est pas une habitude chez moi, du tout.
(En fait, si ^^'.)


DEFI N°1
Option Standard

Objet « jasmin »
~¤~
Emotion « regret »
~¤~
Couleur « miel »


Univers: /
Nombre de mots: 683

« TITRE » (extrait)
C'est avec une hésitation empreinte de délicatesse qu'une main déposa au centre du lac une plume de couleur neige au calamus noir. Celle-ci sembla frémir au contact des eaux sombres qu'aucune lumière astrale ne venait caresser, puis s'éloigna petit à petit.

Jamais Jasmine n'aurait cru qu'il lui serait aussi difficile de se départir de ce bien, alors qu'elle écrivait et dessinait avec depuis ses douze lunes. Aujourd'hui, elle en avait à peine quinze... et ce nombre symbolisait l'âge de raison. Sa sœur aînée exécrait plus que tout l'Art, qu'elle qualifiait de futile sous toutes ses formes, sauf s'il pouvait se vendre et ouvrir la voie à la richesse.

La détresse au creux du ventre, Jasmine avait courbé l'échine devant celle qui était devenue sa tutrice au décès de leurs parents. Après tout, Laura savait ce qui était bon pour elle. En pratiquant l'Art, jamais elle ne pourrait se retrouver dans une situation aisée et fuir la misère ! Même si son cœur lui hurlait qu'au moins, elle pouvait l'apaiser ainsi que les tourments de son âme, elle avait cédé.

Dire adieu à cette plume qu'elle avait trouvée sur le bord de sa fenêtre un matin, éprouvée par le frimas de la saison de Cristal, ne lui arracha même pas une larme. Dès maintenant, elle devait prouver à Laura qu'elle était aussi forte qu'elle, qu'elle n'était pas une moins que rien qui ignorait comment faire usage de ses dix doigts. Quand elle aurait trente et une lunes comme elle, alors elle exercerait un métier qui lui permettrait de subvenir à ses besoins. Elle deviendrait encore une véritable citoyenne, active dans la vie.

La rêverie, la création... non. Jasmine n'était plus une enfant. Ses prunelles ne quittèrent pas des yeux la plume qui dérivait de plus en plus loin d'elle. Si seulement elle possédait assez de courage pour aller la chercher, pour se plonger corps et âme dans une œuvre dont elle s'enorgueillirait. Hélas ; pouvait-elle se dresser contre sa sœur, mais aussi contre les autres ?

Être un artiste à la Cité de Systèmiel signifiait que l'on était doté d'un esprit dérangé et corrompu par la paresse et la facilité. Après tout, il ne produisait que des fruits stériles qui manquaient d'intérêt. Cela ne prenait pas longtemps, et il ne s'agissait pas d'une prouesse que de donner naissance à des créations qui ne sont que « jolies, divertissantes et décoratives ».

Jasmine se releva et laissa ses iris d'un brun aussi mortifère que ces regrets macérant au sein de son âme se lever vers la voûte céleste dépourvue d'étoiles. Les deux Lunes, Celos et Ishti, brillaient par leur absence : l'une venait d'entamer sa phase « noire », et l'autre jouait à cache-cache avec la robe lourde et gazeuse des nuages. L'orage ne tarderait pas à s'abattre sur Systèmiel. Laura allait s'inquiéter si elle restait trop longtemps dehors.

Jasmine quitta la berge d'un pas mécanique. Elle était devenue une adulte, désormais. Peut-être devrait-elle changer de prénom comme sa sœur. Le jasmin incitait à la poésie... Jadis, Laura était Rosalia. Quelle étrange idée de la part de leurs parents de les avoir appelées comme certaines Muses ! Diablesses, Sorcières, c'était à cause d'elles que les humains se transformaient en artistes. La Cité avait conservé la particule « miel » dans son nom, car malheureusement, malgré ses consonances harmonieuses, cet aliment était leur monnaie d'échange. Fort rare depuis l'extinction des abeilles, il s'était imposé face à l'or ou à toute autre forme de richesse. Il était interdit d'en manger une seule bouchée, toutefois ; quiconque s'y essayait était frappé par une mort foudroyante. Les scientifiques ajoutaient de l'essence de digitale dans tous les échantillons qu'ils trouvaient. Bien entendu, chaque citoyen était prévenu. De plus, la peau de la plus part des habitants arborait une teinte aussi dorée que cette monnaie d'échange. Ce qui était, bien sûr, le cas de Jasmine et Laura.

Sans un regard en arrière, Jasmine disparut dans l'immense bâtisse grise qui l'avait vue naître. Quant à la plume, elle erra tant et si bien qu'elle se confondit avec les Ténèbres de la nuit.
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On ne choisit pas son destin, on ne le voit pas. On le façonne.


Dernière édition par Aislune S. le 16 Déc 2015, 01:13, édité 1 fois.

Dame Conteuse "Sombresaile"
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Inscription: 12 Nov 2015, 17:35
Messages: 2820
Localisation: Territoire de Belfort
09 Déc 2015, 13:44Re: Les Défis d'Aislune
DEFI N°2
Option taille 1000 mots

Objet « feu d'artifice »
~¤~
Émotion « anxiété »
~¤~
Couleur « rose »


Univers: /
Nombre de mots: 1006

« titre à déterminer » (extrait)
C'est une magnifique journée qui s'annonce. La matinée a été riche en cavalcades pour moi : entre le ménage à exécuter proprement – nous sommes mercredi –, les quelques petites courses à faire, et la chose la plus importante qui soit pour être dans les clous dont je dois m'occuper, pfiouuuuuh ! Je suis quelqu'un de très ponctuel, vous voyez. Je parle d'un quasi-rendez-vous, vous m'suivez ? Non ? Vous allez comprendre.

Sûre de moi, je marche d'un bon pas empreint de confiance jusqu'au bâtiment récemment rénové dont le panneau immaculé, avec le sigle bien connu des chercheurs d'emploi, luit sous un jour pourtant bien pluvieux. La météo annonçait un soleil timide, je pense que ce sera pour cette après-midi. Je pousse la porte et, sage comme une image – oups –, j'attends dans la file, le dossier en main pour gagner du temps. J'ai de la chance, il n'y a personne. Il est vrai que c'est le matin, et nous sommes en pleine heure creuse. C'est une belle journée ! Bon, je n'aurai pas le loisir d'admirer un peu les lieux, avec cette grande clarté spatiale, cette convivialité assurée, ce parquet qui sent la rose – pardon, le neuf –, de sortir mon livre du sac pour m'occuper quand d'autres s'accrochent à leur téléphone portable ou leur tablette, et... Oh, c'est mon tour.

Avec un sourire, je dépasse le trait délimitant l'espace vital de... hum hum, la zone de confidentialité, avec ma précieuse enveloppe qui contient ma demande d'allocations et tous les justificatifs nécessaires. D'ici un mois, je vais arriver en fin de droits – ceux de l'Homme ? Pardon, c'était tentant –, donc je m'y suis pris à l'avance. Vous connaissez les administrations... Depuis l'ère romaine, il n'y a point eu de grandes révolutions. Je m'égare. Au moins, je ne suis pas trop anxieuse. Il y a du progrès.

L'homme m'adresse un salut poli et professionnel; du moins je le prends comme tel. Je lui réponds avec tout autant de courtoisie :

— Bonjour, voici tous les documents qu'il vous faut.
— C'est pour une demande d'allocations ?
— Oui, c'est exact. Est-ce que tout y est ?

J'ai bien conscience de savoir à quel point ma question est stupide, mais vous voyez, cela entretient notre échange verbal ma foi fort riche. Je le laisse ouvrir ma jolie enveloppe rose – euh... brune –pour qu'il vérifie, ce qui a été fait plutôt de manière... expéditive. En même temps, il est tout seul à l'accueil; il y a d'autres papiers à ranger, un ordinateur en détresse à sauver parce que depuis l'ouverture de l'agence – 8h45 ou 9h, ma mémoire défaille –, ce dernier refuse de coopérer... et comble de malchance, il y a du monde derrière moi ! L'heure creuse s'achève.

Toute cette diatribe insignifiante pour vous dire que je ne m'inquiète pas, je connais la chanson – la la la la li lo l... aïe. D'ici une semaine, ils me demanderont des papiers supplémentaires, que je leur fournirai sans sourciller ou presque, parce que « c'est comme ça ». Comme ça quoi ? Bah... Allez savoir. Après tout, j'ai encore un mois devant moi, et c'est systématique. Ils m'ont déjà fait le coup. Sacrés petits plaisantins.

— Je crois que tout y est.

Il croit ? Bon, c'est mieux que rien. Je souris. La vie est belle, je la vois en rose en ce moment... Rien ne peut gâcher mon humeur joviale.

— Merci. Je vous souhaite une bonne journée.

Si mes mots peuvent illuminer un peu la sienne, c'est gagné. Je sors de l'agence en me sentant soulagée d'un poids – pas celui de mon corps, qui est au demeurant normal. De toute façon, je ne m'en soucie que peu, sans doute parce que je n'ai jamais eu de problème avec. Pour en revenir au sujet qui nous intéresse tous : voilà qui est fait ! En un mois, pour une simple demande de rechargement de droit, ce sera réglé comme du papier à musique – la la li... Très bien, je me tais. Oui, tout de même... J'ai foi en eux. Vous voyez les petits feux d'artifice qui s'épanouissent au sein de mes prunelles et qui débordent sur mes iris ? Je crois fort en l'humanité, oui, oui.

Ah, je vous dois quelques précisions : je suis en poste, mais cela ne me permet pas de subvenir correctement à mes besoins. J'ai un modeste trois-quarts temps en tant qu'institutrice remplaçante dans l'enseignement privé. Le concours, je le tente tous les ans, mais il ne m'aime pas. Ah la la... Non, je ne chante pas, promis !

Jusqu'à présent, j'ai eu le droit à un complément pour arrondir les fins de mois grâce à mes suppléances précédentes – mais ça, c'était avant. Comme je dépends du Rectorat, ce n'est même pas Pôle Emploi qui me verse mes allocations, mais je suis obligée de passer par eux pour obtenir un rejet de mon dossier en bonne et due forme... et le papier qui l'atteste. C'est beau, n'est-ce pas ? Cela me rappelle une scène très drôle tirée d'un excellent dessin animé que j'ai revu récemment et que je regardais quand j'étais petite.

Vous m'enviez, je le sais. Je le sens au tréfonds de mon âme.

Je n'éprouve aucune anxiété – ou presque. Même si cela met deux ou trois mois, ce n'est pas grave : j'aurai un salaire jusqu'à l'échéance de mon contrat, qui est prévue pour fin août. Je survivrai, c'est l'essentiel. Nous sommes en avril... Non, pas le premier, faut pas déconner non plus, hein.

Oui, j'ai une très bonne marge de manœuvre. Je sais que même si la procédure est lourde et parfois longue – en fait, souvent –, ce sera fait dans les temps. Comme pour n'importe quel rythme musical, vous me direz... J'ai confiance en Pôle Emploi. Je pense qu'ils ne peuvent pas faire pire que la dernière fois où j'ai fait une demande d'allocations.

Enfin, c'est ce que je croyais, pauvre ingénue et crédule que j'étais...
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Dernière édition par Aislune S. le 11 Déc 2015, 20:26, édité 2 fois.

Dame Conteuse "Ondenymphe"
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Inscription: 13 Oct 2014, 13:04
Messages: 1226
Localisation: Haven
10 Déc 2015, 12:21Re: Les Défis d'Aislune
Deux défis très différents, ma foi, et chacun attirant dans son genre.
Le premier plein d'une tristesse poétique, le second plein d'une réalité ironique et pétillante malgré le sujet qui pourrait prêter à la déprime. Félicitations à toi ! :pouce:
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Dame Conteuse "Cerfboisée"
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Messages: 1627
Localisation: Normandie
10 Déc 2015, 12:28Re: Les Défis d'Aislune
Coucou, Aislune !

J'ai beaucoup aimé ces deux défis. Le premier est vraiment très triste et mélancolique et ouvre la voie à tout un univers. Le second en revanche est très léger, très pétillant en dépit du sujet, comme l'a fait remarquer spacym.
Tu as vraiment une très jolie plume. Félicitations !
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Dame Conteuse "Sombresaile"
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Inscription: 12 Nov 2015, 17:35
Messages: 2820
Localisation: Territoire de Belfort
10 Déc 2015, 21:19Re: Les Défis d'Aislune
Spacym : Merci beaucoup :P ! Le premier défi a été un peu plus compliqué que le deuxième ^^, qui n'est que le premier d'une longue série... que je pense écrire sous forme de défis avec le chaudron :hihi:

(Parce que j'ai besoin de me défouler.)

Pixie : Pour le premier, je ne sais pas ce que je vais en faire honnêtement. Du coup, je le range dans un de mes tiroirs ^^.
Pour le deuxième, la suite sera écrite pour le troisième défi, je pense ;).
Merci en tout cas :oops: !
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On ne choisit pas son destin, on ne le voit pas. On le façonne.


Dame Conteuse "Sombresaile"
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Inscription: 12 Nov 2015, 17:35
Messages: 2820
Localisation: Territoire de Belfort
11 Déc 2015, 20:29Re: Les Défis d'Aislune
Je n'ai pas tardé, voici mon troisième défi ! Oui, je suis inspirée ^^.

DÉFI N°3
Option taille 1000 mots

Objet « quartz »
~¤~
Émotion « amnésie »
~¤~
Couleur « rouge »


Univers: /
Nombre de mots: 1323

« scène 2 : une question d'aller-retour » (extrait)
La consternation s'épanouit sur mon visage tandis que je lis la lettre qui m'est adressée, non sans lâcher de temps à autre un juron ; juste en dessous, mon dossier de demande d'allocations et les justificatifs qui vont avec. Mon cher Paul Emploi, que je surnomme ainsi avec beaucoup d'affection, m'explique qu'il me manque tel papier. Je marmonne une énième invective, un pli soucieux apparaît sur mon front. Cet échange épistolaire dure entre nous depuis deux mois ! La météo ? Je m'en cogne à cet instant.

Je n'ai plus de timbres rouges – je n'aime pas les verts –, plus d'enveloppe, alors je leur redonnerai le dossier en mains propres ! Ce sera plus rapide aussi. Cela fait trois fois que Paul Emploi me le renvoie sans remords; imaginez un peu ! Non, je me dois de vous relater ces échanges, qui valent leur pesant de quartz blanc.

Le premier aller-retour, c'était parce que les attestations de l'employeur étaient des photocopies. J'ai donc téléphoné à la direction des services départementaux de l’Éducation Nationale – communément appelée DSDEN – pour quémander les documents originaux cette fois. J'ai dû attendre une semaine avant que je ne les aie, vraiment ! Ah, la bureaucratie, faut la pratiquer ! Moi, à force, je n'arrive pas à m'y faire. Trois administrations différentes pour réunir tous les papiers, toutes les conditions pour toucher un maigre chômage... Hum, revenons à nos moutons.

Pour le deuxième retour de courrier, l'agence me demandait une attestation qui n'existait pas, concernant une suppléance que j'aurais commencée le dix-neuf avril. Non, non, c'est une erreur. Bien, c'est corrigé. Après, je ne suis pas vraiment sûre que c'était pour cette raison seulement, mais l'amnésie est aussi un peu passée par là. Ou alors, c'est une surcharge cognitive qui a grillé quelques neurones de mon cerveau. Tout est possible, avec la fonction publique.

Pour ce troisième – et dernier, j'espère – renvoi, ils ont besoin mes bulletins de salaire. Crénom de nom, pourquoi ne pas me les avoir demandés dès le début ? Ce n'est pas compliqué quand même ! Que de temps perdu... Enfin. J'inspire, j'expire, je ferme les yeux et je les lève au ciel.

Chargée à bloc comme un cristal de roche resté au soleil pendant toute une journée, je prends le bus qui me mène à l'agence. Avec un sourire un peu crispé, je pénètre à l'intérieur de celle-ci. Deux personnes avant moi, c'est parfait. J'ai même l'occasion de lire un peu, dites ! On ne va pas se plaindre, hein ? Il y a pire comme situation.

Quand c'est mon tour, je remets mon dossier et je demande si tout est bon. Je suis abonnée à poser des questions imbéciles, surtout lorsque je viens ici. On me répond par l'affirmative. Topo identique que celui de la dernière fois, y a comme un air de déjà-vu. Bien, je quitte les lieux tandis que la migraine s'empare de mon crâne, ainsi que la fatigue. Je crois que j'ai besoin d'une sieste. L'insomnie s'est invitée dans mon lit la nuit précédente. Je n'accorde aucune attention au temps qu'il fait. Ah, je l'ai écrit plus haut, il me semble... Pfff. Je vieillis, je commence à perdre la boule.

Je soupire, nous sommes mi-juin. Avec un peu de chance, ils traiteront ma demande avant les sacro-saintes grandes vacances. Ils peuvent bien faire cet effort après ces deux mois stressants à tout niveau, y compris à mon travail ! Mes élèves sont assez fatigués et ils le manifestent de bien des façons !

L'histoire aurait pu s'arrêter là, la santé de mes nerfs aurait été préservée. Hélas ! Je n'étais pas encore sortie de Charybde.

Quelle ne fut pas ma consternation lorsqu'une semaine plus tard, je reçus un courrier simple m'informant que je n'avais pas le droit au complément chômage. Je n'avais fait que cinquante-neuf malheureuses heures... sans compter celles de ma dernière suppléance, toujours en cours. Par contre, ils ont conservé mon dossier.

Je file dare-dare jusqu'à l'agence pour le récupérer. Cette fois, les deux femmes présentes à l'accueil me demandent de patienter, le temps qu'un conseiller spécialisé dans les cas comme le mien soit libre. Je me dirige dans l'espèce de recoin faisant office de « salle d'attente ». En réalité, ce serait plus une « alcôve d'attente ». Enfin, au moins, quatre chaises y ont été posées. Une place vacante pour moi, ouf !

Après une longue demi-heure à me ronger les sangs – l'envie de me replonger dans mon roman n'était pas au rendez-vous, diantre ! –, je suis reçue par une femme à l'humeur revêche. Avec une patience infinie, je lui demande si je peux récupérer mon dossier. Elle part le chercher, se remet à le consulter sous mes yeux perplexes.

— Pourquoi les fiches de salaire ne correspondent pas aux périodes travaillées ?

Pourquoi diable me pose-t-elle cette question ? Mon dossier a-t-il été examiné, oui ou non ? Avec un petit sourire poli, je lui explique :

— En tant que suppléante, je suis payée avec un léger retard, sous forme d'acomptes, en plusieurs fois.
Elle grommelle. Eh, je n'y peux rien si ma situation ne rentre pas dans les clous ! Je la relance avec courtoisie :
— Puis-je le récupérer ?
— Non, ce n'est pas la peine. Il vous suffira de rapporter l'attestation de l'employeur manquante pour le rouvrir. Vous remplirez aussi une nouvelle demande d'allocations.
— Ah, on ne peut pas la... euh, rectifier l'ancienne pour y rajouter la dernière attestation ?
— Non, mais ne vous inquiétez pas ! Tout sera regroupé.

Ah. Oui, vous voyez, comme l'autre a été clôturée et classée « sans suite »... Ils empileront le tout après. C'est logique, j'en conviens. Il me reste à prier pour qu'ils ne soient pas amnésiques et oublient le précédent dossier. Ou qu'ils me le perdent, ha ha. Eh bien, d'accord ! Il suffisait de le dire plus tôt... Je pars de l'agence, pas très tranquille. Tout cela sent le roussi...

J'attends début juillet avant d'appeler la DSDEN. Patiente, je sors de l'école où je travaille. Le temps est au beau fixe – oui, là, je m'en souviens. Pendant que je marche, je parviens à joindre un responsable. Je lui demande s'il m'est possible de me fournir l'attestation de l'employeur concernant ledit remplacement. Je m'entends répondre à mon plus grand dam :

— Je suis désolée, mais nous ne le pouvons pas. Votre contrat se termine fin août... par conséquent, nous vous enverrons votre attestation qu'à ce moment-là.
— Dois-je vous recontacter pour cela ?
— Je vais vous donner mon adresse email. Faites-moi un mail début août pour me rappeler de vous la poster à votre domicile.

Je farfouille dans mon sac, saisis un bout de feuille, la plaque du mieux que je le peux contre le mur d'un immeuble, prends un stylo « fantaisie » et, tant bien que mal, note ce qu'elle me dit. L'encre violette a du mal à coopérer, mais je m'en sors.

Enfin, je raccroche et je poursuis ma marche jusqu'à l'arrêt de bus, l'esprit en déroute. Eh bien, puisqu'en septembre, je ne suis pas sûre d'avoir un poste et que je toucherai mon dernier salaire en août, alors la DSDEN a intérêt à m'expédier l'attestation à temps, que je puisse la fournir à Pôle – pardon, Paul – Emploi.

La fin de mes déboires sonnera au terme de septembre – oui, oui, le fameux délai d'un mois que j'attribue à Paul Emploi –, si tout roule. J'y crois dur comme fer. Après, j'enverrai mon dossier épais comme mon bras au Rectorat. Si, si, mon expression est correcte. Je n'en démordrai pas. Il ne faut pas me contrarier. Je pense que j'ai besoin de me détendre. Heureusement, la compagnie d'une amie chez qui je vais pendant une semaine et la Japan Expo m'accueilleront d'ici quelques jours...

Je n'avais pas conscience que Scylla m'attendait au tournant... des grandes vacances.
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11 Déc 2015, 22:05Re: Les Défis d'Aislune
Ah, ah, Ah

Aislune tu fais de te défouler avec le chaudron, cela fait un bien fou et des choses surprenantes peuvent en sortir, comme ces trois défis ma foi assez fameux.

Ne remets pas trop le couvert, sinon tu n'auras plus d'énergie (j'ai fait çà et c'est moche à voir après, bon en même temps, le temps me manque un peu maintenant)
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12 Déc 2015, 21:26Re: Les Défis d'Aislune
Diogene : crois-moi, j'ai encore de la marge, parce que le défoulage est loin d'être terminé. Les deux derniers petits textes forment le début d'une histoire complètement rocambolesque...
mais malheureusement vraie, c'est ça le pire :(.

Merci de t'être attardé par ici en tout cas :01:
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13 Déc 2015, 03:17Re: Les Défis d'Aislune
Courage Aislune, perds pas courage, ni le (pôle) nord !
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Dame Conteuse "Sombresaile"
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14 Déc 2015, 16:55Re: Les Défis d'Aislune
Oh, j'en suis sortie, mais c'est encore frais au sein de ma mémoire :P ! Merci quand même ^^.

(Blague à part : qu'il y a-t-il entre le Pôle Nord et le Pôle Sud ?)
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Noble Conteur "Sombresaile"
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14 Déc 2015, 19:34Re: Les Défis d'Aislune
Aislune Séidirey a écrit:
(Blague à part : qu'il y a-t-il entre le Pôle Nord et le Pôle Sud ?)


Je ne sais pas, le pôle aux chons ? le pôle en ploie ? Le reste du Monde entier ?
...une sorte d'axe qui doit un peu grincer, vu la manière avec laquelle le globe tourne...
http://www.alleedesconteurs.fr/images/equipe/rue_sombresaile.jpg


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Messages: 3136
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14 Déc 2015, 20:09Re: Les Défis d'Aislune
L'équateur... ?
http://www.alleedesconteurs.fr/images/equipe/conteur.jpg http://www.alleedesconteurs.fr/images/equipe/rue_ondenymphe.jpg


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14 Déc 2015, 20:12Re: Les Défis d'Aislune
:hihi: :hihi: Le Pôle Emploi. C'est FFMONRISE qui avait raison.

Cette blague, c'est une de mes élèves qui me l'a sortie l'année dernière. J'ai trouvé ça très... ironique ;).

(Je devrais peut-être retourner à mon prochain défi... qui sera vraisemblablement la suite, vu les mots que j'ai eus :hihi: !)
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Dame Conteuse "Sombresaile"
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Localisation: Territoire de Belfort
16 Déc 2015, 00:08Re: Les Défis d'Aislune
DEFI N°4
Option taille 1000 mots

Objet « icône »
~¤~
Émotion « hystérie »
~¤~
Couleur « blanc »


Univers: /
Nombre de mots: 1050

« Demande de demande rejetée » (extrait)
C’est sous une météo bien capricieuse que je marche d’un pas fatigué jusqu’à l’agence. Le panneau d’accueil à l’extérieur, affublé de son rond bleu avec ce « e » moqueur qui y est immergé aux trois quarts, blanc en grande majorité et rouge du reste, semble me narguer. Je me retiens de grimacer et je pénètre dans le bâtiment, en relisant une énième fois mon attestation de l’employeur un peu gondolée, mais encore acceptable. Qu’a-t-il bien pu se passer pour qu’elle se retrouvât dans un état pareil ?

Nous sommes début septembre, mais j’avais déjà rendu une première visite fin août à Paul Emploi pour remplir ma précieeeeeuse, ma précieeeeeuse... hum. Donc, ma précieuse demande de chômage avec les justificatifs qui l’accompagnent, ainsi que remettre un autre dossier qui me sera inutile. Oui, je parle bien de l'Allocation de Solidarité Spécifique, raccourcie en "ASS". Vous comprenez, cela fait à peine deux ans et demi que je suis vraiment entrée dans la vie active, alors les 365 jours de travail multipliés par 5 exigés sur le double de ce quota, je ne les comblais pas... Hé, hé, mais il était nécessaire que je remplisse ce document pour effectuer une future demande de RSA. Le jour où je me résoudrai à ce recours, j’aurai besoin du papier de rejet de l’ASS, à ce qu’ils disent. À mes « Pourquoi ? » interloqués, je me suis vue répondre « Parce que c’est la procédure. » Ils ont ajouté juste derrière « On vous réclamera sûrement d’autres justificatifs après examen de votre dossier d’ASS. C’est normal, nous savons pourquoi nous le faisons ». Ah. Bref.

Revenons à nos moutons – noirs ou blancs ? Bêêêê ! Lors de ma visite en août, le conseiller qui m’a appelée au bout d’une demi-heure respectable m’a assuré avec un air fort navré qu’il ne pouvait pas accéder à ma demande... car l’attestation de l’employeur que j’avais si durement réussi à avoir était... incomplète. Je suis ressortie sous une pluie battante, me suis abritée sous le toit d’un immeuble, ai cherché à joindre par téléphone la DSDEN pour savoir quoi faire – en mouillant un peu l’attestation au passage. Je n’ai eu d’autres choix que de la leur renvoyer pour qu’ils la remplissent comme il faut. Il leur a fallu une semaine pour cette malheureuse démarche.

Après avoir poireauté debout dans la file devant l'accueil, incapable de me concentrer sur mon roman tellement j’étais soucieuse, puis dans leur alcôve d’attente sans même une place où m’asseoir, j’ai été reçue par une conseillère avec gentillesse. Après lui avoir expliqué ma situation – encore... –, puis rempli le dossier d’allocations, je lui remets tous les justificatifs adéquats. Avec un soin méticuleux, elle vérifie si tout est OK.

— Eh bien, mademoiselle, c’est parfait. D’ici une semaine, votre dossier vous sera renvoyé chez vous, avec le papier de rejet, et vous pourrez tout transmettre au Rectorat.
— Je vous remercie beaucoup d’avoir pris de votre temps.

Je me lève, lui serre une poignée de main, puis je repars un peu plus tranquille. Plus qu’une semaine, et je serai enfin libérée de Paul Emploi pour affronter le Rectorat en toute sérénité. De plus, je n’ai actuellement aucune suppléance, alors je ne peux me permettre de souffrir encore de retards divers...

C’était sans compter sur Scylla, qui trouva le moyen de commencer à m’attirer vers ses abysses insondables. Quatre jours plus tard, je reçois un courrier de Paul Emploi ; à l’intérieur, mon dossier d’allocations... sans les justificatifs. Une lettre accompagne le tour et me redemande lesdits papiers. Mes voisins doivent me croire atteinte d’hystérie, parce que je mets à m’exclamer tout en courant comme une furie jusqu’à chez moi :

— Mais j’ai rempli leur pu...

[Pour éviter de heurter les personnes sensibles, je me suis autocensurée par écrit. Merci de votre compréhension.]

— … purée de dossier et donné leurs salades de justificatifs dans le bureau dans cette bonne femme ! Ils se foutent de ma Boîte à Camembert ?!?

Illico presto, je m’embarque dans le premier bus venu, déboule comme une folle dans l’agence. Les deux jeunes femmes à l’accueil, je les reconnais, ce sont les mêmes qu’il y a quatre jours. D’une voix tremblante d’émotions diverses, je leur explique mon problème. Elles font ce qu’elles peuvent, les pauvres. L’une d’entre elles revient et me dit :

— Tout va bien, il ne faut pas tenir compte de notre courrier.
— … Pourrai-je savoir pourquoi je l’ai reçu, alors ?
— Cela a dû se croiser.

Certes, certes. Je lève un sourcil, mais je ne souffle mot et hoche la tête comme une parfaite idiote.

Je dois l’être, après tout ; je n’ai pas inventé le fil à couper le beurre ni l’eau chaude, mais... comment un dossier avec ses justificatifs, que j’ai donnés le même jour à un conseiller en regroupant tout ensemble, ont-ils pu se croiser ? Je sens que cette question, je vais longtemps me la poser... Un peu échevelée, je quitte les lieux en espérant que cette fois, il n’y aura plus de contretemps. Mon cerveau réfléchit encore aux propos de l’une des conseillères. Il manque de frôler le court-circuit. Avec tout le sérieux du monde, je me demande si je ne vais pas exiger d’être rémunérée chaque fois que je rends visite à mon cher Paul Emploi. Mes allées et venues sont dignes d’un sketch. Oh ouais, cette idée me plaît ! Un spectacle de music-hall au sein de l’agence, ça peut le faire. Je suis sûre qu’ils y prendraient plaisir. Je finirai par devenir célèbre et... Oh, c’est bien beau de rêver, non ?

Une semaine plus tard, la boule au ventre, je sors de mon appartement pour chercher mon courrier comme tous les jours. Je me suis levée tôt pour cause d’insomnie et j’ai fait le ménage. Comme ça, je suis tranquille pour la journée. Après avoir tourné ma clé dans la serrure de la boîte aux lettres, mon cœur bondit en voyant l’enveloppe blanche familière, avec son icône en haut à gauche – ou à droite, ma mémoire défaille – qui l’est tout autant. En le sentant aussi léger, mon désespoir chante sa mélopée en moi : il y a encore un problème. La gorge nouée, je sors la lettre de sa prison de papier...


(Non, non, ce n'est pas encore fini...)
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Noble Conteur "Sombresaile"
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16 Déc 2015, 01:21Re: Les défis d'Aislune
Bonsoir, et encore bon courage, cette histoire va bientôt se terminer, je le sens, là :-)
Et puis, s'il fallait avoir inventé le fil à couper l'eau chaude pour en sortir indemne, ça se saurait !
Merci petit chaudron ;)
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Dame Conteuse "Sombresaile"
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20 Déc 2015, 11:50Re: Les défis d'Aislune
Ah ah, il m'en reste encore un peu à raconter :D ! Le chaudron est en accord avec moi en plus : les mots qu'il me propose conviennent particulièrement à mon épopée :P !
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20 Déc 2015, 12:13Re: Les défis d'Aislune
Aislune Séidirey a écrit:
Ah ah, il m'en reste encore un peu à raconter :D ! Le chaudron est en accord avec moi en plus : les mots qu'il me propose conviennent particulièrement à mon épopée :P !


Rhô ! C'est pas bien de soudoyer les ustensiles de cuisine, dis... c'est plus un défi après, c'est... c'est... c'est pas bien, nah ! ;)
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Noble Conteur "Cerfboisé"
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22 Déc 2015, 23:43Re: Les défis d'Aislune
Ro, je comprends beaucoup mieux le sens du mot défouloir dans ta bouche. Quelque part, cela me rappelle Zoé Shepard.
Enfin, c'est chouette que tu arrives à passer outre ton aventure pour en faire une histoire à partager.
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Dame Conteuse "Sombresaile"
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Localisation: Territoire de Belfort
23 Déc 2015, 17:16Re: Les défis d'Aislune
FFMONRISE : je sais, mais c'est tellement bon :P !

Diogène : J'en ris maintenant, mais je ne brillais pas à ce moment-là :?.

Voici la suite de l'histoire, mais ce n'est pas l'épisode final. Juste l'avant-dernier, je pense... ;).


DEFI N°5
Option taille 1000 mots

Objet « dragée »
~¤~
Émotion « jalousie »
~¤~
Couleur « gris »


Univers: /
Nombre de mots: 1021

« le mystère de la suppléance qui n'existe pas » (extrait)
Avec une lenteur qui n'est certainement pas due à la vieillesse, je lis cette lettre avec une attention particulière. Arrivée à la fin, je suis plantée en plein milieu des escaliers qui conduisent à mon chez-moi. J'en ai perdu mon français, mon latin, mon grec, mon patois, mon baratin. Pourquoi... ? Comment... ?

Après avoir attendu une semaine dans l'espoir qu'enfin, cette histoire stressante se termine, je me retrouve obligée de retourner à l'agence pour leur demander cet énorme quiproquo au plus vite. Voyez-vous, selon eux, il y a une « incohérence entre les fiches de salaire et les déclarations des attestations de l'employeur », et cela nécessite qu'ils contactent la DSDEN directement pour régler ce problème insoluble.

Nous voilà fin septembre, je n'ai plus aucune ressource, et plutôt que de m'appeler pour me faire part de ce fait en gardant mon dossier le temps que je vienne en personne, ils me le renvoient ! C'est d'une logique indiscutable. Je ne peux contester une telle force, c'est au-delà de mes capacités, hélas...

Après avoir passé la barrière de l'accueil, celui de l'alcôve d'attente, et franchi enfin un bureau d'une conseillère qui tire une mine grise, je lui explique avec un calme olympien mon souci – inspire, expire, inspire... J'ai froid, je suis claquée après une énième nuit blanche où j'ai été occupée à ressasser mes idées roses. Elle me répond avec toute l'amabilité du monde :

— Je ne comprends pas pourquoi vous désirez que j'appelle la DSDEN.

— Eh bien, il y a une incohérence entre les attestations et les fiches de salaire. Un des conseillers m'a dit qu'il fallait le faire.

— À quoi cela sert-il si nous ne savons pas vraiment quel est le problème ?

— Le courrier que Pôle Emploi m'a envoyé l'explique pourtant...

Je la vois se lever en grommelant et en soupirant ; j'entends vaguement un « Je vais chercher vos dossiers ». Mince, je crois que je viens de saisir que ces soucis d'administration, je les provoquais... Tout est de ma faute, oh ! J'en suis marrie... Son retour me sort de mes pérégrinations mentales. La revoilà, avec trois piles de papiers sous le bras. Je reconnais celle qui contient ma demande d'allocations datant du mois d'avril et qui a été clôturée, celle qui est toujours en cours de traitement et qui sera compilée avec l'autre, et la Demande d'Allocation de Solidarité Spécifique. Gagnée par la perplexité, je lève un sourcil. Bon, très bien, je ne sais pas pourquoi elle a ramenée celui-ci... À croire que tout est lié, alors...

Je la vois ouvrir le premier dossier et commencer à le consulter. Je lui dis avec gentillesse et un peu d'hésitation :

— Pour celui-ci, tout est réglé. J'ai le courrier qui...

— Oui, mademoiselle,mais je regarde quand même pour comprendre.

Son ton est toujours aussi agréable. Je pense que je lui ai causé du tort, même si j'ignore encore de quoi il retourne exactement. Je n'ai pas acquis la capacité d'être télépathe ou devineresse, bien que ce soit dans mes projets – pour mieux comprendre le monde qui m'entoure, voyez. Je me tais et la laisse examiner les deux autres dossiers. Après cinq minutes de battements d'aile d'anges qui passent leur temps comme ils peuvent, elle me dit en fronçant les sourcils :

— Pourquoi aviez-vous touché un salaire au moins de mai alors que vous n'avez pas travaillé ?

Je tique ; que me raconte-t-elle, là ? Me serais-je trompée dans mes déclarations ? Soudain, je me rappelle une information qu'ils sont censés mieux connaître que moi :

— Vous savez, je suis institutrice suppléante. Je ne suis pas payée de manière régulière. Souvent, c'est par acomptes, et en retard. Comparez les fiches de salaire et les déclarations de l'employeur.

Bien sûr, cela m'avait pris un moment avant de déchiffrer mes bulletins de paie et le charabia de mes fins de contrat, mais même en ne sortant pas de Saint-Cyr, j'y suis parvenue ! Donc cette Conseillère en a les capacités aussi... Enfin, je pense...

— Oui, mais cela ne correspond pas avec vos heures de travail faites en avril.

Comment cela ? Je me penche vers la feuille verte et blanche qui concerne ces dernières et je regarde la somme. De plus en plus étonnée, je lui dis :

— Mais si. Au mois d'avril, j'ai travaillé pendant deux semaines et demi à deux écoles différentes.

À son air, je crus qu'elle avait avalé une dragée – surprise ? – de travers.

— Ah mais ce n'est pas ce qui est écrit dans nos fichiers informatiques.

Je bats des paupières. Je ne suis pas sûre d'avoir saisi.

— … Pardon ?

La conseillère consulte son écran d'ordinateur et me rétorque :

— Vous avez aussi un contrat de travail qui a débuté le 19 avril 2014. Il manque l'attestation de l'employeur.

— Excusez-moi, mais je pense qu'il y a une erreur. Je n'ai pas travaillé à cette période-là. Par contre, j'ai eu une suppléance en juin, et vous possédez bien l'attestation correspondante.

— Oui, mademoiselle, mais moi, je vous parle de celle du 19 avril.

— Je vous répète que je n'ai eu ni suppléance ni attestation à cette date. Vous pouvez vérifier dans mes dossiers, consulter les papiers de la DSDEN si vous ne me croyez pas.

Où va le monde ? Quel intérêt aurais-je de mentir en prétextant ne pas avoir travaillé à tel jour précis ? L'air énervé de la conseillère ne me dit rien qui vaille. Je vous avoue que moi aussi, j'ai du mal à garder mon calme. Paul Emploi ne me comprend pas et en plus m'accuse de fabuler. Je suis très triste... La jalousie la fait-elle agir ainsi envers moi ? Envierait-elle ma situation ? Je l'ignore... J'espère que cette histoire ne va pas dégénérer... Vu comme je suis à bout de nerfs, c'est encore moi qui risquerais de commettre une faute impardonnable à leurs yeux...

Au bout de cinq autres longues minutes enfin « terminables », je la vois relever la tête vers moi ; mon sort est entre ses mains désormais...
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On ne choisit pas son destin, on ne le voit pas. On le façonne.


Dernière édition par Aislune S. le 23 Déc 2015, 22:04, édité 1 fois.

Noble Conteur "Sombresaile"
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23 Déc 2015, 20:57Re: Les défis d'Aislune
On fait dans le cliffhanger ? C'est pire que 'Le retour de la Mamie, épisode 2.0...'
Non, j'ai compris... c'est ta lettre au Père Nobel !
Bah bonne chance :)
P.S. "Son retour me sort de mes pérégrinations".. bah là je ne saisis pas :(
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