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Interview d'auteur - Neil Jomunsi
Article rédigé par Ghaan & publié le 24.05.2015 dans Monde de l'édition
Interview - page 1
Neil Jomunsi, bloggeur, écrivain publié chez Walrus et auteur auto-édité adepte des expérimentations nous livre sa vision du métier d’écrivain, de l’édition et nous parle de ses projets.

Salut Neil, je suis tout d’abord curieuse de savoir comment tu te définis : Ecrivain, auteur indé, conteur, créateur 2.0 ?
Salut !
Je ne me définis pas vraiment, ça dépend des jours. L’année dernière, pendant le Projet Bradbury, j’avais besoin de me définir avant toute chose en tant qu’écrivain. Aujourd’hui, c’est un peu plus flou. Je navigue dans le livre, je touche un peu à tout, j’expérimente, de la librairie à l’écriture en passant par l’édition, du coup, les qualificatifs passent. Se qualifier, mettre un nom sur ce qu’on fait, c’est se donner une certaine énergie je crois, une motivation. Les écrivains ont besoin de se qualifier en tant qu’écrivains, c’est important, sémantiquement parlant ; il ne faut pas laisser ce mot à la pédanterie des salons littéraires. Mais si j’écris en permanence, comme une tâche de fond, je fais aussi d’autres choses. Du coup, pas évident de s’arrêter sur un seul qualificatif. En anglais, il y a l’expression « book nerd » qui me convient bien.



Oui, book nerd c'est vraiment original et moins limitant ! Je me demandais aussi d'où vient ton nom de plume? (si c'est pas indiscret ^^)
C'est l'anagramme de Julien Simon, mon vrai nom. Un simple mélange de lettres. Au moment de choisir un nom d'écrivain, j'ai réalisé combien il existait déjà de Julien Simon sur Google. Il y en a des tonnes. Au moins, avec Neil Jomunsi, je suis sûr qu'il n'y en a qu'un.

J'aurais pu deviner mais je ne suis pas douée avec les anagrammes ! Autre sujet, la créativité : à quoi ressemble ta muse? Quelle est ta source d'inspiration?
Pour moi, l'inspiration est ce qu'il y a de plus facile : il y a tellement de choses à raconter, tellement de points de vue à explorer. Je ne suis jamais à court d'idées, seulement de temps et d'énergie. Je me considère comme chanceux à ce niveau. Ma "muse", si on peut appeler ça comme ça, c'est vraiment le monde entier. Il suffit d'observer 5mn autour de soi pour avoir le début d'une histoire. C'est peut-être ça, le plus dur : observer.

Tu as une méthode que tu suis pour créer tes histoires, un process?
En règle générale, mon process est le suivant : avant de me jeter sur le papier, je réfléchis pendant assez longtemps sur le thème qui m’intéresse ou l’idée de base que j’ai eue et je note dans un carnet tout ce qui me vient en tête : personnages, situations, thématiques, etc. Quand je sens que tout est suffisamment bien formé dans mon esprit, que je ne reviendrai pas en arrière sur certains points et que j’ai de solides bases, je passe à la rédaction. J’essaie que cette phase dure le moins longtemps possible, parce qu’au-delà d’un certain laps de temps, c’est très difficile de garder de l’intérêt pour sa propre histoire. Dans l’idéal, un roman, il faut que j’en aie écrit le premier jet en moins de quelques semaines. Si c’est une nouvelle, l’idéal est de l’écrire en une journée, deux, maximum. Le pire ennemi, c’est la lassitude. C’est pourquoi je reporte au maximum le moment où je commence, mais quand je commence, il ne faut pas m’arrêter. Je ne suis pas fan des plans. J’aime avoir quelques éléments pivots, si possible la fin ou une idée de la fin, mais pas plus, encore une fois pour combattre l’ennui inhérent à la rédaction : il faut se laisser la latitude nécessaire pour se laisser surprendre par les personnages.

Comment abordes-tu la publication de tes histoires?
Ça dépend de qui édite. J’ai vraiment une approche sensiblement différente quand je suis édité par un éditeur et quand je publie moi-même mes textes. J’ai tendance à faire beaucoup confiance quand je suis édité (je me repose beaucoup sur la structure tierce) et du coup, je ne m’inquiète pas vraiment. En revanche, quand je me charge de la publication moi-même, c’est une autre histoire et je suis beaucoup moins tranquille : beaucoup de relectures, d’allers et retours avec des lecteurs, je suis très perméable aux conseils, presque poreux, si bien que je ne suis sûr de plus grand-chose au final, quand ça sort. Mais une fois que c’est sorti, c’est sorti. Je passe au dossier suivant.

Là encore, as-tu un process, des conseils à donner dans ce domaine?
Le recours à un œil « neuf » est évidemment à conseiller. Si on peut avoir quelqu’un qui s’occupe pour soi de toutes les démarches, c’est un plus, mais je suis assez contre l’image de l’auteur déconnecté du monde et de ses réalités qui ne vivrait que par et pour sa plume. Il faut aussi savoir mettre les mains dans le cambouis quand c’est nécessaire, notamment parce que c’est une liberté, une corde de plus à son arc d’écrivain, mais aussi d’être humain. Le numérique permet une relation très directe avec son lectorat, et il ne faut pas que cela devienne une voie de pis-aller. Certains projets nécessitent de s’auto-éditer (le Projet Bradbury était de ceux-là, évidemment, parce qu’il fallait beaucoup de réactivité). Mais d’autres peuvent véritablement gagner à passer par les mains d’un éditeur. Il faut alors s’armer de patience. Le mieux, quand on a terminé un texte et qu’on l’envoie aux éditeurs, c’est de tout de suite en commencer un autre, puis un autre, puis un autre. Ne jamais s’arrêter. Ne pas faire de la publication la finalité de l’acte d’écrire.
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Kahlan
dimanche 21 juin 2015 à 15h18

C'est une très belle interview, Ghaan ! Neil est un auteur que je suis depuis quelques mois sans jamais l'avoir lu, un comble ! J'ai l'intégrale de Jésus contre Hitler dans ma PAL, donc ça viendra, mais pour le moment, ce qui m'intéresse chez lui, c'est sa manière d'être auteur, de se diversifier, de tenter plein de choses, son dynamisme. Et ton interview me conforte encore dans cette impression !
Chimere
samedi 6 juin 2015 à 10h48

Effectivement, le rythme me semble hallucinant. Mais a la réflexion, à 1000 mots par jour, on arrive a quelque chose d’honnête en deux mois. Vœux pieu pour les escargots dans mon genre.

La vision sur les droits d'auteurs et l'évolution du métier est intéressante et je partage une grande partie de cette vision.
Jamreo
vendredi 5 juin 2015 à 23h14

Edifiant tout ça : j'aime bien, et je partage assez (du haut de mon expérience quasi-nulle en matière d'édition et de promotion de livres, précisons mais c'est du moins comme ça que je l'imagine) le point de vue de l'auteur sur le travail d'écrivain et son rôle dans la promotion. Merci de nous avoir fait découvrir un peu son univers et ses projets :)
Clyfia Shana
vendredi 5 juin 2015 à 22h42

Merci pour cette interview enrichissante Blacky. Je pense que chaque auteur a un point de vue un peu différent. Un roman en quelques semaines, hum ce n'est pas mon truc. Et franchement sans originalité, je ne lis pas. Chacun doit suivre sa voie et parfois accepter de ne pas plaire.
Ghaan
vendredi 5 juin 2015 à 19h25

désolé, j'arrive après la bataille en commentaire ^^
un grand merci Blackwood pour la mise en ligne et le maquettage un peu compliqué ^^

@sizel : les nouvelles ont été aussi publiées sous amazon kobo etc en temps réel! avec une couverture et tout. A l'époque il était aussi possible de s'abonner et de soutenir le projet. Les nouvelles sont aujourd'hui republiées en recueil. Ce projet a été mené en partenariat avec actualitte
http://actualitte.com/blog/projetbradbury/

moi aussi, cela m'impressionne. je suis tellement peu disciplinée dans ma productivité. L'idée est de se donner des réflexes d'écriture. C'est comme un marathon d'un an! Je sais pas si j'en serais capable...
Diogene
jeudi 4 juin 2015 à 20h35

Je suis comme Sizel un peu dubitatif, même si je pense la chose possible, un roman en quelques semaines...chapeau.

En tout cas je serai ravi de voir les bibliothèques évolués vers de beaux livres, mais je ne suis pas tout à fait d'accord sur le fait qu'un livre doit être principalement de qualité, car sans originalité, il ne sera qu'un clone parmi tant d'autre.

Enfin, merci pour cette entrevue Ghann
Nascana
jeudi 4 juin 2015 à 15h10

Réussir à écrire 52 nouvelles, c'est un vrai projet. En tout cas, je suis ravie de faire la découverte d'un nouvel auteur.

Nascana
Sizel
jeudi 4 juin 2015 à 14h19

Autant pour la nouvelle, ça me paraît jouable, autant pour un roman entier, quelques semaines me paraissent peu. Neil a un rythme d'écriture impressionnant !

Quand il parle d'autoédition pour ses nouvelles de Bradbury, de quelle forme parle-t-il ? Une publication sous forme de blog ? Il considère ça déjà comme de l'autoédition ? J'avoue que ça me surprendrait ! Pour moi, c'est légèrement différent (peut-être à tord !)

Il a une vision très claire de la publication et c'est agréable d'avoir un discours sans faux-semblants ! Sans permet de prendre de la distance et certainement d'aborder les choses plus sereinement le moment venu !

Je ne me suis pas trop intéressé au droit d'auteur mais c'est vrai que c'est un point important sur lequel il faudrait que je sois plus vigilante :/

J'aime beaucoup sa version futur du livre, celle du livre de collection :)

En tout cas, je lui souhaite bonne chance dans ses projets et de trouver son partenaire !

Bravo Ghaan pour l'interview !
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